BIENVENUE !

Pour plus de convivialité, je vous invite instamment à publier vos commentaires, qu'il s'agisse de reproches ou de félicitations. C'est à travers la discussion que l'on avance et que l'on construit sa pensée. Je compte sur vous.
N'oubliez pas que vous pouvez également diffuser ce blog à vos contacts. Je vous remercie de votre visite.
"Il vaut mieux mobiliser son intelligence sur des conneries que mobiliser sa connerie sur des choses intelligentes."
Dixit les Shadoks...

dimanche 5 juillet 2009

Carta de Cristian Cancino desde penal Santiago 1 / Une lettre de Cristian Cancino du Pénitencier 1 de Santiago

Keridos kompas

Esta carta es principalmente para agradecer todo el apoyo que me han dado, en esta situación tan difícil para mí. Desde aki, de esta celda, hago un llamado a ke continúen denunciando el atropello de la prensa burguesa, de la policía y todo el aparato del estado, con sus montajes y persecuciones en kontra de nosotrxs, por el hecho de Okupar espacios, solidarizar con los presos y luchar por nuestra idea de libertad.

En kuanto a mí, en el penal santiago 1, he sido recibido de buena manera por los demás internos, sigo en la espera de que se esclarezcan los hechos, y se termine esta mentira, aki he conocido todo el mal que hacen las karceles de los rikos, a nosotrxs, los pobres, los maltratos, golpes e insultos de parte de los cerdos gendarme.

Hay presos con problemas mentales, ke estando en este lugar terminan deteriorando mas su mente. Acá hay muchas personas recluidas por ser pobres, y han sido acusados de delitos que no han cometido, en algunos casos les han aumentando los cargos injustamente con mentiras, pero esto krea mucho más odio a este sistema karcelario que sin duda hay ke abolirlo.

Me despido de todos y todas, esperando ke este kamino de lucha kontinue, ke el miedo, los montajes y mentiras no nos paralicen, por el kontrario seguir adelante con mas fuerza, frente a todo lo ke pueda venir.

Un fuerte abrazo para kienes apoyan y solidarizan en cada actividad y manifestación Por mi libertad y la de todos los presxs.
POR LA ABOLICIÓN DE TODAS LAS KARCELES!!

ABAJO LOS MONTAJES !!

PRESXS A LA KALLE !!

DESDE EL CENTRO DE EXTERMINIO SANTIAGO 1 MODULO 35

Cristian Cancino Carrasco Sgto. 27 de junio 2009


Traduction en français,
traducción en francés

Chers compagnons,
Cette lettre consiste principalement à remercier tout le soutien que vous m'avez donné, dans cette situation si difficile pour moi. D'ici, de cette cellule, je vous appelle à continuer la dénonciation de les outrages de la presse bourgeoise, de la police et tout l'appareil de l'état, avec leurs montages et persécutions contre nous, parce que nous occupons des espaces, nous nous solidarisons avec les prisonniers et luttons pour notre idée de liberté.
Quant à moi, dans le Pénitencier 1 de Santiago, j'ai été reçu d'une bonne manière par les autres personnes internées, je continue d'attendre que les faits s'éclaircissent et que mensonge se termine. Ici, je connais tout le malheur que font les prisons des riches, à nous, les pauvres, les maltraités, les coups et les insultes de la part de ces porcs de gendarmes.
Il y a des prisonniers avec des problèmes mentaux, qui, en étant dans ce lieu, achèvent de détériorer leur esprit. Là, beaucoup de personnes sont incarcérées parce qu'elles sont pauvres. Elles ont été accusées de délits qu'ils n'ont pas commis. Dans certains cas, on leur augmente les peines injustement avec des mensonges. Mais cela crée beaucoup plus de haine contre ce système carcéral que, sans aucun doute, nous avons à abolir.
Je vous quitte tous et toutes, en espérant que ce chemin de la lutte continue, que la peur, les montages et les mensonges ne nous paralysent pas. Au contraire, continuons à aller de l'avant avec plus de force, face à tout ce qui peut arriver.
Très affectueusement à ceux qui soutiennent et se solidarisent dans chaque activité et manifestation pour ma liberté et celle de tous les prisonniers.

ABOLISSONS DE TOUTES LES PRISONS !

À BAS LES MONTAGES !!

PRISONNIERS DANS LES RUES !!

DEPUIS LE CENTRE D'EXTERMINATION SANTIAGO 1 A MODULE 35

Cristian Cancino Carrasco Sgto. 27 juin 2009

samedi 27 juin 2009

Hommage à Michaël Jackson...

Metal Milk Shake




Hail to all Michaël Jackson's fans, hoping they won't be offended by my humour !

mardi 23 juin 2009

Liberté pour Cristian Cancino !

URGENTE!
NOTICIA DE ÚLTIMA HORA!
PROCESAN A COMPAÑERO ANARQUISTA EN CHILE!

Llamado de solidaridad internacional con el compa Cristian Cancino

Martes 23 de junio de 2009

Hacemos un llamado de solidaridad internacional para nuestro compañero Cristian Cancino, quien este miércoles 24 de junio será formalizado bajo la ley antiterrorista, siendo este el primer caso en Santiago de Chile. A nuestro compañero aparte de ser acusado de porte y tenencia ilegal de material para la fabricación de explosivos, también se le quiere adjudicar la colocación de un artefacto explosivo fuera de una farmacia el 27 de marzo pasado.

Llamamos a solidarizar con nuestro compañero manifestándose fuera de la embajada de Chile en cualquier parte del mundo, colapsando líneas telefónicas, fax, como así también apoyamos la acción directa por quien/es la tomen en sus manos.

Exigimos su libertad, dejando al descubierto el montaje policial y mediático que esta llevando acabo el estado chileno de la mano de la prensa del capital.

Cristian Cancino a la calle!!!

Los plazos que impuso el Gobierno se cumplen: Alguien tiene que caer.

ENLACE: http://www.hommodolars.org/web/spip.php?article1806

Traduction en français

URGENT!
NOUVELLES DE DERNIERE HEURE !
UN COMPAGNON ANARCHISTE CHILIEN INCULPE !

Appel à la solidarité internationale pour le compagnon Cristian Cancino

Mardi 23 juin 2009

Nous appelons à la solidarité internationale envers notre compagnon Cristian Cancino, qui, ce mercredi 24 juin, sera sous le coup de la loi antiterroriste, dont c'est la première manifestation à Santiago du Chili. Outre accusé de transport et de possession illégaux de matériel destiné à la fabrication d'explosifs, notre compagnon se voit également attribuer la pose d'un engin explosif à côté d'une pharmacie le 27 mars dernier.

Nous appelons chacun à se solidariser avec notre compagnon par des manifestations devant n'importe quelle ambassade du Chili dans le monde, en encombrant les lignes téléphoniques, les fax, de même qu'aussi, nous soutenons l'action directe de ceux qui la prennent en main.

Nous exigeons qu'il soit remis en liberté, en laissant à découvert le montage policier et médiatique mis à bien par l'État chilien par l'intermédiaire de la presse du capital.

Libérez Cristian Cancino !

Les échéances imposées par le gouvernement se réalisent: des têtes doivent tomber.

LIEN: http://www.hommodolars.org/web/spip.php?article1806

dimanche 21 juin 2009

Le soir te tient

Le soir tient sa promesse.
Quelle promesse ?
Le soir tient l'amour.
L'amour ? Dans ses bras ?
Le soir tient la vie.
Mais quelle vie ?
Le soir tient l'envie, le désir.
En viendrait-il à la débauche ?
Le soir tient son corps.
A qui ?
Le soir tient bon, tient fort.
Quelle est donc cette promesse ?
Le soir n'a aucun compte à te rendre, vil crétin.
De quel droit me parles-tu ainsi ?
Le soir tombe sans besoin de toi.
Que vais-je faire alors ?
Le soir t'enveloppe.
...
Le soir te tient.

samedi 20 juin 2009

Pointer au chôm'du jusqu'à 67 ans ?

Voici un scoop qui fait pschiiiiiit ! Le gouvernement veut nous faire bosser jusqu'à 67 ans. Sachant que, récemment, le parlement avait adopté une loi obligeant les entreprises à mettre leurs salariés à la retraite à partir de 70 ans.

Nous n'allons pas entrer dans des considérations philosophiques sur le travail. "Travailler c'est trop dur et voler c'est pas beau..." Non, non, non... Seulement, voilà une situation assez exemplaire dans le domaine de l'absurde. Certes, nos papys ou futurs papys sont, visiblement, touchés par le syndrome du chômage. Pourtant, la population la plus touchée par le "désemploi", ce sont les jeunes, diplômés ou non. La logique aurait voulu que le travail soit plus facilement accessible aux jeunes générations, qui galèrent pour vivre et trouver un boulot relativement bien payé.

Le principe n'est pas d'opposer les uns et les autres. Il s'agit bien plutôt, là, de mettre au clair une situation que les politiciens se complaisent à complexifier. Les salariés les plus âgés sont, malheureusement, la cible de plans de licenciements actuellement. La plupart d'entre eux finissent leur vie professionnelle dans des petits boulots mal payés, en intérim, etc. Après quarante années de cotisations et d'acharnement à la tâche, il est évident qu'ils n'aspirent qu'à une chose: le repos. Mais un repos dûment payé. Pas des petites pensions minables, qui procurent le strict minimum pour vivre. Faut-il poser la répartition des richesses ? Oui. Oui, oui, oui et oui. Si le trou de la Sécu maintient sa tendance à plus de profondeur, il convient de chercher le fric là où il se trouve. Au lieu de leur laisser leurs parachutes dorés et leurs salaires pharaonesques, nous devrions confisquer aux patrons leurs revenus pour nous les partager. La misère est le mal inhérent de la richesse; l'une n'existe pas sans l'autre. Pour que les peuples ne soient plus pauvres, les richesses ne doivent plus être le privilège d'une poignée d'exploiteurs.

Exproprier les patrons est une chose. Que les jeunes aient du travail, c'en est une autre. La seule perspective que nos chers énarques ou pas leur proposent, c'est, au pire, de pointer au Pôle emploi jusqu'à leur soixante-dix piges. Ou presque. S'ils y arrivent.

Les défenseurs du gouvernement pourraient nous opposer que les jeunes sortent de l'école tard. Mais c'est de moins en moins vrai puisque la plupart, maintenant, choisissent des voies professionnelles (généralement par alternance). Alors on prétexte des données démographiques absurdes (l'espérance de vie est plus longue) pour oser le plus impensable: professeurs, vous voyez-vous trimer comme des malades en classe jusqu'à soixante-sept ans ? Ouvriers, vous voyez-vous esclaves de la machine jusqu'à soixante-sept ans ? Boulangers, vous voyez-vous cuire derrière vos fourneaux jusqu'à soixante-sept ans ? Maçons, vous imaginez-vous soulever des brouettes jusqu'à soixante-sept ans ? Etc.

La vie, est-ce ça ? Est-ce une vie de la consacrer jusqu'à la dernière goutte de sang à un travail qui ne nous épanouit pas ou presque ? Est-ce une vie de se l'aliéner entièrement à des machines dans des conditions de travail déplorables ? Le gouvernement fait une nouvelle fois la preuve de son cynisme et de son mépris envers les opprimés. Refusons de nous laisser embrigader dans les rouages de l'économie ! Travaillons à préparer la révolution sociale !

samedi 13 juin 2009

Manifeste du surréalisme

Voici, à titre indicatif, le Manifeste du surréalisme écrit par André Breton. Voici les premiers paragraphe de ce manifeste...

Tant va la croyance à la vie, à ce que la vie a de plus précaire, la vie réelle s’entend, qu’à la fin cette croyance se perd. L’homme, ce rêveur définitif, de jour en jour plus mécontent de son sort, fait avec peine le tour des objets dont il a été amené à faire usage, et que lui a livrés sa nonchalance, ou son effort, son effort presque toujours, car il a consenti à travailler, tout au moins il n’a pas répugné à jouer sa chance (ce qu’il appelle sa chance !). Une grande modestie est à présent son partage : il sait quelles femmes il a eues, dans quelles aventures risibles il a trempé ; sa richesse ou sa pauvreté ne lui est de rien, il reste à cet égard l’enfant qui vient de naître et, quant à l’approbation de sa conscience morale, j’admets qu’il s’en passe aisément. S’il garde quelque lucidité, il ne peut que se retourner alors vers son enfance qui, pour massacrée qu’elle ait été par le soin des dresseurs, ne lui en semble pas moins pleine de charmes. Là, l’absence de toute rigueur connue lui laisse la perspective de plusieurs vies menées à la fois ; il s’enracine dans cette illusion ; il ne veut plus connaître que la facilité momentanée, extrême, de toutes choses. Chaque matin, des enfants partent sans inquiétude. Tout est près, les pires conditions matérielles sont excellentes. Les bois sont blancs ou noirs, on ne dormira jamais.

Mais il est vrai qu’on ne saurait aller si loin, il ne s’agit pas seulement de la distance. Les menaces s’accumulent,on cède, on abandonne une part du terrain à conquérir. Cette imagination qui n’admettait pas de bornes, on ne lui permet plus de s’exercer que selon les lois d’une utilité arbitraire ; elle est incapable d’assumer longtemps ce rôle inférieur et, aux environs de la vingtième année, préfère, en général, abandonner l’homme à son destin sans lumière.

Qu’il essaie plus tard, de-ci de-là, de se reprendre, ayant senti lui manquer peu à peu toutes raisons de vivre, incapable qu’il est devenu de se trouver à la hauteur d’une situation exceptionnelle telle que l’amour, il n’y parviendra guère. C’est qu’il appartient désormais corps et âme à une impérieuse nécessité pratique, qui ne souffre pas qu’on la perde de vue. Tous ses gestes manqueront d’ampleur, toutes ses idées, d’envergure. Il ne se représentera, de ce qui lui arrive et peut lui arriver, que ce qui relie cet événement à une foule d’événements semblables, événements auxquels il n’a pas pris part, événements manqués. Que dis-je, il en jugera par rapport à un de ces événements, plus rassurant dans ses conséquences que les autres. Il n’y verra, sous aucun prétexte, son salut.

Chère imagination, ce que j’aime surtout en toi, c’est que tu ne pardonnes pas.

Le seul mot de liberté est tout ce qui m’exalte encore. Je le crois propre à entretenir, indéfiniment, le vieux fanatisme humain. Il répond sans doute à ma seule aspiration légitime. Parmi tant de disgrâces dont nous héritons, il faut bien reconnaître que la plus grande liberté d’esprit nous est laissée. À nous de ne pas en mésuser gravement. Réduire l’imagination à l’esclavage, quand bien même il y irait de ce qu’on appelle grossièrement le bonheur, c’est se dérober à tout ce qu’on trouve, au fond de soi, de justice suprême. La seule imagination me rend compte de ce qui peut être, et c’est assez pour lever un peu le terrible interdit ; assez aussi pour que je m’abandonne à elle sans crainte de me tromper (comme si l’on pouvait se tromper davantage). Où commence-t-elle à devenir mauvaise et où s’arrête la sécurité de l’esprit ? Pour l’esprit, la possibilité d’errer n’est-elle pas plutôt la contingence du bien ?

Reste la folie, « la folie qu’on enferme » a-t-on si bien dit. Celle-là ou l’autre… Chacun sait, en effet, que les fous ne doivent leur internement qu’à un petit nombre d’actes légalement répréhensibles, et que, faute de ces actes, leur liberté (ce qu’on voit de leur liberté) ne saurait être en jeu. Qu’ils soient, dans une mesure quelconque, victimes de leur imagination, je suis prêt à l’accorder, en ce sens qu’elle les pousse à l’inobservance de certaines règles, hors desquelles le genre se sent visé, ce que tout homme est payé pour savoir. Mais le profond détachement dont ils témoignent à l’égard de la critique que nous portons sur eux, voire des corrections diverses qui leur sont infligées, permet de supposer qu’ils puisent un grand réconfort dans leur imagination, qu’ils goûtent assez leur délire pour supporter qu’il ne soit valable que pour eux. Et, de fait, les hallucinations, les illusions, etc., ne sont pas une source de jouissance négligeable. La sensualité la mieux ordonnée y trouve sa part et je sais que j’apprivoiserais bien des soirs cette jolie main qui, aux dernières pages de L’Intelligence, de Taine, se livre à de curieux méfaits. Les confidences des fous, je passerais ma vie à les provoquer. Ce sont gens d’une honnêteté scrupuleuse, et dont l’innocence n’a d’égale que la mienne. Il fallut que Colomb partît avec des fous pour découvrir l’Amérique. Et voyez comme cette folie a pris corps, et duré.

[...]

samedi 6 juin 2009

Réflexions sur l'art (débat)

Juste quelques mots en introduction...

Ce texte traîne depuis pas mal de temps dans mes fichiers et je pensais, étant donné mes réflexions actuelles sur l'art, qu'il était sans doute important d'initier un débat. Je vous invite donc, chers lecteurs, à alimenter la discussion sur la base de ces postulats - qui n'ont rien de définitifs. Cela d'autant plus que cet article suivra son cheminement et, au gré des actualisations et des arguments avancés dans les débats, sera déplacé souvent de date en date (je suis sûr d'une chose... il ne reculera pas !). Voir les actualisations sur le site suivant: http://sites.google.com/site/vouspermettezquejecrive/Accueil/reflexions-sur-lart

1) Dans l'art, il y a objet et il y a sujet. L'art est la vision subjective d'une matière objective. L'art est le lien entre le spirituel et le matériel.

2) L'objet, dans l'art, est la matière que façonne l'artiste. Il peut être différent d'un individu à un autre, selon ses centres d'intérêts. L'objet est forcément dissociable du sujet. L'objet n'est pas l'œuvre, mais l'inspiration de l'œuvre.

3) Le sujet, c'est l'esprit de l'auteur se matérialisant dans l'œuvre travaillée. Le sujet et l'objet font corps ensemble. Le sujet s'exprime, pense, expose sa vision de l'objet dans l'œuvre.

4) L'œuvre est la finalité du travail entre l'objet et le sujet. Elle est l'expression de la synthèse entre l'un et l'autre. Par synthèse, nous entendons « fusion » et non « résumé », une fusion qui n'est pas sans souffrance ; on n'accouche pas d'une œuvre sans souffrance. Il est inutile de la revendiquer, sauf à se torturer; il s'agit là d'en être simplement conscient et de travailler à la rendre humaine.

5) Le sujet a tous les droits sur son œuvre: de la détruire, d'y nuire... Mais il a aussi le droit de la compléter, de la faire vivre autrement que par les moyens proposés par la société de consommation. Il a tout autant le droit de l'imprégner d'un message qu'il accorde à sa convenance, politique, philosophique, éthique, spirituel... A l'inverse, l'objet subit l'œuvre, tout comme il est l'origine de la souffrance du sujet; le travail de l'œuvre est une sorte de rébellion masochiste du sujet contre l'objet. Ce dernier souffre, lui aussi, le travail consistant à le cerner sous un angle parfois invisible à l'œil nu, à le décortiquer... Le sujet s'y implique corps et âme (cf. « fusion »).

6) Le sujet travaille par affinité matérielle et spirituelle ou intellectuelle. Il travaillera la pierre, par exemple, parce qu'il est plus doué dans le domaine du travail dit « manuel » ou parce qu'il lui fait fuir un travail spirituel ou intellectuel oppressant. Inversement, le sujet s'oriente vers l'écriture parce qu'il préfère le travail spirituel et intellectuel ou parce qu'il lui fait fuir un travail matériel oppressant...

7) Un autre sujet intervient dans l'œuvre: le spectateur. Son rapport à l'œuvre produite par un sujet "producteur" n'est pas le même, bien qu'il puisse être identique, suivant les cadres juridiques de l'Etat auxquel il est soumis. Admettons que les "droits d'auteur" n'existent pas, même s'ils n'empêchent pas ce que je vais décrire : le sujet spectateur peut éprouver les mêmes sentiments, les mêmes sensations (voir en 3 et en 5) et devenir lui-même producteur. A tout moment, d'une façon ou d'une autre, un sujet est spectateur ou producteur. Parfois, il n'est que le premier, sachant que tout producteur est forcément spectateur. Le spectateur non producteur ressent l'œuvre selon ses propres affects, sa propre expérience de spectateur.

8) La production, soumise à des règles tacites ou établies par le sujet, représente un travail d'"intertextualité" et de contraintes, arbitraires ou voulues. La production, c'est l'acte de fabrication, de mise en forme de l'œuvre. Ce que certains appellent l'inspiration, c'est l'intertextualité. Dans leur langage, les juristes appelleraient cela le plagiat. Or, il n'est pas d'œuvre d'art sans plagiat à un degré ou un autre.

  • EXEMPLE: L'univers de certaines écrivains, peintres, cinéastes... évoquent des idées, des sensations... qui fournissent une base à une production artistique.

L'intertextualité est le révélateur d'une situation de communication, puisque les différents arts possèdent des codes qui leur appartiennent exclusivement ou presque. Ces codes permettent ou non l'interprétation des œuvres par un sujet spectateur. Malgré lui peut-être, le sujet producteur établit une relation avec ses pairs. Reste ensuite le degré de lisibilité de l'œuvre.

9) L'esthétique permet de transmettre la communication. En terme plus concret, l'esthétique est le médium, avec ses codes et ses valeurs (morales, éthiques, politiques, philosophiques, etc.), qui met en forme l'objet. Bien que les valeurs restent propres au sujet-auteur, les codes, qui donnent un certain relief à l'œuvre, sont soit le produit propre du sujet soit la résultante d'un travail intertextuel.

  • EXEMPLE: le travail des genres ou des écoles. Science-fiction, polar, fantastique, romantisme, surréalisme, naturalisme, OuLiPo, art abstrait, baroque...

L'esthétique, généralement, est travaillée au service d'un contenu particulier, d'où la création, à certains moments de l'histoire, de nouvelles écoles, qui, outre des intentions philosophiques, visaient à délivrer des messages politiques (ex: dada, surréalisme, blues, punk...). Sauf que l'esthétique ne remplace pas l'objet. Le travail du sujet-auteur consiste à mettre en adéquation son esthétique avec l'objet, l'œuvre. L'esthétique et l'objet ne doivent pas moins rester intimement liés. Leur connexion apparaît comme le révélateur des intentions du sujet-auteur. L'artiste, en soi, est donc forcément engagé. Tout reste dans le degré d'engagement, compte tenu que l'art a, pour objectif, l'épanouissement des sujets, qu'ils soient auteurs et/ou spectateurs.

Obama lève le voile

Qui cela étonnera ? Comptez-vous ? Certains pensaient que confier la présidence des Etats-Unis à un "noir" serait un acte progressiste. Pourtant, force est de constater que du point de vue idéologique, les choses n'ont pas forcément changé au pays de Mickey.

Voici quelques jours, le super-président américain déclarait, au Caire, que l'Occident devrait autoriser les femmes musulmanes à porter le voile.

Bien entendu, cela a été la levée de bouclier en France de la part des bons prêcheurs de la laïcité, mais aussi dans le camp des féministes, dont les arguments nous écorchent moins les oreilles que ceux des premiers cités.

Décidément, les Etats-Unis se maintiennent toujours dans le camp des dictateurs. Qui aurait eu l'audace de croire l'inverse, hein ? En défendant le port du voile, Barack Obama se fait l'ami des intégristes de tout poil. Pourquoi ne pas le rétablir, aussi, chez les femmes catholiques pendant qu'on y est ? Pourquoi pas, non plus, la ceinture de chasteté ? Et la majorité à 21 ans (comme au pays de Buffalo Bill) ?

Gardons notre sérieux. Promouvoir le hijab, le voile, le foulard, la burka, n'est en rien un signe de progressisme. C'est, justement, autoriser les hommes à asseoir leur domination sur les femmes. Le voile est, bien avant d'être un signe ostensible de religion, un signe ostentatoire de soumission à un dogme et à une société. A l'heure où les dirigeants politiques tentent par tous les moyens de faire taire les peuples, il semble de bon ton d'un côté comme de l'autre des océans de prononcer ce genre d'idioties, juste histoire d'aliéner plus les uns et les autres au pouvoir.

Ces déclarations sont bien le signe, par ailleurs, que la couleur de peau d'un président ne change rien à la nature du pouvoir. Cette complaisance d'Obama révèle bien sa stratégie géopolitique de s'allier les pays producteurs de pétrole, entre autres, mais aussi de permettre la viabilité de nombreux autres contrats commerciaux. N'oublions pas que l'Egypte et le canal du Suez sont un carrefour économique non négligeable pour le fret maritime.

Certes, nous n'avons pas notre mot à dire sur la façon de se vêtir des unes et des autres. Toutefois, en tant que libertaires, nous devons nous battre pour que les religions et leurs personnifications (curés, imams, rabbins...) ne prennent pas le pouvoir dans nos mœurs vestimentaires, puis que chacun(e) soit libre d'adopter la conduite qui lui sied. Ne nous glorifions pas des signes ostensibles de soumission, ne louons pas les messagers de la religion. Le liberté de religion, c'est la liberté de s'aliéner à un dogme et des coutumes liberticides.

Parions maintenant que les anti-Bush pro-Obama du continent européen ont le cul-béni entre deux chaises...

samedi 30 mai 2009

Dictature de la bourgeoisie ou dictature du prolétariat, c'est toujours de la dictature.

jeudi 28 mai 2009

J'ai fait le rêve...

J'ai fait le rêve que je n'avais plus de patron.

J'ai fait le rêve qu'il était viré, que nous étions libres de sa tutelle.

J'ai rêvé de sa mauvaise fortune, même si l'on ne peut guère tirer de la gloire à s'en vanter.

J'ai fait un rêve... et je me suis réveillé. J'ai continué à rêver.

J'ai fait le rêve que nous délogions nos patrons.

J'ai rêvé que l'imagination a pris le pas sur le pouvoir, qu'elle a travaillé dur pour permettre notre libération.

J'ai fait le rêve que nous nous débarrassions des tâches viles et stériles, que nous donnions à notre vie un nouveau souffle, une certaine idée de la noblesse. Cette noblesse dont on ne peut hériter, qu'on n'acquiert que par l'expérience, par la philosophie.

J'ai fait le rêve que nous ne ressentions plus le besoin de devenir des disciples ou les sujets de nouvelles majestés. Nos volontés jointes ou dissociées jouiraient de la liberté et de l'égalité que nous sommes appropriées.

J'ai aussi eu ce rêve qu'en dépit de nos pensées et de nos convictions, nous nous rendions solidaires les uns des autres, prêts à nous défendre, nous soutenir quoi qu'il arrive.

J'ai rêvé même qu'au lieu de vivre au jour le jour, nous agissions en nous projetant dans des temps que nous, en tant qu'individus, ne connaîtrions jamais. Nos enfants et petits-enfants nous en remercieraient probablement. Alors, n'est-il pas trop tard pour agir ?

J'ai fait ces rêves, il ne me reste plus qu'à marcher vers leur éclosion.

mercredi 27 mai 2009

VOTER, C'EST VIVOTER

Cette fois-ci, c'est « les européennes »... Comme à chaque élection, tous les arrivistes et les politiciens de tout l'échiquier (droite et gauche avec ses variantes « extrêmes ») nous pressent de nous rendre aux urnes, tels un troupeau de brebis bien dociles. Plein de roublardise, ils s'ingénient à nous convaincre du bien fondé de leurs propositions dans leurs shows télévisuels ou radiophoniques à la « star ac ».

A l'instar des précédentes, cette échéance électorale ne changera en rien nos conditions de vie. Celles-ci se sont continuellement dégradées depuis les années 70, jetant des millions de personnes dans la pauvreté. La crise actuelle du capitalisme (d'une amplitude beaucoup plus forte que celles de 1987 et de 1974) aggrave davantage notre situation:

-fins de mois de plus en plus rudes, voire impossibles, pour les chômeurs, salariés et retraités

-galère des petits boulots (CDD, petites missions d'intérim) et chômage de masse

-augmentation des coûts de l'alimentaire, du transport, du logement, de la santé

-disparition progressive des acquis sociaux.

Nous assistons à la privatisation et au démantèlement des services publics, conjugués à un renforcement du contrôle social :

-surveillance des chômeurs et radiations à tour de bras, ceux-ci se voyant ainsi privés de leurs maigres droits ASSEDIC

-généralisation de la vidéo surveillance

-développement des bornes biométriques à l'école, pour préparer les enfants au monde de Big Brother

-fichage ADN.

On dit que le suffrage universel a été instauré en 1848... Et nous sommes toujours exploités par des patrons qui se graissent royalement la patte. Alors que nous nous détruisons la santé et vieillissons aux rythmes des cadences, des surcharges de travail, que ce soit à l'usine, sur le chantier ou dans le bureau... sans parler du stress et de la souffrance sociale.

Il est vrai que les patrons meurent rarement de silicose, d'amiante ou d'irradiation. Avec la complicité de l'Etat, ceux-ci comptent nous faire payer l'ardoise de cette crise. Cette dernière correspond à une transformation assez brutale et rapide du capitalisme, afin qu'il puisse poursuivre l'accumulation du profit. Vous trouvez que l'Etat et les patrons ne manquent pas de toupet ?! Le contraire serait étonnant.

Les élections passent, les problèmes restent. On peut continuer à geindre dans le dos du patron ou à s'inscrire dans le « je-m'en-foutisme » et la résignation. Ça ne changera absolument rien. Rappelons que tous les acquis sociaux et les améliorations matérielles de nos conditions de vie ne l'ont été que sous la pression de la lutte et de la hantise qu'elle suscite pour l'Etat et les patrons:

-interdiction du travail des enfants

-diminution du temps de travail (sans contrepartie)

-congés payés.

Finies les balivernes ! Mettons un terme aux idées manipulatrices de l'identité nationale, de dialogue social... Suivons l'exemple des ouvriers de Caterpillar, de Continental, de Molex qui renouent avec ce syndicalisme d'action directe (agir soi-même sans aucun intermédiaire). Redécouvrons la vertu d'être un mouvement de masse qui frappe quand il le souhaite et qui s'inscrit dans la perspective d'une rupture totale avec le capitalisme.

Désertons les urnes !

Le dialogue social est terminé ! Non au consensus !

Résistance populaire autonome ! Vive la grève générale !

CNT/AIT
Association Internationale des Travailleurs
BP 2010
14089 Caen


cnt.ait.caen@free.fr

SI VIS PACEM, PARA BELLUM [1]... BIS !

Pour répliquer au trop fameux malaise social qui ronge notre existence, nous avons eu droit en cette fin d'hiver à une manifestation. N’en avez-vous pas assez ? Nous, oui ! A un point tel que cela risque de nous transporter dans le désappointement et le scepticisme, voire dans un pessimisme qui nous pousserait à ne plus agir... Mais cela n'est pas possible. Le renoncement n'est pas notre affaire !

L’entendement commande que l’on n’évacue pas ces deux questions : combien d'années (« Le temps perdu qu'on ne rattrape plus », comme le dit la chanson) à déambuler et se perdre dans ces maudits centres-villes marchands ? Tel Sisyphe et son fardeau, faut-il battre le goudron ? Assurément, non !

Alors que la manifestation devrait traduire l’expression d’un rapport de force déjà à l’œuvre et de nature protéiforme (c’est-à-dire que ces initiateurs sachent se doter et user de moyens adaptés sur tous les endroits où l’État et le capital sévissent), elle n'est plus, depuis fort longtemps, que le rituel de l'impuissance qui se meut dans un espace socio-urbain complètement déconnecté (ces maudits centres-villes marchands). Les bigots de gauche pense par là établir un rapport de force. De fait, ils s'y retrouvent juste pour se compter et se tenir chaud dans leur huis clos. Ils n’arrivent même plus à concevoir cette évidence. A part peut-être pour des apprentis politiciens dont la seule envie est d’intégrer les staffs qui s’emploient consciemment à amuser et illusionner les béni-oui-oui de gauche, afin de mieux les diriger également vers les isoloirs. Ainsi, ces derniers éliront leurs prochains maîtres qui se surpasseront dans le cynisme et la cuistrerie tout en chantant qu’« il n'est pas de sauveur suprême : ni dieu, ni césar, ni tribun », etc. Ah, bigots de gauche ! Vous nous feriez grassement rire si nous n'en payions pas si chèrement le prix.

On peut toujours incriminer les bureaucraties syndicales et leurs partis qui nourrissent savamment le mythe des lendemains qui chantent, tout comme les religions. En l’occurrence, le rédempteur n’est plus Dieu mais l’État grâce à ce mensonge qui consiste à nous faire croire que ce dernier ne serait pas ex, mais in petto, c’est-à-dire dans notre plus grand for intérieur. Certes, si l’État découle d’une volonté et d’une action immanente de l’homme, il n'est pas le fruit d'une essence interne à l'homme, il n'est que le produit conventionnel lié aux sociétés inégalitaires. De fait, ces crédules de gauche en viennent même à rabrouer le marxisme auquel ils sont censés se référer. Celui-ci prétend que l’État est une incarnation de la superstructure, lui-même le reflet de l’infrastructure (voir la deuxième note) ; ces deux entités se modifient selon les processus sociaux et historiques, écrivait Marx.

Précisons également que la fonction de l’État est de maintenir par tous les moyens l’infrastructure [2], afin que les nantis puissent profiter sans crainte du profit (plus-value, spéculation, surexploitation…). La nature de l’État ne peut être que coercitive et elle se manifeste par les appareils répressifs d’État (la justice, la police, l’armée) ; mais il y a d’autres appareils d’État qui, eux, fonctionnent par le biais de l’idéologie (les médias, les syndicats réformistes, l’école, la famille…) : ils assujettissent les individus pour qu'ils ne s'approprient plus leurs conduites et leurs pensées ; ils les brident dans cette masse impersonnelle sur laquelle reposent les contours du politiquement acceptable. Les appareils idéologiques d’État et les appareils répressifs d’État se complètent.

L’État est ce nouvel opium du peuple des idéologues gauchistes ; le barbu doit s'en retourner dans sa tombe à Londres. Avec leur foi dans l’État, les bigots de gauche sacralisent l'exploitation et la domination. Mais ils prétendent, comme la curaille, délivrer l'homme des forces du mal dans leurs sermons doloristes, ascétiques, à la petite morale compassionnelle, de cet humanisme misérable qui clame la rédemption, la réparation et la réconciliation.

Au contraire, notre humanisme est absolu : il part du principe que chaque moment de l'existence est déterminé par la liberté qui s'acte et se structure dans le choix ; il est impossible de s'y soustraire (« les salauds n'auront jamais aucune excuse à nos yeux »). Partant de ce présupposé éthique, nous sommes de plus en plus nombreux à attendre l'instant propice pour déjouer les plans de l'ennemi et, ainsi, redonner à la manifestation son sens véritable : l'intelligence politique de la situation. Elle permettra de consumer ce vieux monde spectaculaire, avarié par l’argent, cet argent que les parvenus célèbrent. Nous voulons renouer avec l’esprit et la fièvre des communes de Paris (1871), de Barcelone, de Carthagène et d’Alcoy (1873). L'appétit qui nous porte n'est rien d'autre que celui d'y parvenir. Nous avons à développer notre puissance ; elle doit s’incarner dans notre autonomie collective, dont les bourses du travail et les athénées ont été l'exemple. Il nous faut prendre notre mal en patience et accepter que cela puisse être l’œuvre de toute une existence, comme celle de Michel Bakounine, qui n'a jamais cessé de conspirer et de combattre pour l'idéal du communisme anarchiste. Certains diront qu'il s'agit là du pessimisme, lequel ? Il sera serein et rationnel, dixit le philosophe Camillo Berneri, à la différence de l'esprit d’Arthur Schopenhauer.

Enfin, ce constat déplorable : le mouvement révolutionnaire s’est abîmé dans l’esprit de défaite par son incapacité à être en situation. Comme le stipule le préambule de la déclaration de l’assemblée générale des travailleurs insurgés d’Athènes : « L’histoire sera écrite par nous ou à notre insu. » Dans ce dernier cas, malheur à nous, la postérité appréciera et jugera de notre finitude.

Paul-Anton et Goldfax
Printemps 2009.

[1] « Si vis pacem para bellum » signifie, en latin, « si tu veux la paix, prépare-toi à la guerre ».

[2] La superstructure, d'après la théorie de Marx, englobe tout le système idéologique, politique, social, moral, religieux, etc., tandis que l'infrastructure (ou la base) représente l'économie ou, plus largement, le mode de production. Par exemple: la France est un pays capitaliste moderne, industriel et financier (la base). Ses superstructures sont l’État de droit, la République, mais aussi le modèle patriarcal pour la famille; la laïcité pour le modèle religieux, avec une forte influence de l'Église catholique romaine; la morale est la digne héritière du judéo-christianisme; la composition sociale est classiste, avec une forte « classe moyenne » hétérogène, à l'instar des autres catégories sociales considérées plus « élevées » ou plus « basses » dans la société...

mardi 12 mai 2009

Le retour de la peine de mort en France ?

Article écrit par Stanislas Deniau, étudiant en droit, dans Le Monde du 4 mai 2009

Un retour très discret

On la croyait morte et enterrée. On la croyait décapitée par la volonté populaire (loi du 9 octobre 1981 portant abolition de la peine de mort). On s'indignait des pays qui y avaient encore recours. Mais elle est ressuscitée. De qui parle-t-on ?

De la peine de mort. Elle revit depuis quelques mois. Son souffle déjà répand sur notre belle Europe une odeur charogne. Elle n'est qu'en gestation, heureusement. Mais elle n'attend qu'une chose pour prendre corps: l'entrée en vigueur du "mini-traité" de Lisbonne. Sa mère ? La charte des droits fondamentaux de l'Union.

Foutaises dira-t-on, personne n'en a parlé. Foutaises, les différents débats concernant le mini-traité n'ont jamais porté là-dessus. Foutaises donc ? Aucunement. Son retour s'est fait par la petite porte. On n'a pas osé l'écrire directement dans la charte. Le subterfuge ?

C'est très simple. Quelle est la résonnance de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales (CEDH) dans un esprit humain "normal"? A priori c'est un nom qui rassure. C'est une convention qui protège nos droits. Nos droits fondamentaux qui plus est. Disent-ils. Alors comment la soupçonner de permettre un tel retour ?

La CEDH interdit, en principe, tout recours à la peine de mort mais admet des exceptions. Le rapport avec l'Union européenne et la France ?

C'est vrai, la CEDH est l'enfant du conseil de l'Europe qui a aussi établie la cour européenne des droits de l'Homme et qui regroupe la majorité des Etats du continent européen. Il s'agit là de droit international classique (régional) et non de droit communautaire. Mais l'UE et la CEDH se sont acoquinées et l'article 52§3 de la charte des droits fondamentaux de l'Union, proclamée le 7 décembre 2000, donne droit d'asile à certaines dispositions de la CEDH en droit communautaire: "dans la mesure où la présente charte contient des droits correspondants à des droits garantis par la convention européenne des de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales, leur sens et leur portées sont les mêmes que ceux que leur confère ladite convention [...]."

D'après la Charte, on devrait pourtant devoir dormir sur nos deux oreilles. L'article 2§2 de celle-ci dispose que "nul ne peut être condamné à la peine de mort, ni exécuté". Alors, est-ce qu'on s'arrête là, ou on accepte la visite guidée dans le labyrinthe du droit communautaire?

L'article 2§2 de la Charte fait référence à l'article 1e du protocole n°6 annexé à la CEDH (qui rend caduque la deuxième phrase de l'article 2§1 CEDH, et la remplace). Lequel dispose aussi que nul ne peut être condamné à la peine de mort. Bref, mais l'article 2§2 CEDH dispose, lui, que "la mort n'est pas considérée comme infligée en violation de cet article dans les cas où elle résulterait d'un recours à la force rendu absolument nécessaire: a) pour assurer la défense de toute personne contre la violence illégale; b) pour effectuer une arrestation régulière ou pour empêcher l'évasion d'une personne régulièrement détenue; c) pour réprimer, conformément à la loi une émeute ou une insurrection".

Et l'article 2 du protocole n° 6 annexé à la CESDH dispose "qu'un Etat peut prévoir dans sa législation la peine de mort pour des actes commis en temps de guerre ou de danger imminent de guerre ; une telle peine ne sera appliquée que dans les cas prévus par cette législation et conformément à ses dispositions..."

A moins d'être un spécialiste du droit, d'avoir lu le traité, de connaître le contenu de la CEDH, et de maîtriser celui des différents protocoles annexés à la CEDH, nul ne peut se douter d'un tel retour de la peine de mort dans le droit communautaire.

Or c'est le cas. Il faut considérer les articles précités de la CEDH comme faisant partie intégrante de la Charte, laquelle fait partie intégrante du droit communautaire.

Source: Le Monde

Et voici le texte complet de la convention européenne des droits de l'homme (CEDH).

lundi 11 mai 2009

Mea culpa de Benedictus XVI ?

Que voulait dire cette petite phrase lancée par le pape: "l'antisémitisme est répugnant" ? Serait-ce une sorte de mea culpa ? Rappelons tout de même que le jeune Ratzinger faisait partie des jeunesses hitlériennes à une époque. Rappelons encore que les liens du prélat avec l'extrême droite ne se sont pas arrêtés avec la fin de la Seconde guerre mondiale; voici un peu moins de dix ans, selon Rue89, ce membre éminent de l'Église catholique écrivait un pamphlet réactionnaire dans un journal fasciste autrichien.

Libération note, en titre d'un article (le 11 mai à 8h02, sur le site Internet du quotidien), cette citation: "l'antisémitisme est répugnant." Dixit le pape. Faut-il en conclure, comme la repentance est un sport très prisé dans la religion catholique, que Benedictus XVI demande pardon pour sa collaboration (inconsciente ?) à l'œuvre nazie avant et durant la guerre de 39-45 et pour sa contribution parue dans une feuille de chou fasciste autrichienne ?

N'attendons pas ces excuses à deux balles qui ne serviraient à rien d'autres, sauf peut-être apaiser à peine la douleur des familles victimes de l'holocauste et des crimes commis ultérieurement par les imbéciles fascistoïdes. Ces pardons ne cacheraient pas moins l'abomination de l'idéologie chrétienne, de son hypocrisie; cette idéologie qui condamne à l'excommunication une petite fille qui a avorté du fruit du viol commis par son beau-père, qui estime que la capote transmet davantage le SIDA...

Ce matin-même, France Info rapportait les propos du prélat, qui dénonçait "avec violence" l'antisémitisme. Et patati et patata... Les paroles sont inutiles sauf si elles se traduisent en actes. Autant dire que les regrets ne servent qu'à donner bonne conscience à ceux qui les formulent, lui en l'occurrence. Les interventions du pape ne sont qu'un vent insipide.

Joyeux anniversaire ! Happy Birthday ! Feliz Cumpleaños !

En avril 2007, ce blog commençait son existence. Malgré les aléas de l'inspiration et de mon emploi du temps particulier, je suis parvenu à l'alimenter aussi régulièrement que possible.

Comme c'est assez étrange, tous les ans, les "citoyens" sont amenés à élire des représentants. Cette année, les politicards nous resservent leurs slogans éculés et leurs vieilles rengaines anti-abstentionnistes. Alors, pour marquer ces deux ans d'existence de Vous permettez que j'cause, voici réédité le premier article:


Le presse ne relaie pas le ras-le-bol des déçus du système. Si "déçu" est bien le terme adéquat... De droite comme de gauche, les journaux nous abreuvent sans cesse des coups de théâtre des deux super poulains : Sarko et Ségo. Tout en ménageant un peu de temps et d'espace aux "petits" candidats.

Bien entendu on nous parle des "gens" que la France d'aujourd'hui met au ban de la société, surtout s'ils votent aux "extrêmes" ou pour Monsieur Kärcher. Or, rien, que dalle sur ceux que le système électoral et le système dans sa globalité ne satisfont pas, plus, sur ceux qui, définitivement, ne voteront plus. Soit parce qu'ils se moquent royalement de la politique telle qu'elle est faite, soit parce qu'ils savent qu'une autre façon de faire de la politique existe. On ne parle d'abstention que sur un mode défensif, sans jamais s'attaquer aux causes. On tire à boulets rouges sur les abstentionnistes parce qu'ils jouent le jeu de Le Pen et maintenant... de Sarkozy !

Pourtant, ces "gens" ont de bonnes raisons de ne pas voter. D'abord, parce que les élections ne changeront pas leur vie ; elles n'empêcheront pas les patrons de les exploiter ; elles n'empêcheront pas la répression, la coercition, etc. Cela, la presse, même la plus sérieuse, oublie de l'évoquer. Pour ces élections qui approchent dangereusement, les futurs ex-candidats devront certainement faire face à un taux d'abstention record. Les perdants s'emporteront, comme d'habitude, sur les inconscients que, nous, abstentionnistes, nous sommes. Et les gagnants ne feront pas plus les fiers de n'avoir pas gagné à la loyale...

La presse ira publier ces messages acerbes en direction des "sans voix", cracher à la gueule du pauvre... Eh bien tant pis, ce ne sera pas la première fois, ni la dernière !

vendredi 3 avril 2009

Travaux à plusieurs mains : Cadavre exquis

APPEL A CONTRIBUTION
Je vous invite à écrire. Voici un premier exercice, un cadavre exquis (du moins une variante). La seule contrainte sera de savoir écrire un vers en alexandrin qui rime avec un autre. Les quatre premiers vers fixeront la structure du reste du poème (ABAB, AABB ou ABBA). J'écris donc un premier vers qu'il conviendra de compléter par d'autres, de votre propre imagination... ou de celle d'un illustre poète (à éviter tout de même, de sorte à ne pas refaire tomber le soufflet...). Pour m'envoyer vos contributions, qui seront publiées au fur et à mesure sur mon site Vous permettez que j'écrive, envoyez-moi un mail à vouspermettezquejcause@orange.fr en indiquant le sujet suivant (guillemets compris): "Travaux à plusieurs mains: cadavres exquis". Merci de vos futures contributions, sachant que je ne m'abstiendrai certainement pas de réécrire un vers ou deux... En attendant, je vais en prendre un !

La blanche casquette de la vieille bourgeoise
Aurait cent fois pu payer au bar mon ardoise
L'odeur de liberté me vint, l'estomac noué
J'avais eu le cœur dans mes chaussettes tombé

Blanche casquette, me regarde pas ainsi
Les petits corbeaux ont enfin sauté du nid
Mon temps est celui où on continue d'y croire
Comme le saint Thomas, quand je vois je peux boire

...
...
...

samedi 21 février 2009

Besancenot, exportateur de grève générale

Vous n'êtes pas sans le savoir, la Guadeloupe est, depuis des jours et des semaines, paralysée par une grève générale. La tension est telle que des affrontements avec la police ont eu lieu. Des barricades se sont dressées...


Depuis cette semaine, des Sarko, des Royal, des Besancenot... se remuent pour dire: "J'y étais !!!" Mais aussi pour affirmer de bien belles phrases comme celle du facteur en colonie de vacances: "Nous sommes venus ici pour apprendre et faire là-bas ce que vous avez fait", cite l'AFP. Il est vrai que les prolos de la métropole sont trop cons pour faire une grève générale... Y'en a qui exportent leur caoua ou la canne à sucre. Lui, il veut exporter la grève générale.


L'apprenti révolutionnaire a des désirs d'apprentissage. Bah ouais ! La grève générale en France, ça fait belle lurette qu'on n'a pas vu ça, hein ! "Vous allez nous expliquer comment vous avez fait afin qu'on fasse la même chose là-bas [ndr: en métropole] parce que les 200 euros on en a bien besoin, parce que la répartition des richesses pose aussi problème chez nous", a-t-il ajouté. Bien sûr, il a besoin du mode d'emploi. Son ex-parti et son nouveau parti manquent cruellement de l'expérience que peuvent avoir les anarcho-syndicalistes (allez savoir pourquoi je cite ceux-là en particulier...).


Cet événement, sa venue en Guadeloupe, qui, en soi, n'est que spectacle politico-ringard, soulève tout de même deux questions. La première : en quoi ce représentant d'un Nouveau Parti Anticapitaliste est-il légitime pour se placer en représentant des opprimés de la métropole ? D'ailleurs, pourquoi marque-t-il tant la distance entre l'outre-mer et la métropole ? La deuxième : pourquoi a-t-il besoin de suivre un exemple, cet exemple ?

Affirmer, d'abord, que Besancenot a une légitimité est une grave erreur. Rappelons cette phrase - si elle vous a échappé, vous pourrez la ressortir à un peigne-cul de bureaucrate syndical - tirée du Manifeste du Parti communiste : "L'émancipation des travailleurs sera l'œuvre des travailleurs eux-mêmes." Cette initiative du chef du NPA démontre à quel point les ex-trotskos-bidules-chouettes sont prêts à réitérer les tactiques du passé, les tactiques - disons-le clairement - bolcheviques. Cette prétention à se faire le porteur d'un message dénote leur mépris des exploités, qui n'auraient prétendument pas la culture suffisante pour s'organiser. Comme si les grèves en Guadeloupe ne donnent pas des idées de révolte aux prolos !

La Guadeloupe est-elle, d'ailleurs, un exemple de lutte à suivre ? Pourquoi celle-là (dont on ne connaît sans doute pas tous les tenants et aboutissants) plus qu'une autre ? Pourquoi vouloir "reproduire" cette expérience en métropole (où le contexte est légèrement différent) au lieu de tirer des leçons des luttes antérieures dont on a plus de connaissances ? Bel idéaliste, Olivier ! Ce n'est pas en singeant le stalinien Guevara que ta révolution avancera. L'un voulait créer des Vietnam partout, l'autre des Guadeloupe ! Vive le Nouveau Parti anachronique ! La Guadeloupe, c'est l'exotisme révolutionnaire, sans doute. L'ailleurs que l'on rêve de découvrir demain dans les rues de l'Hexagone. Cette utopie d'un monde en lambeaux qu'on veut effacer pour en reconstruire un autre. Mais les utopies ne sont faites que pour rester ainsi ; les utopies restent des guides, non des exemples à suivre à la lettre. L'Hexagone est-il prêt à subir de longues journées de grève générale, au moins ?

Le danger du discours Besancenotien est de construire un mythe, sans que personne n'ait le moindre recul. Sommes-nous prêts à vouloir reproduire à l'identique un mouvement parti sur des bases différentes que celles existant en métropole ? Rappelons que les salaires, par exemple, sont nettement moindres qu'en métropole, sachant que les prix des produits de première nécessité s'élèvent dangereusement. Les conditions de travail n'étant pas terribles, elles s'assortissent d'un racisme quasi-institutionnalisé (en métropole, ce n'est pas joyeux non plus de ce côté, mais moindre !).

En soi, nous pouvons être solidaires des travailleurs et des précaires qui vivent en Guadeloupe. Nous pouvons partager des expériences. Avant tout, néanmoins, il s'agit de prendre nos distances avec ce mouvement et affirmer clairement notre désir d'une autre vie, d'un autre monde, sur les bases qui nous sont propres, en utilisant tous les moyens de luttes qui sont à notre disposition. Rien n'empêche le travail politique en lien avec nos compagnons guadeloupéens ; évitons simplement les "nouveaux Octobre 1917", les "nouvelles grèves de 1936", les "nouveaux Mai 68"... Vivons les luttes présentes ! Comme disait la chanson: "du passé faisons table rase !"

La crise de 2008: systémique sans aucun doute, mais structurelle ou conjoncturelle ?

La crise de 2008

S'agit-il de la crise finale du capitalisme mainte fois annoncée par les tenants du marxisme ? Ou bien est-ce une énième crise cyclique nécessaire aux ajustements du capitalisme ? Personne ne peut le dire, ni même présager de son avenir. Observons que le capitalisme est en crise permanente et que ses épisodes aigus s'accélèrent : 1929 (Krach de Wall-street USA), 1987 (caisse d'épargne USA), 1987 (krach boursier mondial), 1989 (crise japonaise), 1990 (crise immobilière européenne)... Ajoutons les guerres qui occultent les sous-jacents économiques de leur existence.

Quelques vérités

Le capitalisme n'est pas l'intérêt collectif mais celui d'une couche sociale : les propriétaires des structures économiques (les capitalistes). Ceux-ci s'affèrent aux gains les plus élevés possibles. Ils prélèvent sur la valeur produite par le travail un bénéfice (plus-value) pour le revenu des actionnaires (dividendes). Le rapport de la valeur qui revient au capital (les actionnaires) et au travail (les salariés), c’est le taux d’exploitation et son ratio détermine en partie le revenu de chacun. Mais la comptabilité étant favorable aux privilégiés, elle n’est pas neutre et ne rend que partiellement compte du taux d’exploitation (sociétés écrans, avantages en nature, fraudes, composition de la masse salariale…). Néanmoins, si critiquables soient le compte de résultat et le PIB, ils révèlent que la grande majorité de la population est en dessous du revenu et du salaire médian.

L’axiologie de la plus-value (PV) de la théorie marxiste néglige que la PV se dissimule dans la masse salariale. Comment expliquer les salaires mirifiques des cadres supérieurs, sinon par la ponction sur les autres salaires. Il ne suffit pas d’abolir la PV et la propriété des entités économiques pour que cesse l’exploitation. Puisque cette dernière se maintient aussi dans les inégalités de revenus. Contrairement à certaines affirmations, la bourgeoisie n’est pas limitée aux seuls capitalistes. Mais elle incorpore la fraction privilégiée de la population qui tire avantage de l’oppression (hauts fonctionnaires, administrateurs, cadres, élus…). Cela est capital afin d’éviter les illusions de l’étatisme et du capitalisme d’Etat (Cuba, Chine, ex-URSS…).

Les aléas de l’économie capitaliste (croissance, décroissance, récession, expansion, choix de production, taux d’exploitation...) ne sont que les contradictions liées à la PV et ses déclinaisons (PV absolue et relative).

Un peu d’histoire

Suite à la crise de 1929 et la guerre de 1939-45 dues aux rivalités entre les capitalistes, les gouvernements occidentaux vont appliquer le fordisme et le keynésianisme.

Fordisme : rationalisation de la production (Taylor), baisse des coûts de la marchandise, augmentation des salaires, consommation soutenue de masse, hausse des chiffres d’affaires.

Keynésianisme : intervention de l’Etat, nationalisations, grands travaux, création de monnaie, développement du crédit, emprunt d’Etat et autres, élévation du déficit, redistribution fiscalisée de la valeur ajoutée, politique sociale plus avantageuse.

Le résultat est que la croissance stimule les bénéfices et les rentrées fiscales, le crédit réduit son impact, l’inflation est légère et elle comprime les coûts financiers. Les gains de pouvoir d’achat et les marchés vierges (ou peu alimentés) dopent la croissance.

Ces deux mécanismes ont engendré une période de croissance dite des trente glorieuses (1945 à 1975). Mais, déjà à partir des années 70, la conjoncture s’effrite. En effet, des marchés intérieurs sont saturés ou faiblement porteurs, des secteurs de production périclitent (l’acier, par exemple) ou deviennent marginaux, des nouveaux pays concurrents émergent, les matières premières et énergétiques deviennent plus chères, le développement des couches moyennes fait qu’elles sont mieux rétribuées et la conflictualité salariale peu propice aux gains de productivité concourent à la baisse de la plus-value : la rentabilité du capital décline. D’après certains spécialistes, c’est le début de la crise du fordisme qui sera aggravée par les politiques libérales.

De 1975 à 2008

Pour rétablir les marges et les bénéfices, le capitalisme doit baisser les coûts de production, restructurer son appareil de production (automatisation), licencier, précariser, flexibiliser, externaliser-délocaliser, conserver ou conquérir des nouvelles parts de marché… Les secteurs de production des pays dominants suivant leurs besoins vont variablement utiliser ce schéma, mais aussi comme variable d’ajustement : la baisse des coûts salariaux. Rompant avec le pacte fordiste et la régulation de l’Etat, la logique social-démocrate fait place à la dérégulation libérale et la mondialisation de l’économie.

Dans un premier temps certains secteurs obsolètes disparaissent (ex : sidérurgie), d’autres limitent la casse, voire explosent leurs bénéfices par des gains à l’export. La part des échanges dans le PIB mondial s’accélère (12% en 1967 ; 20% en 1987) et la globalisation assure et stimule la croissance mondiale et la solvabilité des marchés émergents. La logique du « mieux produisant » systématise la division internationale du travail, opérant des transferts de production vers les pays émergents. La concurrence de la valeur de la force de travail aboutit à dégrader la condition salariale des pays dits « développés ». Cela vitalise la crise fordiste, d’où la faiblesse de la croissance, puis la décroissance (récession) des pays développés en 2008. L'année 2009 sera-t-elle par effet de contagion celle de la crise systémique mondiale ?

Un secteur économique, la finance va prendre sa part dans cette dépression.

Des agents économiques (particuliers, Etats, collectivités, sociétés) qui ont des excédents d’argent vont placer contre intérêt et agio auprès d’officines et autres organismes de dépôt (banques, fonds, assurances, bourses, Etats…). Ces officines vont prêter contre intérêt à des agents économiques pour financer leurs besoins, vu leurs faiblesses d’autofinancement : c’est le crédit. La pression pour rétribuer de plus en plus l’épargne et l’actionnaire rend le crédit plus cher et l’actionnariat pesant. Soumis à pareil traitement, les particuliers baissent leur consommation, les sociétés pour se maintenir réduisent les coûts de revient notamment salariaux. Conséquemment, la consommation fléchie, la croissance est faible, l’autofinancement diminue, le recourt au crédit s’accentue, suit une politique anti-sociale de l’Etat, jusqu’à ce jour de 2008, ou, faute d’une croissance adaptée, le crédit censé servir l’épargne, l’actionnariat, les budget des Etats, crée une crise mondiale. Car, comme toujours, il faut payer ses dettes ou c’est la faillite et la saisie des biens. Problème : les biens en question ne valent plus grand-chose ; baisse de 50% de la capitalisation boursière, les valeurs hypothécaires, l’épargne, les valeurs refuge s’effondrent. Comme tout le monde a sa dose de crédit ou d’épargne, par effet de dominos, la crise est générale. Les actifs entrant dans les divers bilans risquent fort de donner pour l'année 2009 une drôle de comptabilité (surtout le compte de résultats), vu la baisse d’activité.

Les gouvernements tous acquis à l’économie capitaliste ont laissé faire. Maintenant que la macro et la micro économie sont perturbées, ne renonçant pas au capitalisme, ils s’échinent à le sauver : refinancement des banques, nationalisation totale ou partielle, relance du crédit pour maintenir l’activité, aide à la consommation, relance de grands travaux, esquisses de revalorisation du pouvoir d’achat, emprunts d’Etat, croissance du déficit public, tentative d’accords internationaux (bancaires, fiscaux, plans de relance, commerce internationale, etc..). Comme en 1945, on refait Ford, Keynes et Bretton woods. Cela peut fonctionner ou capoter. Mais les problèmes ressurgiront à terme.

Les contradictions du désordre capitaliste

Le recours aux prêts, emprunts, capitalisations et déficits pour soutenir le capitalisme fut judicieux en 1945 mais ne l’est plus actuellement. Le taux d’endettement est tel qu’il pénalise par son coût la rentabilité du capital et les possibilités budgétaires des Etats. Pour sauver la finance, l’Europe a débloqué 1700 milliards d’Euros et, quant aux Etats-Unis, c’est 700 milliards de dollars et ceux-ci prévoient 4 000 milliards de dollars pour le plan de relance. Concernant la France, les aides financières de son Etat pourraient contribuer à augmenter la dette de 10% à 13%, c’est-à-dire environ 70% du PIB. Pour éviter la faillite du crédit, on recrée du crédit.

L’Etat se présente comme le garant des dépôts pour que l’épargne ne se retire pas des banques, ce qui engendrerait une seconde crise. Mais quel Etat peut garantir de moitié à plusieurs fois son PIB : les valeurs bancaires en France représentent trois fois et demie son PIB.

La création monétaire qui utilise la planche à billet pour épauler l’économie induit de l’inflation, l’endettement des Etats, la baisse des taux d’intérêts (dont la rentabilité de l’épargne et du coût du crédit) et de la valeur de la monnaie (taux de change), c’est bon pour l’export (moins cher) mais mauvais pour l’import (plus onéreux). La balance des paiements révèle la fragilité de l’économie entrant dans sa mesure.

La relance par l’investissement (restructuration, rationalisation et modernisation de l’appareil de production) opère des gains de productivité et de compétitivité sur le marché. Néanmoins, cela entraîne simultanément des licenciements, une diminution de la consommation et une dépréciation des stocks ; parce que l’offre ne crée pas la demande.

La relance par la consommation (pouvoir d’achat et déficits) booste la croissance. Toutefois, on ne sait pas si les achats vont doper le marché intérieur ou celui des autres pays. Or, si on avantage un autre marché, on fait de la dette sans recette. Ce qui pose le problème de la balance des paiements et du PIB. D’autre part, l’augmentation des salaires rend moins compétitif sur le marché. Et puis, quand ce dernier est saturé, quelle relance ?

Les conflits sociaux qui rendent instables les jeux politiques et économiques des pays ont de grandes chances de s’amplifier, voire d’être déstabilisateurs par le manque de réponses positives du système. L’état existentiel, la santé physique et psychologique soumis aux traitements des exigences du capitalisme atteignent les limites du supportable. N’oublions pas aussi les impacts environnementaux de l’économie productiviste.

Un conflit larvé entre les Etats

Les rapports internationaux sont soumis aux désidératas impérialistes de chaque Etat. Toute la géostratégie et politique s’élabore sur le fait que chaque Etat en tant que puissance économique, militaire, technologique… défende ou impose ses intérêts. Les USA veulent garder la première place alors que l’Europe et la chine la convoitent. La Russie espère son retour impérial de feu l’URSS. L’Inde, le Brésil, la Turquie et les différents blocs (d’Amérique du sud, d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie) veulent leur part du gâteau. Quelques données en moyenne et hypothèses :

  • croissance du PIB jusqu’en 2030 : Japon, Europe de l’Ouest, Canada et Etats-Unis + 2%, Moyen-Orient et Australie + 3,5%, Russie, Turquie, Afrique et Amérique Latine + 5,2%, Inde et Chine + 6%.

  • besoins énergétiques entre 2010 et 2030 : pétrole + 30%, charbon + 80%, gaz + 35%, nucléaire + 15%.

Ajoutons que les réserves de change sont de 1700 milliards de Dollars pour la Chine, de 1200 milliards de Dollars pour d’autres pays émergents d’Asie et de 1000 milliards de Dollars pour la Russie et l’OPEP. Il se dit même que le PIB du Brésil, de la Russie, de l’Inde et de la chine pourrait dépasser en 2040 le PIB du Royaume-Uni, d’Allemagne, d’Italie, des USA, du Japon et France.


La dernière réunion du G20 illustre bien les difficultés des Etats à se mettre d’accord, en n’accouchant que d’une vague incitation à la croissance et à la surveillance de la finance internationale.


La baisse des taux d’intérêts occidentaux pour du crédit moins cher fait que l’épargne, peu rémunérée, va s’investir ailleurs. C' est le cas des fonts souverains du Moyen-Orient : 2000 Milliards de Dollars. La Chine qui détient 585 Milliards de Dollars et vent aux USA pour 385 Milliards de Dollars demande à ces derniers de relever les taux d’intérêts, et de garantir un dollar fort. Dans le secret espoir que cette manne financière dope le marché chinois, autorisant la Chine si nécessaire à se passer de la mondialisation ou des entraves du protectionnisme. La Russie et d’autres ont les mêmes visées. Le G7 s’essaie à financer par le crédit des plans de relance sur leurs marchés réciproques. Les pays émergents et exportateurs sont satisfaits mais ils ne veulent pas payer en réduisant le rendement de leurs placements dans le G7. Les USA entendent subventionner son secteur automobile. Ce qui fait grincer les Européens et les Japonais, qui craignent pour leurs parts de marchés, ces tensions incluent d’autres industries : acier, informatique, armement, etc. Pour limiter leurs pertes, les fonds spéculatifs (Hedge-fund) vont céder plus de 700 Milliards d’actifs, ils vendent dès la remontée de la bourse et la font rechuter. Les Etats, principalement Anglo-saxons, laissent faire, vu que ces fonds détiennent les avoirs de collectivités territoriales, d’Etats, de caisses sociales… dont il est impératif d’amoindrir les pertes.


Chacun quand il est compétitif oblige l’autre au libre-échange mais pratique le protectionnisme lorsque ça l’arrange. Ce beau monde utilise pour magouiller les paradis fiscaux et l’opacité bancaire tout en faisant l’apologie de la transparence de la finance. De facto, l’économie mondiale est un vaste mécano où le jeu d’une pièce gagne l’ensemble. Ce dernier est instable et conflictuel par nature (profiter des avantages de la mondialisation et se soustraire à ses inconvénients…). Les rivalités intestines des capitalistes et des Etats ont et continuent de déboucher sur des conflits sanglants. Néanmoins, ils s’entendent toujours pour faire payer leurs privilèges à la population, et mater toute contestation de leur ordre.


Les illusions


L’option libérale pense que c’est l’existence de la régulation étatique du capitalisme qui entrave l’harmonie du libre-échange et de l’efficacité économique (les incidences ne peuvent désormais plus être dissimulées). La critique social-démocrate du libéralisme pense que ce n’est pas l’économie capitaliste adossée au marché qui est mauvaise, c’est son côté excessif, trop brutal : l’Etat et le politique doivent cadrer l’économie et pacifier les antagonismes sociaux, afin d’obtenir une société stable. Il ne faut pas toucher à la structure même du système mais agir sur les effets conjoncturels. C’est le jeu des compromis, des alliances, des négociations, des élections et de l’idéologie bourgeoise. Tous ces vecteurs constituent, surtout avec la gauche (partis et syndicats), le socle référentiel d’un capitalisme social et amendable à visage humain soi-disant, etc., d’où le peu d’imagination qui leur font reprendre les vieilles recettes keynésiennes-fordistes et l’incantation de l’Etat. En la matière, la fonction de l’Etat est d’être la seule autorité de droit capable d’imposer une ligne libérale, social-démocrate ou marxiste-léniniste. La gauche et l’extrême-gauche chantent le retour à l’Etat et ses lois gouvernementales, sa fiscalité, ses douanes, ses nationalisations, son protectionnisme et ses relances économiques (tout en faisant abstraction de sa nature autoritaire : armée, police, prisons…). Le futur nouveau parti anti-capitaliste ne propose même pas un nouveau mode économique, ni la suppression de la plus-value, mais, comme n’importe quel réformisme le plus plat, de réduire le taux d’exploitation en redistribuant davantage au profit des salaires.


Or, qu’il y ait ou non croissance et hausse des salaires, il faudra rembourser le crédit, régler les déficits, être compétitif sur les marchés, juguler les conflits sociaux, mater les révoltes et assumer les éventuels conflits militaires. C’est là que l’Etat intervient comme le produit des sociétés inégalitaires, la fonction de sa machinerie institutionnelle étant de les pérenniser. Refuser la critique de l’Etat, c'est renforcer sa légitimité et en faire la religion civile, c’est tenter d’empêcher les opprimés de le contester, de se soumettre à sa puissance despotique, c’est orienter l’anti-capitalisme dans une impasse et installer un nouvel opium du peuple.


Que faire ?


Continuer à subir tranquillement dans le désœuvrement de l’individualisme ou croire que le vote sanction lors de la prochaine élection changera quelque chose, c’est se berner ! Il suffit également de jeter un coup d’œil sur l’histoire pour s’apercevoir que nos maigres droits n’ont été acquis que par la lutte. D’après nous, tous ceux qui veulent s’y engager ne doivent compter que sur leur capacité à agir de façon autonome : la mise en place sur nos différents lieux de vie d’assemblées générales et de comités de lutte qui reposent sur la démocratie directe et l’initiative de tous, usant de moyens d’action bien précis : débrayages improvisés, coulages de la production, grèves du zèle ou perlée, sabotages sous différentes formes, autoréductions et réappropriations multiples, occupations diverses, manifestations sauvages, désobéissance civile… Oeuvrons pour que ces deux terminaisons nerveuses de la lutte se développent et se massifient tout en se fédérant horizontalement et qu’elles deviennent ainsi des réseaux fortifiés, qui le cas échéant pourraient porter l’estocade à ce système. Les partis et leurs syndicats sont continuellement divisés. Ils préfèrent se soucier de leurs intérêts bureaucratiques et leurs solutions entretiennent les mythes des vieilles recettes keynésiennes-fordistes. Ils soumettront la lutte à venir à cette exigence : appel à l’unité nationale (compromis avec la bourgeoisie et le capital), acceptation du plan de rigueur (nouveaux sacrifices pour les couches populaires et moyennes), respect du cadre institutionnel qui est censé être représentatif par la dite présence de ces mêmes partis et syndicats, alors qu'ils ne rassemblent en leur sein qu’une partie infime de la population.


Les objectifs de la résistance populaire autonome


Posons-nous la question : est-il normal que la richesse se concentre sur si peu de personnes, a fortiori quand des milliards d’êtres humains sont réduits à la misère ? Dans l’immédiat, les objectifs de la résistance populaire autonome seraient de reprendre l’argent de la spoliation (gros salaires, traders, banquiers…) des travailleurs, de saisir les biens des spéculateurs. Faire payer les riches, c’est un moyen de garantir à tous les besoins fondamentaux (santé, éducation, logement, nourriture, transport…). Mais soyons lucides : si cela peut soulager à court terme, le système reprendra ce qu'il a concédé et ce sera le retour à l'état antérieur.


Tant que le capitalisme ne sera pas supprimé, crises, exploitations, guerres, misères et pollutions prospéreront. Il s’agit bien d’agencer un autre système dont les bases seraient une économie au service de l’humain et non l’inverse, sa planification suivant l’intérêt collectif et non celui d’une minorité, la répartition égalitaires des biens produits, la création de biens durables et respectueux de l’environnement, etc. Cela n’est pas très compliqué : il suffit d’ôter la propriété privée des entités économiques pour qu’elles soient communes (propriété sociale) et de rendre les décisions collectives et non le fait de quelques minorités.


Conclusion


Naguère, il fut dit que faisant du Dollar la monnaie du monde, il a introduit en son sein toutes les contradictions. Aujourd’hui, nous disons que le monde étant devenu capitaliste, celui-ci agrège toutes les contradictions du monde ; c’est peut-être l’aspect contradictoire de cette situation qui ouvrira des possibles. N’en déplaise à certains, agités par un protectionnisme keynésio-fordiste d’où effleurent des relents nationalistes.


Les libéraux prétendent que le capitalisme est indépassable et que le marché est la forme naturelle des sociétés. Depuis longtemps, nous clamons que le capitalisme n’est pas éternel et qu’il doit disparaître, que l’état naturel de la société c’est la culture inscrite dans des processus historiques et idéologiques. Nous refusons d’être réduit à une marchandise (force de travail) et réifié dans des rapports de production et de consommation que le capitalisme et le marché imposent. Nous voulons une société libre, juste, égalitaire, solidaire, sans guerres et exploiteurs, tel est notre credo et combat.


Il est impérieux que les anarchistes révolutionnaires unissent leurs efforts et co-agissent pour que l’avenir ne ressemble pas aux cauchemars du passé.


CNT-AIT Caen, décembre 2008


Pour imprimer en format pdf, cliquez ici: Crise

lundi 9 février 2009

Un nouveau site est créé

L'idée me trottait dans la tête depuis un petit bout de temps. Pour mes travaux littéraires en ligne, j'ai décidé de créer un site Internet. C'est maintenant chose faite. L'outil est en construction maintenant, je n'attends plus que les contributions...

jeudi 8 janvier 2009

A Gaza

En hommage aux victimes israéliennes et palestiniennes, victimes des fanatismes religieux

Oubliez votre dieu un moment
Regardez l'homme
L'homme dans sa laideur
Et l'homme dans sa souffrance
Oubliez votre dieu, votre amour, votre haine
Oubliez-les et regardez ce que vous faites
Regardez ce que vous voyez sans rien discerner
Regardez bien
Regardez
Gaza pleure des larmes de sang
Israël pleure la paix qu'elle n'a jamais connue
Le monde s'émeut mais que fait le monde
Le monde s'apostrophe mais que dit le monde
Oubliez vos idoles oubliez vos chefs
Oubliez vos prophètes oubliez vos messies
Oubliez vos rabbins oubliez vos imams
Aujourd'hui observez
Observez ce que vous avez fait
Observez ce que vous avez laissé faire
Quelles leçons peut-on retenir si elles s'envolent avec le vent
Qu'ont fait les hommes
Qu'ont fait les femmes
Les enfants
Les vieillards
Les malades
Tous ces gens
Qu'ont-ils fait pour mériter la peine
La souffrance
La mort
Laquelle est la pire en fait
Laquelle
Est-ce votre dieu qui a commandé ces massacres
S'il en est ainsi
Sachez-le
Sachez combien je suis heureux d'avoir banni dieu de mon cœur

mardi 30 décembre 2008

Délit d'opinion au soi-disant pays des droits de l'homme

Le Monde : « Le jeune homme est présenté par l'accusation comme le chef d'un supposé groupe d'"ultra-gauche" qui aurait fomenté et exécuté les sabotages de lignes ferroviaires en France dans le but de susciter des troubles sociaux et politiques. » 22/12/2008

Radio France : « Soupçonnés d’appartenir à un groupe qualifié d’anarcho-autonome par les enquêteurs, Julien Coupat et Yldune Levy sont poursuivis pour des dégradations de caténaires contre des lignes à grande vitesse fin octobre et début novembre. » 20/12/2008

Europe 1: « "Chaque fois qu’il y a un affaiblissement de l’extrême-gauche et notamment du parti communiste, on voit la résurgence d’un certain nombre de groupuscules qui sont beaucoup plus extrémistes, beaucoup plus radicaux", a expliqué la ministre de l’Intérieur (MAM). » 9/12/2008

Quelle belle démocratie, cet État français ! Et quel bel exemple d'indépendance dont fait preuve la presse tant nationale que locale ! La politique n'est pas l'affaire des journaux, son objectivité si affinée, raffinée, nous prouve à quel point le monde est d'une neutralité parfaite, pure, à quel point les gens pas lisses sont vilains, ceux qui osent montrer le monde avec une partialité plus importante qu'il n'en est besoin...

Bel État, si tu n'étais pas là... l'on serait dans un bel état, l'on t'aurait prié d'exister, de nous venir en aide, car de bien mauvais penseurs nous auraient égaré sur les voies de l'anarcho-autonomie d'ultra-gauche terroriste (AAUGT). Heureusement, ta justice - la Justice - sait reconnaître, parmi tes citoyens, ceux qui méritent de vivre dans ta société. Les bannis peuvent croupir dans tes geôles, ineffables hérétiques, ou cuire dans les infernaux paradis que tu pourrais rebâtir à Cayenne ou en Calédonie.

Tes belles pensées, celles de tes admirateurs méritent qu'on y réfléchisse. La belle pensée est la seule qui vaille, qui m'aille, qui nous aille et nous fasse dérailler... La passion m'emporte, que dis-je ? Je pense à ces vils renégats qui veulent la fin de votre si éblouissante république. Ils ne peuvent, ne doivent pas nuire à votre ordre ploutocratique, celui à qui nous devons notre salut. Grâce à lui, les représentants du bon peuple peuvent s'enorgueillir de nous aider à bien penser, de ne pas dépasser les limites de la pensée plus que parfaitement - et politiquement - correcte.

Puis les PQ (presses quotidiennes) et autres titres d'information représentent de merveilleux outils pour l'expression de notre société, où les richesses sont réparties avec le plus grand scrupule, où chacun œuvre à sa tâche quotidienne avec la meilleure volonté du monde, dans une harmonie nulle part égalée. Sans nos bienveillants guides « scribouillards » - vous pensez bien que c'est affectueux -, nous ne saurions à quels seins nous vouer. Lequel - à droite ou à gauche - devrions-nous choisir ? L'unité nationale est forcément la meilleure des politiques. Unissant les deux parties de l'anatomie politique, le centre se sent moins creux, moins vide. Faire face au péril AAUGT nécessite la plus grande unité, à laquelle se joint les gazettes de toute la nation.

Pensons sans subversion, telle est la voie que nos maîtres et amis estiment comme la Raison, la vraie, celle que tout homme bien docile doit suivre.

Note de l'auteur, un peu bourré sur les bords - et les bords sont larges : Face à la montée de cette tendance dissidente de la pensée - si l'on peut employer ce dernier terme, bien sûr -, l'autorité de mon pays m'a instamment prié de retourner ma chemise et de dénoncer les racailles de ce monde ! Comme ma veste n'est pas réversible, je te prie de croire, cher lecteur, que je n'ai pu retourner que mon texte... Il en fallait peu que l'ordinateur y passe, lui aussi.

Tercero comunicado público de Everth Provoste

Traducción en los proximos días... Traduction prochainement... Translation in the next days...

El año termina, pero el hostigamiento sigue...

Días atrás, cuatro pacos de civil –supe que eran pacos de civil porque eran exactamente los mismos pacos que me fueron a buscar a mi lugar de trabajo- estaban esperándome parados en una las esquinas cercanas a mi casa. En cuanto los vi decidí que pasaría frente a ellos simulando no haberlos visto, y fue lo que hice; ellos comenzaron a seguirme desde lejos, pero pocas cuadras adelante los perdí gracias a mi conocimiento familiar del barrio en el que vivo. No los volví a ver.

Pero volví a verlos una mañana, muy temprano, cuando yo salía de mi casa al trabajo: 7:00 a.m. Una camioneta pasó lentamente por la bocacalle del pasaje; iba conducida, ni más ni menos que por uno de los pacos de civil, honestamente, sentí que el corazón se me salía por la boca... Salí del pasaje y miré hacia atrás: la camioneta se detuvo, desandó, se volteó y regresó en su camino rápidamente; a lo lejos pude advertir que había otro paco parado en la esquina de la calle principal; la camioneta se detuvo frente a él y el conductor algo le dijo, para comenzar a alejarse en la camioneta por la calle principal. Decidí tomar fuerzas y seguir caminando en derechura hasta el paco que aguardaba en dicha esquina. ¡Pero, oh, sorpresa, el muy hijo de puta comenzó a sacarme fotos con una cámara digital! Yo a lo único que atiné fue a enseñarle mi mano derecha empuñada con el dedo medio erecto, y seguí mi camino al metro.

Ahora, volví a ver al mismo paco que me sacó fotos, el día 24 de diciembre 2008 a las 7:30 a.m. a las afueras de mi trabajo, hablando con alguien por radio. No lo he vuelto a ver.

¿Hasta cuándo me hostigan? ¿Qué mierda ganan haciendo todo esto? ¿Acaso quieren que me cambie de casa y de barrio? ¿Quieren que me pase los días creyendo que todo el mundo que me rodea son pacos? No les daré en el gusto. Seguiré viviendo y trabajando en los mismos lugares, seguiré siendo el mismo.

Termina el año, el hostigamiento sigue, y yo sigo siendo el mismo.

¡No podrán hacerme caer!

¡Abajo los muros de las prisiones: libertad inmediata para Freddy Fuentevilla, Marcelo Villarroel, y tod@s l@s pres@s secuestrad@s por el Estado!

¡Muerte al Estado y viva la anarquía!

Everth Provoste


Santiago de Chile.

Domingo 28 de diciembre 2008.

Multilinguisme

Dans le souci d'être lu de tous, je m'attacherai, dans les prochaines publications, de traduire, surtout, mes propres productions. Comme je suis hispano et anglophone, l'idée, au moins, vaut d'être tentée. Certes, cela me donnera plus de travail, mais je compte également sur les âmes charitables pour me filer, lorsque le cœur leur en dit, un petit coup de main. Rien n'empêche de mutualiser les tâches.

A bon entendeur, salut !

dimanche 28 décembre 2008

Pétition de soutien aux inculpés du 11 novembre

Texte du comité de soutien

Une opération récente, largement médiatisée, a permis d’arrêter et d’inculper neuf personnes, en mettant en œuvre la législation antiterroriste. Cette opération a déjà changé de nature : une fois établie l’inconsistance de l’accusation de sabotage des caténaires, l’affaire a pris un tour clairement politique. Pour le procureur de la République, "le but de leur entreprise est bien d’atteindre les institutions de l’État, et de parvenir par la violence - je dis bien par la violence et non pas par la contestation qui est permise - à troubler l’ordre politique, économique et social".

La cible de cette opération est bien plus large que le groupe des personnes inculpées, contre lesquelles il n’existe aucune preuve matérielle, ni même rien de précis qui puisse leur être reproché. L’inculpation pour "association de malfaiteurs en vue d’une entreprise terroriste" est plus que vague : qu’est-ce au juste qu’une association, et comment faut-il entendre ce "en vue de" sinon comme une criminalisation de l’intention ? Quant au qualificatif de terroriste, la définition en vigueur est si large qu’il peut s’appliquer à pratiquement n’importe quoi – et que posséder tel ou tel texte, aller à telle ou telle manifestation suffit à tomber sous le coup de cette législation d’exception.

Les personnes inculpées n’ont pas été choisies au hasard, mais parce qu’elles mènent une existence politique. Ils et elles ont participé à des manifestations - dernièrement, celle de Vichy, où s’est tenu le peu honorable sommet européen sur l’immigration. Ils réfléchissent, ils lisent des livres, ils vivent ensemble dans un village lointain. On a parlé de clandestinité : ils ont ouvert une épicerie, tout le monde les connaît dans la région, où un comité de soutien s’est organisé dès leur arrestation. Ce qu’ils cherchaient, ce n’est ni l’anonymat, ni le refuge, mais bien le contraire : une autre relation que celle, anonyme, de la métropole. Finalement, l’absence de preuve elle-même devient une preuve : le refus des inculpés de se dénoncer les uns les autres durant la garde à vue est présenté comme un nouvel indice de leur fond terroriste.

En réalité, pour nous tous cette affaire est un test. Jusqu’à quel point allons-nous accepter que l’antiterrorisme permette n’importe quand d’inculper n’importe qui ? Où se situe la limite de la liberté d’expression ? Les lois d’exception adoptées sous prétexte de terrorisme et de sécurité sont elles compatibles à long terme avec la démocratie ? Sommes-nous prêts à voir la police et la justice négocier le virage vers un ordre nouveau ? La réponse à ces questions, c’est à nous de la donner, et d’abord en demandant l’arrêt des poursuites et la libération immédiate de celles et ceux qui ont été inculpés pour l’exemple.

mardi 23 décembre 2008

Pétition de la Nuit Sécuritaire

du Collectif psychiatrie "La Nuit Sécuritaire"

Le 2 décembre 2008, dans une enceinte psychiatrique hospitalière, se saisissant d’un crime pourtant très rare commis par un patient diagnostiqué comme schizophrène, le président Sarkozy a annoncé un plan pour la psychiatrie aux conséquences dévastatrices.

Dans ce discours, les fondements même de la psychiatrie ont été attaqués avec la plus grande brutalité, celle qui amadoue pour mieux exécuter.

Il aura suffi d’un fait divers dramatique pour relancer une politique de la peur dont le projet de centres de rétention de sûreté tout comme les soins sans consentement en ambulatoire sont le parachèvement.

En amalgamant la folie à une pure dangerosité sociale, en assimilant d’une façon calculée la maladie mentale à la délinquance, est justifié un plan de mesures sécuritaires inacceptables.

Alors que les professionnels alertent régulièrement les pouvoirs publics non seulement sur les conditions de plus en plus restrictives de leur capacité de soigner, sur l’inégalité croissante de l’accès aux soins, mais aussi sur la mainmise gestionnaire et technocratique de leurs espaces de travail et d’innovation, une seule réponse leur a été opposée : attention danger, sécurisez, enfermez, obligez, et surtout n’oubliez pas que votre responsabilité sera engagée en cas "de dérapage".

Un pas vient d’être franchi, l’heure est trop grave pour que la résignation l’emporte.

Que peut signifier cette prétendue méconnaissance, en réalité cette volonté délibérée d’ignorer les réalités de la psychiatrie ?

Il y a les faits, il y a les chiffres : le rapport de la Commission "Violence et santé mentale" dénombre qu’en 2005 sur 51 411 mis en examen dans des affaires pénales (crime ou délit) 212 ont bénéficié d’un non-lieu pour irresponsabilité mentale, c’est à dire 0,4 % des crimes et délits ! Mais en revanche, la prévalence des crimes violents contre les patients psychiatriques est 11,8 fois plus importante que par rapport à la population générale. La proportion des vols à leur encontre est 140 fois plus importante !

Nous, soignants en psychiatrie, n'acceptons pas que la plus haute autorité de l'État répande de tels propos, qui laisseraient croire que les personnes atteintes de troubles psychiques font bien plus souffrir la société que celle-ci ne les aliène. Nous n’acceptons pas non plus que ces citoyens soient jetés en pâture à la vindicte populaire pour maintenir de manière forcenée, irresponsable, le ferment de la peur.

"La politique de civilisation" annoncée est une politique de "rupture" du lien car elle tente de bafouer les solidarités sociales qui ont permis de sortir du grand enfermement de la folie. Il n’y a pas d’exercice possible de la psychiatrie sans respect constant des valeurs de la République : celles qui en énonçant le respect de la séparation des pouvoirs permettent à la démocratie de rassembler solidairement afin de ne pas exclure les plus démunis.

Devant tant de "dangerosité" construite, la psychiatrie se verrait-elle expropriée de sa fonction soignante, pour redevenir la gardienne de l’ordre social ?

Nous, citoyens, psychiatres, professionnels du soin, du travail social, refusons de servir de caution à cette dérive idéologique de notre société.

Nous refusons de trahir notre responsabilité citoyenne et notre éthique des soins dans des compromissions indignes et inacceptables.

Nous refusons de voir la question des soins psychiques réduite à un pur contrôle sécuritaire criminalisant outrageusement la maladie mentale.

Nous refusons d’être instrumentalisés dans une logique de surveillance et de séquestration.

Pour maintenir la fonction soignante en articulation permanente entre le singulier et le collectif, nous refusons l'aveuglement d'une supposée culture de l'efficacité immédiate concernant des problèmes qui n'existent que peu.

Dans le champ de la psychiatrie, des actions s’opposent à la normalisation des enseignements (sauvons la clinique), des pratiques prédictives (pas de zéro de conduite), des dérives scientistes assignant à la psychiatrie le devoir de prévoir l’avenir (non à la perpétuité sur ordonnance, politique de la peur).

Nous soutenons et accompagnerons toute perspective de regroupement de ces initiatives car elles vont toutes dans le même sens : défendre et soutenir la dignité des patients qui nous sont confiés ou qui se confient à nous.

Faudrait-il que nous entrions en résistance par la désobéissance civile, pour soutenir la possibilité d’une psychiatrie au service des sujets en souffrance, respectueuse du sens de leur existence, et non une psychiatrie servant au maintien de l’ordre sécuritaire stigmate de l’asservissement de la population par la peur ?

"Il faut de la crainte dans un gouvernement despotique: pour la vertu, elle n'y est point nécessaire, et l'honneur y serait dangereux." Montesquieu


Signer la pétition

Déclaration de l'assemblée générale des travailleurs insurgés d'Athènes

DEPUIS LE BÂTIMENT LIBERE DE LA GSEE,
mercredi 17 décembre 2008

L’histoire sera écrite par nous
Ou à notre insu

Nous, les travailleurs manuels, les employés, les chômeurs, les intérimaires, locaux et migrants, qui ne sont pas téléspectateurs passifs mais participent depuis samedi soir, après le meurtre d’Alexandros Grigoropoulos, aux diverses manifestations, affrontements avec la police, occupations de bâtiments publiques dans le centre comme dans les différents quartiers, qui ont dû souvent abandonner leur travail et leurs obligations quotidiennes pour descendre dans la rue aux côtés des élèves, des étudiants et autres prolétaires en lutte,

Nous avons décidé d’occuper le bâtiment de la GSEE (Confédération Générale des Travailleurs de Grèce) pour le transformer en un lieu de liberté d’expression et de rencontre des travailleurs.


  • Pour détruire le mythe mis en avant par les médias, que les travailleurs étaient et restent absents des émeutes, que la colère exprimée ses jours-ci n’est l’affaire que de 500 « cagoulés » et « hooligans », alors que dans les journaux télévisés les travailleurs sont présentés comme des victimes de ces affrontements. Et cela même, au moment ou la crise capitaliste en Grèce et dans le monde entier conduit des centaines de milliers de personnes aux licenciements, ces mêmes licenciements qui sont présentés par les médias comme un « fait naturel ».

  • Pour dénoncer et révéler le rôle de la bureaucratie syndicaliste et son effort pour saper la révolte. La GSEE et tout le mécanisme syndicaliste qui la soutient depuis des décennies, compromettent nos luttes, marchandent notre force de travail pour un rien et perpétuent le régime d’exploitation et d’esclavage salarié. Prenons comme exemple leur position de mercredi dernier lorsqu’ils ont annulé la grève programmée en se limitant à l’organisation d’un rassemblement de courte durée à la place Synthagma et ont forcé les gens à quitter la place pour éviter leur éventuelle « contamination » par le virus de la révolte.

  • Pour rendre enfin cet espace, construit aux frais de nos contributions mais dont nous restons exclus, ouvert à tous, à l’image de l’ouverture sociale créée par les émeutes.

Cela fait des années que nous faisons confiance à des sauveurs de tout genre, au point de perdre notre dignité.

Nous devons, en tant que travailleurs, assumer nos responsabilités et ne confier nos espoirs à aucun meneur « éclairé » ou représentant « compétant ». Nous devons acquérir notre propre voix, nous retrouver, discuter, décider et agir. Contre les attaques généralisée que nous endurons. Notre seule issue : la création de résistances collectives venant de la base.

Pour promouvoir l’idée de l’auto-organisation, par nous-mêmes, l’idée de la solidarité dans le milieu du travail, des comités de lutte et des décisions prises collectivement par la base, pour supprimer les syndicalistes bureaucrates.

Des années durant nous nous sommes résignés à la misère, à la duperie et à la violence au travail. Habitués à compter nos invalides et nos morts - événements baptisés « accidents du travail ». Habitués à compter, tout en restant indifférents au sort des immigrés -nos frères de classe- qui se font assassiner. Nous en avons marre de vivre avec l’angoisse d’un salaire non garanti, des cotisations sociales et d’une retraite qui s’avère inaccessible.

A l’instar de notre lutte pour ne pas laisser nos vies entre les mains des patrons et des représentants syndicaux, nous allons mener la lutte pour ne laisser aucune des personnes insurgées, arrêtées par la police, entre les mains de l’Etat et de ses mécanismes répressifs.

LIBERATION IMMEDIATE DES PERSONNES ARRETEES

RETRAIT DES CHARGES PORTEES CONTRE ELLES

AUTO ORGANISATION DES TRAVAILLEURS

GREVE GENERALE


L’assemblée générale des travailleurs insurgés

dimanche 21 décembre 2008

Cri de détresse d'une maîtresse CRI

Je suis une enseignante. Plus exactement je suis une « maîtresse CRI ». J’ai reçu comme mission de l’Education Nationale d’accueillir les enfants étrangers et de leur enseigner le français à l’école primaire. Il s’agit d’une responsabilité que je considère comme très grande, et je tâche de l’assumer au mieux de mes possibilités.

Ainsi, tout au long de l’année, depuis 6 ans, j’accueille des garçons et des filles venus du monde entier. Ils arrivent avec leurs parents et frappent à la porte de nos écoles. Tous sont chargés des inquiétudes de ce qu’ils trouveront derrière le portail, mais tous sont chargés des espoirs de ce que ce grand bouleversement va leur apporter.

Il y a 6 ans, Aynur, Hazan, Eddanur, Tomas, Cristina, étaient de ceux-là. Timidement, ils atterrissaient dans des classes des écoles de Montélimar. Chaque enfant regardait son enseignant avec les yeux avides d’apprendre, mais désolé de ne rien comprendre. En cours de CRI, tout allait plus lentement, tous captaient des mots, des phrases, ils les redisaient, gênés au début, mais avec plus d’aplomb chaque jour, car ils se sentaient de plus en plus en confiance. Et puis en classe, la gentille maîtresse ne les grondait pas. Elle leur souriait, disait des mots qui, peu à peu prenaient du sens. Et eux s’essayaient à redire les mots, à répondre aux questions des copains. C’était parfois tout faux, un mot à la place de l’autre, et les copains riaient ! C’était vexant au début, mais avec l’amitié des autres qui donnaient le mot juste, ils finissaient par bien le prendre et s’améliorer. Et ils se trompaient de moins en moins. Et ils s’aventuraient à dire des mots nouveaux, des phrases nouvelles. Et les copains disaient « bravo ! ». Et la maîtresse gentille félicitait. « Tu apprends très vite ! ». C’était dur pourtant tous ces mots à retenir !

Tous ces efforts à faire pour rester attentif… Alors parfois un brouillard de mots s’installait tout autour, et ils s’enfonçaient dans le brouillard, pour se faire oublier, pour s’échapper et penser aux larmes que la grand-mère n’avait pu cacher au moment du départ…C’était dur, oui, c’était dur. Le soir, la tête allait exploser, et ils étaient contents de retrouver leurs parents pour parler la langue facile, celle qu’on n’a « même pas apprise, parce qu’on la connaît déjà ». Mais les parents ne leur laissaient pas le temps de se reposer. Ils insistaient pour qu’ils aillent au soutien FLE , qu’ils révisent les leçons de français, parce que les parents savent bien que leurs enfants apprendront plus vite qu’eux, et qu’il faut les encourager pour réussir à l’école. Parce que si on réussit à l’école, on s’en sortira...

L’année d’après, hormis la manière de rouler les « r », ou de se tromper d’auxiliaire, plus personne ne se souvenait de leur arrivée ; ils étaient des meneurs de jeu, des bons en maths, des doués en arts plastiques, et des excellents apprenants d’anglais, cette langue si difficile à apprendre pour les autres.

Il y a 5 ans, Richard, Béa, Rachel, Joachim, Onurcan, sont arrivés, il y a 4 ans d’autres encore. Tous apprenaient avec plus ou moins d’aisance la langue française et finissaient par se fondre dans le groupe classe et dans la vie de l’école. Pourtant un mot commençait à résonner comme un coup de marteau sur l’enclume, le mot « papiers ». Un mot qui faisait mal à dire, parce qu’il faisait mal dans la tête des parents. Et puis ce mot s’oubliait, on finissait pas ne plus l’entendre. La vie continuait.

Il y a 3 ans , Gevorg, Alexandre, Kateryna, et d’autres encore, sont arrivés et ont fait ressurgir ce mot avec plus d’acuité. Un mot qui faisait de plus en plus de mal à dire. Un mot qui finissait par se coller comme une marque indélébile sur la peau d’enfants innocents.

Il y a 2 ans, Elvis, Denis, Arbenit, Drilon et les autres, sont arrivés. Ils portaient les mêmes espoirs et les mêmes inquiétudes que ceux d’il y a six ans. Ils avaient quitté ce que pour rien au monde, ils ne souhaitaient revoir. Chaque enfant a regardé son gentil maître, qui les a encouragé. Ils se sont essayés aux mots. Parfois, cela a marché, parfois c’était tout faux. Au début, ils étaient vexés de voir rire tous ces garçons et ces filles, mais ils ont compris, et ils se sont lancés dans l’aventure. Une incroyable aventure que celle de découvrir qu’on arrive enfin à communiquer lorsqu’on apprend des mots, des phrases, et qu’on fait des liens entre tous ces mots et ces phrases. Une alchimie époustouflante !

Et puis, l’éclair, le tonnerre, la foudre. Un énorme tremblement de terre. Un mot qui tombe, implacable : « REJET ».

Des parents qui pleurent, qui disent qu’ils ne peuvent pas rester en France. Qu’il faudrait repartir là-bas où, pour rien au monde, on ne voudrait retourner. Alors, qu’il faut se cacher, devenir « clandestins ». Et retrouver ce mal au ventre terrible dont on vient de se débarrasser. Entendre les bruits qui font peur et qui empêchent de dormir. Etre réveillé par les cauchemars, appeler ses parents pour être consolé, mais trouver des parents qui n’arrivent même plus à consoler. Continuer à aller à l’école avec la peur. Continuer, continuer,… Les mots se brouillent, ils se perdent, ils n’arrivent plus à s’accrocher pour faire du sens.

On perd pied, on lâche... trop d’inquiétudes, aller à l’école, pour quoi ? Le maître se fatigue, les professeurs renoncent.

Que faire pour exister maintenant s’il n’est nulle part où trouver sa place ? Tentation de faire du bruit, de répondre, d’affirmer qu’on peut être violent…Et finir par l’être.

Et voici qu’il y a 2 semaines, le papa de Buket et Dilara est arrêté. Encadré par des policiers, il est enfermé dans un centre de rétention. Puis renvoyé. Expulsé. Le papa de Buket et Dilara. Leur papa. Celui qui leur a tant appris. Celui qui leur a tout expliqué de la France. Qui leur a dit comment on devait respecter les autres, les copains, les adultes. Celui que tout le monde prenait en exemple pour son honnêteté. Leur Papa. Que s’est-il passé ? Est ce qu’il est devenu un voyou ? Leur Papa. C’est impossible. Mais que s’est-il passé ? Qui peut expliquer ? Buket et Dilara ne comprennent pas. Elles ne comprendront jamais. Demain, elles sortiront de ce cauchemar, c’est sûr. Et elles retrouveront Leur papa.

L’expulsion est confirmée. L’avion a embarqué leur papa. Est ce que le monde peut encore continuer de tourner ? Non, tout s’arrête. Tout se brise. Leur maman pleure, le bébé dans les bras, la toute petite dernière qu’on se disputait pour porter quand papa était là. Dilara colle Buket comme un ruban tue-mouche. Il n’y a plus de mots pour dire, ni en français, ni dans la langue facile qu’on n’a même pas apprise. Il faut juste se cacher. Devenir invisible. Arrêter d’exister, pour ne pas se faire attraper par la police.

Je suis une maîtresse CRI qui a la mission devenue impossible d’aider des enfants à apprendre le français et à s’intégrer. Est ce que le monde peut continuer de tourner, si cette mission est devenue impossible ? Est ce que le monde peut continuer de tourner si des avenirs d’enfants et d’adultes sont massacrés chez nous en France ? Si des familles sont brisées ? Si des vies sont devenues impossibles à vivre ? Pour moi, comme pour Buket et Dilara, quelque chose s’est arrêté, qui ne reprendra que lorsque chaque enfant aura la possibilité d’apprendre le français en sécurité. Je suis une maîtresse CRI qui lance un CRI pour que cessent les actes d’inhumanité à l’égard d’enfants et d’adultes ici, aujourd’hui. Tout de suite.

Je suis une maîtresse CRI qui lance un CRI pour que l’on ne s’habitue pas à voir interner des enfants en centres de rétention.

Je suis une maîtresse CRI qui lance un CRI pour que nous nous réveillons vite de ce qui s’installe comme barbarie dans notre pays, et que JAMAIS nous ne l’acceptions.

N’oublions pas Jacques Prévert, ce poète qui est si cher dans nos écoles:

"Il est terrible
Le petit bruit de l’œuf cassé sur un comptoir d’étain
Il est terrible ce bruit
Quand il remue dans la mémoire de l’homme qui a faim"

Oui, Prévert.

Il est terrible le bruit de la chaise vide devant un bureau vide.

Il est terrible ce bruit qui résonne dans la conscience des hommes qui font la loi ou qui la font appliquer.

Il est terrible ce bruit dans la tête de ceux qui ne veulent pas mettre leur tête dans le sable de la lâcheté.*(resf Privas)

Il est terrible ce bruit.

Comme le tic-tac entêtant.

De l’horloge qui vous dit:

"Plus jamais ça"

Françoise Estival,
enseignante CRI (Cours de Rattrapage Intégré)
Montélimar
14-déc-08

samedi 20 décembre 2008

Everth Provoste harcelé par la police

Un compagnon chilien, qui tient le blog Pluma Rojinegra, est poursuivi par la police. Cela ressemble très fortement à un harcèlement politique, d'autant plus que les carabiniers chiliens n'ont visiblement rien à lui reprocher. Peut-être ses idées politiques ?... Cela est presque sûr !

Traduction faite pas mes soins...


Il y a environ un an, j'ai été suivi à mon domicile et escorté par une patrouille des « ratis » (PDI). Ensuite, ils surveillèrent la maison sporadiquement pendant deux ou trois jours, jusqu'à un samedi matin, les « ratis » prirent d'assaut ma maison avec un mandat de perquisition. Mais avec un mandat de perquisition qui justifiait la recherche d'un homme que je ne connaissais pas et qui n'avait jamais vécu dans cette maison !

Des mois plus tard, mon e-mail et celui de mon ex-conjointe sont devenus inutilisables a la suite d'une stratégie de sabotage électronique.

Mais le harcèlement ne s'est pas arrêté là: mon téléphone cellulaire a été contrôlé !

Je n'avais pas pensé écrire quelque chose comme un communiqué, mais il se trouve qu'avant-hier, samedi 13 décembre 2008, dans l'après-midi, une patrouille des « gendarmes » - carabiniers du Chili - est allée à la maison de ma mère et mes frères pour m'intimider ainsi que ma famille, sous le prétexte d'une violation, de ma part, inexistante de leur législation de merde: ils ont dit que, si je n'allais pas leur parler - les pacos - ils allaient me mettre derrière les barreaux ... Question: si les pacos ou les ratis veulent emprisonner quelqu'un, ils vous avertissent ? Non, jamais. Il s'agit juste d'un harcèlement; mais maintenant, ils harcèlent ma famille...

Cons de fascistes! Croient-ils peut-être qu'en intimidant ma famille je cesserai d'être acrate ou que je les craindrai ? Pensent-ils que je cesserai d'écrire pour l'insurrectionnalisme anarchiste, juste du fait qu'ils me harcèlent ? Mes principes et mes connaissances sont encore plus renforcés! Qu'ils prient leur Dieu inspirateur de prêtres pédophiles afin que l'une de ces bombes des groupes insurrectionnalistes n'éclate pas sur le groin puant de la bestialité et de la pourriture capitaliste !

Je suis là, à les attendre. Que font-ils à ne pas me mettre derrière les barreaux?

Aujourd'hui, le 15 décembre 2008, une patrouille des pacos est allés me chercher jusque sur mon lieu de travail... Camarades, apparemment, mon arrestation est imminente...

Frères et sœurs: ne nous laissons pas intimider par aucun fasciste!

Alexandro Grigoropulos vit encore dans mon coeur, il vit toujours dans nos cœurs libertaires!

Pour le communisme anarchiste: Insurrection!

Everth Provoste.

ejpprovoste@gmail.com
Blog
Téléphone: 84636441.

Santiago du Chili, le 14 déc 2008

*** *** *** *** *** ***


Salut, eh bien, pour l'instant je vais bien, mais le harcèlement se poursuit. Tout d'abord, les ratis (PDI) ont appelé par téléphone (dans la matinée) à l'entreprise pour laquelle je travaille (une agence de l'emploi) en disant qu'ils avaient besoin de me trouver pour me livrer une citation à comparaître au tribunal. Ensuite, les pacos sont venus jusqu'à l'entreprise (à midi) demandant où je travaillais pour qu'ils me remettent immédiatement une convocation pour le tribunal. Ensuite, l'après-midi, un groupe de pacos en civil m'a arrêté sur mon lieu de travail (pacifiquement), et ils m'ont demandé mes informations personnelles et l'adresse de mon domicile, pour ensuite me relâcher et me laisser travailler; et je leur ai demandé de quoi il s'agissait, la raison pour laquelle ils me cherchent, ce à quoi ils ont répondu qu'ils ne savaient rien qu'on le leur a seulement demandé. Ils ne m'ont fourni aucune convocation au tribunal; tout cela était un mensonge pour obtenir l'adresse de mon domicile. Cela s'est passé avant-hier, lundi 15 décembre 2008.

Hier, à nouveau, selon le prétexte de me fournir une convocation au tribunal [NdT: encore une !], ce à environ 19 heures, une patrouille de pacos est venue jusqu'à ma maison, mais je n'y étais pas. Mes voisins leur ont demandé de quoi il s'agissait, et ils ont répondu que je devais aller à un ministère public pour payer une amende. Mensonge ! Une amende de quoi, je ne sais même pas conduire, je n'ai même jamais bu d'alcool dans la rue, je n'ai jamais été arrêté pour troubles dans une manifestation !... Je n'ai aucun antécédent...

Après ce qui s'est passé avant-hier lundi et hier mardi, je peux certifier que tout cela est un harcèlement, car s'ils voulaient me mettre derrière les barreaux, ils l'auraient déjà fait.

Peut-être est-il question d'une chasse aux sorcières et ils sont à la recherche de quelqu'un pour l'inculper de quelque chose...

Je tiens à remercier tout le soutien reçu et les soucis éprouvé par les quelques frères et sœurs des différents groupes et latitudes. Je me réfère à diverses personnes comme Vivi, Philip A., 1mentelibre, Tom (France), etc., à des groupes comme le CRA (Chili), la CNT-AIT (France), et le KCl (Mexique).

Merci à tous pour votre grand soutien. Je me sens plus vivant que jamais.

Everth Provoste.

Mercredi 17 décembre 2008.

mercredi 17 décembre 2008

CRÉATION DU LIEU LE PLUS DANGEREUX DE FRANCE

Dans le cadre du cycle les urbanismes combattants et en soutien aux incarcérés du 11 novembre



CRÉATION DU LIEU LE PLUS DANGEREUX DE FRANCE
OU « AUTOPORTRAIT COLLECTIF EN ULTRAGAUCHANARCHOÔTONOME »
technique mixte / cadavre exquis.


JEUDI 18 DÉCEMBRE 2008, 19H00. 18 RUE SAINTE-CROIX DES PELLETIERS À ROUEN


AIDEZ-NOUS. APPORTEZ
un livre, un outil, des horaires, un équipement de sport et une mauvaise intention.




Le surréalisme c'est
« la rencontre fortuite sur une table de dissection d'une machine à coudre et d'un parapluie » et voilà que l'état, penché sur la table de dissection médiatique, devient soudain poète. Par la collection d'objets, ici appelés « pièces à conviction », leur rapprochement, une histoire, un sujet, un groupe, un ennemi se créent. Ainsi, désormais nous le savons, pour qu'il y ait menace ou terroriste, il faut : un livre (ici, l'insurrection qui vient), un outil (ici, une pince monseigneur), un document renseignant sur le fonctionnement d'un réseau (ici, des horaires sncf), un équipement permettant de modifier son rapport à l'espace physique (ici, un matériel d'escalade).

Ces objets sont des noeuds, les pointes d'un tableau de fil tendu dessinant le portrait chinois d'individus en terroristes. L'important devient alors de tendre le fil, de raconter, entre les clous, un scénario plausible de menace nationale dans lequel chacun de ces objets aurait sa place : en somme, une mauvaise intention. Alors, l'arsenal légal de la lutte anti terroriste peut s'appliquer. Il est aujourd'hui convenu de dire au sujet du traitement des incarcérés du 11 novembre : « demain ce pourrait être nous », juste mais pas tout à fait, insuffisant en tout cas. À l'heure ou la gestion complète d'un territoire semble devenir celle d'un immense aéroport (papiers, caméras de surveillance, borne biométrique, et maintenant liste d'objets interdits à bord). Jeudi 18 décembre c'est déjà nous !
Réalisation d'un poème surréaliste de combat :

Venez déposer sur le tapis roulant symbolique de notre territoire :

- un livre (dont vous aurez au préalable relevé quelques passages susceptible de porter atteinte aux pouvoirs),
- un outil,
- des horaires ou tout document renseignant sur le fonctionnement d'un réseau (sncf, routier, informatique...),
- un équipement de sport ou autre permettant de modifier votre rapport à l'espace physique ou d'atteindre un endroit normalement inaccessible,
- et une mauvaise intention reliant le tout en scénario.

(ces objets doivent être en vente libre et autorisés sur la voie publique)



L'ensemble des objets apportés seront scannés et viendront nourrir une bibliothèque numérique de combat ainsi qu'un film. Vous pourrez, si vous le désirez, récupérer vos objets dès la fin de la soirée. D'autres documents et vidéos seront aussi visibles à cette occasion (vidéo « quel est votre ennemi », smala bibliothèque de combat ...)

Exposition/intervention accessible dès l'age de 12 ans.

Vous pouvez imprimer et diffuser ce texte, en téléchargement ici :

http://www.echelleinconnue.net/invitation_18_decembre_2008.pdf


Texte lu aussi sur le blog de la CNT-AIT de Rouen : http://cntaitrouen.blogspot.com/2008/12/cration-du-lieu-le-plus-dangereux-de.html

mardi 9 décembre 2008

Manipulator contre les vilains anars-totos

Si vous êtes passés à côté de l'info, c'est que vous êtes un peu bouchés... Bon, je ne m'attarde pas, je passe !


Pour ma part, je prends un peu de recul avec cette affaire qui a secoué et alarmé les militants et sympathisants politique de la prétendue mouvance anarcho-autonome et ultra-gauche, cette objet fantasmagorique fabriqué par le pouvoir, cette nouvelle espèce d'exutoire qu'on agite au gré des circonstances. Avec la crise qui se renforce, l'Etat semble avoir besoin de nourrir sa paranoïa en se créant un ennemi intérieur, comme elle a, dans son panier à provisions, les "immigrés clandestins", les intégristes islamistes, etc. Cette paranoïa de circonstance revient une fois de plus plonger la démocratie capitaliste dans la hantise sécuritaire, au moment où les affaires se gâtent sur le plan économique, social... et politique, étant donnée la présente réaction du pouvoir face à des événements, des "affaires" qu'il monte en épingle. Il espère se protéger du "mal" qu'il pointe du doigt et créer une sorte d'union sacrée (réussie, d'ailleurs, puisque les nouveaux anticapitalistes sautent à pieds joints dans la mare boueuse) contre les pseudo-terroristes qu'il accuse.

Ainsi, avec un empressement qui défie toute concurrence, à peine qualifiable, comme si elle courait pour trouver les meilleures affaires dans les soldes des idées reçues, préconçues, prémâchées... Comme si, donc, Manipulator Anti-autonomum-anarkismum Manipulatorissimus (couramment appelé MAM parce qu'avec un nom si long, on ne retient pas bien) s'empresse de jeter l'opprobre, à grands renforts de papiers journaux, de baveurs radio et de jocondes du p'tit écran, sur les prétendus anarcho-autonomes, les insultant toujours avec insistance de terroristes. Comme dans les vieilles dictatures populistes aujourd'hui presque disparues ou en pleine nécrose, le gouvernement utilise la peur comme une arme, l'instrumentalise pour ranger la population dans le moule qu'il fabrique de jour en jour depuis qu'il est au pouvoir. La peur du vilain anarchiste, la peur du terroriste... Troublants ces mots utilisés dans ce contexte, alors que dans les attentats de Bombay, les terroristes ne sont pas même qualifiés ainsi dans nos médias. Ces cris d'alarme du pouvoir, ces accusations arbitraires rappellent les heures sombres de la Troisième République, celle qui avait instauré les lois scélérates. Les politiciens paraissent bientôt prêts à mettre en vigueur le délit d'opinion.

Toujours est-il que notre cher Manipulator etc. prononce le jugement avant qu'il n'ait lieu et, de jour en jour, faute d'inspiration, le soufflet se met à vite redescendre. Avec le rude hiver qui s'est tôt installé, je crois que ça s'est accéléré.

La question n'est pas de dire s'ils sont coupables, ces prétendus terroristes. Je n'ai pas envie, non plus, de prouver leur innocence, au risque de tomber dans le jeu médiatico-politico-judiciaire. Mon avis - puisqu'il compte et que je le partage avec moi-même - se résume à cela : cette affaire est une manipulation pure et simple qui vise a stigmatiser une catégorie de personnes, dont les desseins sont de changer le monde en un autre, meilleur, où la solidarité, la liberté et la fraternité seraient les maîtres mots. Ces personnes sont devenus les nouveaux boucs émissaires. Après les vilains barbus islamistes, nous vous présentons les vilains toto-nanars-baba-cool-qui-font-pousser-des-bâtons-de-dynamite-dans-leurs-jardins !

Là où le bas blesse, c'est la collusion à peine dissimulée du facteur avec le pouvoir, qui a vite rejeté la faute à ces gauchistes désespérés qui ne comprennent rien à la lutte de classe et qui l'a répété à plusieurs reprises dans la presse nationale. Alors, son parti aura beau vanter son anti-capitalisme, cela n'en fera pas un parti révolutionnaire. Certains devaient s'attendre à un semblant de solidarité avec les personnes emprisonnées de la part du nouveau parti contre-révolutionnaire... Mais non ! Monsieur B. avait peur de nuire à l'image baba-cool-qui-fait-pousser-du-maïs-garanti-sans-ogéhèmeuh de son Nouveau Parti Anti-anarcho-autonome... euh Anti-capitaliste !

Ce qui se profile avec ses nouvelles arrestations (je sais, pas si nouvelles que ça, vue la date...), c'est la criminalisation des mouvements sociaux, de quelque sorte qu'ils soient. Et la Bande au Facteur y est inclus... pauvre de lui. Sarkozy et ses loubards ministériels s'apprêtent volontiers à une chasse aux sorcières digne de celle qu'ont vécu les Etats-Unis - moins la peine de mort, mais là encore, rien n'est garanti... Vouloir arracher nos vies des mains des charognards qui nous gouvernent et nous font bosser commes des zombies serait passible d'une excommunication psychique et physique de la part de nos chers démocrates de la droite extrême. Ils ont la prison, les asiles et TF1. En attendant mieux, nous avons notre force, notre volonté et nos tracts pour leur botter le cul !...

NB: Pour les personnes qui souhaiteraient s'informer de la situation des personnes incarcérées, voici un site qui fédère les soutiens (rouennais pour celui-là). N'hésitez pas à contacter les militants du Comité visible et de les soutenir financièrement. http://www.comite-visible.info/ Il existe un autre site, qui regroupe tous les comités de soutien: http://www.soutien11novembre.org/

A qui profite le Téléthon ?

Voici, en espagnol, une petite image concernant le Téléthon au Chili. Certaines ressemblances avec la situation partout ailleurs dans le monde n'est pas si fortuite qu'elle y paraît...




Et la traduction, ici:

"Grâce à toi, nous pouvons continuer à:
- Profiter de la vulnérabilité de toute catégorie de personne,
- Laver l'image d'entreprises qui ne respectent ni l'environnement, ni les droits des travailleurs, ni les normes minimales de qualité, pour gagner plus,
- Obtenir des revenus maintes fois plus élevées que les prévisions annuelles grâce au consommateur captif et trompé par la télévision,
- Confondre la force, la solidarité honnête des personnes avec le négoce d'une bande d'exploiteurs sans vergogne,
- Promouvoir la figure d'un animateur millionnaire et pinochettiste qui présentait des concours pendant qu'au Chili, on torturait et assasinait des personnes.
Que ceux qui nous volent nos vies, que les patrons donnent tout l'argent !"


Crise ou pas, les milliards tombent toujours dans la poche des exploiteurs

Vous croyiez que la crise avait disparu ? Et bien non ! Elle est à nouveau d’actualité et s’immisce dans les conversations.

Par le biais de leurs multiples appareils idéologiques d’Etat (les médias, les syndicats réformistes…), les politiciens la définissent comme étant la résultante d’une folie sans borne et d’une immoralité des boursicoteurs qui seraient les seuls fautifs.

Mais ce n’est là que pure jactance et mensonge. En effet, les politiciens sont peu diserts sur leur responsabilité et implication ; ils ont tous largement contribué à une dérégulation méthodique pour les besoins du marché. Il n’était plus question de l’économie administrée au nom de l’économie concurrentielle. Tout en désignant les spéculateurs à la vindicte des couches populaires, les politiciens les sauvent de la banqueroute. Le comble du cynisme est que tout ce beau monde profite de la situation pour se refaire une virginité, en avançant l’idée vague d’une jurisprudence universelle : "le Bretton Woods bancaire".

L’histoire du capitalisme n’est qu’une succession de crises cycliques, courtes ou longues, plus ou moins dispendieuses, qui débouchent soit sur la récession ou la dépression, dégénérant même en des conflits armés ; elles sont, d’ailleurs, un mal intrinsèque du capitalisme qui est parvenu à s’adapter et à muter pour l’instant.

Le capitalisme repose sur la logique de la recherche exponentielle du taux de profit, qu’il soit d’ordre réel par l’extraction de la plus-value ou d’ordre purement spéculatif (sur la valeur des actions et de leur rendement) et peu importe si cela amène misère, famine, pollution… La période supposée des trente glorieuses n’aura donc pas fait exception à l’histoire du capitalisme, puisqu’elle contenait les germes de ces contradictions qui allaient aboutir à la crise actuelle : l’usage massif du crédit (affectant les Etats, les banques, les particuliers), la saturation des marchés (engendrant le non écoulement de la production) et le saccage écologique. Aujourd’hui, face à une quasi faillite générale du système, on nous ressort les vieilles recettes : faire fonctionner la planche à billet, recourir davantage au crédit, accroître l’action de l’Etat, etc. Mais qui peut dire que la médication keynésienne a encore un avenir ?

Ce qui se passe n’est donc pas très étonnant et les couches populaires paient encore un peu plus la facture, tandis que les responsables continuent à jouir des bénéfices que leur procure le système capitaliste. Quoi qu’il en soit, la stagnation, le rognage des salaires (directs et indirects) et l’inflation vont encore être le lot de cette nouvelle cure d’austérité visant à perpétuer les privilèges.

Alors que faut-il faire ? Continuer à se chloroformer devant la télévision ou dans d’autres gadgets… Loin de nous, anarchosyndicalistes, l’idée de succomber à la pacification (comprenez l’apathie généralisée où le règne de "la paix-armée" de l’Etat post-totalitaire) et à la petite morale compassionnelle.

Seule, la lutte paye ! En effet, l'auto-organisation permet à chacun d'intervenir dans des comités de lutte et les assemblées générales, là où peut s'établir une authentique liaison entre les exploités, afin de dépasser le corporatisme en posant des revendications unifiantes. L'auto-organisation est le premier pas de notre "autonomie" vis-à-vis de ceux qui concourent à notre oppression.

Encore faudrait-il, quand une tentative d’auto-organisation se met en place, qu’elle ne soit pas paralysée de l’intérieur par de faux débats, voire une bureaucratisation larvée ; les prises de décisions et leurs applications, elles se prennent et se vérifient sans aucune exception, à la base, dans les assemblées générales ; la démocratie-directe, afin qu’elle ne s’intoxique dans le pseudo-démocratisme, n’implique que les partisans de la lutte et ceux-ci doivent écarter ses adversaires. Que chacun se positionne donc !

C’est de zéro que l’on repart ! Recommencer… Anarchosyndicalistes, nous ne nous leurrons pas sur cette situation du moment et ses difficultés. La lutte ne peut être fructueuse que si elle est capable d'engendrer un mouvement de masse extrêmement diffus et tenace, agissant sur l’ensemble du territoire en déconcentrant ses actions pour les démultiplier, dans l'optique d'une grève généralisée, avec des poussées spontanées (débrayages et grèves improvisés, manifestations sauvages…) faisant tâche d’huile.

L’heure n’est plus à la résignation : les habituelles balades dans le centre ville, accompagnées du "chant des sirènes", afin d’obtenir des négociations truquées d’avance, ne produiront que davantage de lassitude et de frustration.

Ils nous veulent apathiques et soumis.
Soyons offensifs : résistance populaire autonome !

Caen, novembre 2008

CNT-AIT
Association Internationale des Travailleurs
BP 2010
14089 Caen Cedex
cnt.ait.caen@free.fr
http://cnt.ait.caen.free.fr

dimanche 7 décembre 2008

La liberté de la presse sous pression

Si je suis concerné ? Bien sûr ! La liberté d'information, la liberté d'expression... Mais la liberté au sens large me concerne. Aujourd'hui, des journalistes sont poursuivis en justice, certains emprisonnés pour avoir osé, parfois, dire la vérité. Aujourd'hui, nous avons un gouvernement qui piétine allègrement les droits de tous, les libertés de chacun. Aujourd'hui, il s'attaque à la presse, demain il s'attaquera à ceux qui la lisent...

Habitué à une presse trop conciliante, qui se met au garde à vous lorsque ça ne tourne pas rond, le pouvoir n'admet plus qu'on le contredit. Une presse aux ordres, c'est ce qu'il désire le plus ardemment du monde. Une presse dans les ordres - pourquoi pas ? - pour nous faire passer, par exemple, les lois de notre Opus Deissime Darcos.

L'arrestation du journaliste de Libé, Vittorio de Philippis, n'est en rien étonnante. Il a suffi simplement que ce soit une des grandes figures de la hiérarchie de l'ex-canard maoïste pour que le scandale éclate. Avant, cela paraissait banal de voir un simple péquenaud de journaliste d'une minable petite parution locale sous les toits de l'Intérieur ou dans les chambres d'hôtes de la Justice. Il a fallu attendre d'avoir un gros poisson pour que les politicards et les scribouillards de la presse nationale hurlent à l'infâmie. Bien entendu, cela ne justifie pas qu'on n'ait pas à s'offusquer d'une telle insolence policière.

Là où réside le problème, c'est que le pouvoir s'est trop habitué à une presse bénie oui-oui. Et, comprenons-le, c'est intolérable que les brebis deviennent enragées... Si la presse ne s'était pas emmêlée les pinceaux dans les jeux de pouvoirs, si elle avait pris ses distances pour garder sa propre vision et non celle des patrons, elle n'en serait pas arrivée où elle se trouve, à lécher les bottes des politicards.

Une presse crédible, c'est une presse qui n'a pas peur de s'engager au risque de déplaire au pouvoir. Hélas, elle lui a trop plu ou complu. Si vous voulez mon avis, cette presse crédible dont je vous parle, elle n'est pas française.

jeudi 27 novembre 2008

La guéguerre des mammouths

Le socialiste est une espèce en voie d'extinction. Un tremblement de terre secoue le parti social-démocrate et les mammouths - non pas les éléphants - vont écraser les prix du plus crétin au fond d'un ravin. Certains vont s'apeurer: "Oh non ! Ça va faire le jeu du nabot !" Mais à qui va profiter, vraiment, cette dislocation du Parti soc-dem français ?

Honnêtement, je ne crois absolument pas que le mouvement anarchiste verra arriver en son sein des anciens militants ou sympathisants du PS. Ou alors, il faudrait avoir sacrément picolé ou une bonne dose d'humour... noir.

Face à la dislocation de ce parti (d') opportuniste, on ne peut que se réjouir de voir ces andouilles emberlificotés dans leurs magnanimes contradictions. Le PS est en train de déborder sur sa gauche comme sur sa droite. La France n'aura jamais connu une gauche aussi faible et divisée. Une gauche qui s'est tôt coupée de ses racines révolutionnaires et investie dans une quête réformiste à ne plus rien y comprendre.

Dans ce contexte de crise globale, notamment politique, il est important de clarifier nos positions et, surtout, de rompre avec le gauchisme traditionnel. La création d'un nouveau parti qui se dit anticapitaliste ne changera pas la donne, soyez-en certains. Il s'agit d'un moyen de rendre visible une certaine partie de la population - celle qui se dit "orpheline" d'un véritable parti de gauche -aux autorités. Le NPA, que ses motivations soient sincères ou non, est entré dans un jeu de pouvoir. Et un jeu qu'il ne gagnera jamais car, si "Bob the postman" est populaire dans certains milieux, il ne fait pas l'unanimité dans la population française et l'extrême gauche non-officielle ne sera pas plus portée à glisser son nom dans une urne. Idem pour la "successeuse" de l'Arlette !

Un petit rouleau compresseur pourrait bien aplanir tout cela, pour que le pouvoir reprenne un peu de crédibilité. En tout cas, il ne viendra pas des anarchistes qui n'ont que faire de ce pouvoir. Ce rouleau compresseur s'appelle Sarkozy.

dimanche 2 novembre 2008

Les Saigneurs

Une brève introduction avant de vous livrer, brut de décoffrage, ce poème ou chanson (comme vous voulez...) que m'a inspiré une cérémonie patriotique. Autant vous prévenir, je n'y ai guère réfléchi, en fait, je l'ai écrit presque d'un seul jet. Alors, il mérite sans doute que je travaille de nouveau dessus.

Les Saigneurs

S'imaginer partir et la fleur au fusil;
S'imaginer mourir, sacrifier sa vie;
S'imaginer donner son corps à la patrie;
S'imaginer livré, exposé au péril...
C'est trop pour moi.

Il n'existe aucun dieu, aucune religion
Qui ne fera fléchir l'humain qui brûle en moi;
Monde cruel, dit-on ! Cruel pour qui y voit
Méchanceté, irréversible négation.

Je ne vois ni patries ni infimes passions
Pour lesquelles j'irai offrir ma chair, mon sang;
Je ne sais guère plus quels hommes de haut rang
Mériteraient que je meure pour leur nation.

La bataille n'est point si cruelle, mes frères,
Elle est bête et idiote, ainsi que ses motifs.
Aux douleurs des seigneurs, je ne suis émotif,
Mais où trouver l'honneur de servir militaire ?

L'armée des révoltés ne doit jamais céder
Aux forces patriotes, soldats de la mort;
Insoumis déserteur, enfin tu nous fais forts
De ton courage et ton combat à nos côtés.

La guerre est notre peine, la douleur du peuple;
Sa souffrance ordinaire ne leur suffit pas.
Si les rois s'entretuent, qui ça concernera?
On s'accommodera de cet ultime exemple.

S'imaginer mourir et la fleur au fusil;
S'imaginer partir sacrifier sa vie;
S'imaginer livrer son cœur à la patrie;
S'imaginer donner son âme à ses vampires...
C'est trop pour moi.

mercredi 29 octobre 2008

T'as qu'à pas mourir !

Aujourd'hui, passer l'arme à gauche devient une vraie galère financière... pour les morts et pour ceux qui restent ! L'association UFC-Que Choisir dénonce le scandaleux marché des pompes funèbres, qui profitent de la vulnérabilité de certaines familles pour piocher sérieusement dans leurs porte-monnaies ! Et le plus scandaleux, c'est quand il s'agit de familles qui n'ont pas les moyens de réaliser des funérailles dignes de ce nom. Ce genre d'actions commerciales risquent de voir ré-apparaître les fosses communes, même si elles n'ont pas totalement disparu. En résumé, nous ne sommes pas égaux devant les cercueils. Le prolo aura eu sa vie misérable, sa mort misérable, ses funérailles misérables !

Sources: http://www.lepoint.fr/actualites/mourir-coute-trop-cher-en-france-selon-ufc-que-choisir/1037/0/286506

Un spéculateur se défenestre du huitième étage

Il n'est pas drôle de se moquer des gens qui meurent. Cela ne l'est pas forcément plus de ceux qui se suicident. Se moquer de leur désespoir n'est pas un sujet de plaisanterie. A la limite, même si je n'en rigolerai pas, la mort du sexagénaire hong-kongais, qui s'est étalé comme une crêpe après avoir dévalé huit étages, suscite à peine mon indifférence.

Comparée aux morts que ses spéculations boursières ont dû causer (oui! la spéculation boursière tue des milliers de gens à travers le monde), la sienne ne nous émeut guère. Il s'est ruiné à jouer avec des milliers, des millions de dollars ou de yen ? Mais alors: qu'est-ce par rapport à ceux qui n'ont pas et n'auront jamais l'occasion de placer de l'argent sur un compte bancaire ?

La société du fric se tue pour son dieu vénérable, qu'il s'appelle dollar, yen, euro, livre, dinar... La société du fric, c'est la mort. Sans elle, notre vie serait libérée d'un fardeau. A nous de casser l'amphore !

Sources: http://www.liberation.fr/economie/0101165570-quand-les-bourses-chutent-des-hommes-se-suicident?xtor=EPR-450206

vendredi 24 octobre 2008

Les Français croient toujours au capitalisme... Lesquels ?

Plus de six Français sur dix pensent que le capitalisme est le système le moins mauvais et qu'il faut l'améliorer, selon un sondage TNS-Sofres à paraître vendredi dans La Croix. D'après cette enquête réalisée les 21 et 22 octobre auprès de 980 personnes, 61% des sondés pensent que l'économie de marché est "le système le moins mauvais" et 65% estiment "qu'il faut l'améliorer". Ils sont 29% à penser que c'est "un très mauvais système" et 16% "qu'il faut en changer". Les trois-quarts des Français (76%) ont le sentiment que l'économie sera d'ici une dizaine d'années plus réglementée qu'elle ne l'est aujourd'hui. Ils n'étaient que 51% à le penser en mai.

Où ces sondeurs ont-il effectué leur travail ? A Neuilly ?

Le capitalisme, c'est la crise...

Bon, voici un lien vers un texte qui ne nous apprend pas grand chose, mais qui a le mérite d'être synthétique. http://www.chez.com/patut/2008/criseCapitalisme.html

Et si vous voulez jetez un coup d'œil plus long sur le site dont ce texte est issu, voilà le résultat: http://exclus.en-action.org/

Des news pas très joyeuses, par ailleurs, avec Renault et Peugeot qui décident de fermer plusieurs sites (Sandouville, Cléon...) pendant une à deux semaines, pour pallier l'écart entre produits vendus et journées de salaires payées aux salariés... On aura tout vu dans ce pays ! Voir sur le site de l'AFP (1): http://afp.google.com/article/ALeqM5j3FLGLxmgruxtIABR8S2WPDNLIGg

Et un p'tit dernier pour la route, l'histoire d'un Catalan (que je vous déconseille de suivre si vous ne souhaitez pas partir en cavale comme lui) qui a tiré 492 mille euros à des banques sans jamais les rembourser... Voici la première phrase de son témoignage: "J'écris ces pages pour rendre public que j'ai exproprié 492.000 euros à 39 organismes bancaires à travers 68 opérations de crédit. En incluant les intérêts de retard, le chiffre actuel de la dette est de plus de 500.000 euros que je ne compte pas restituer." http://www.17-s.info/fr/jai-vole-492000-euros-ceux-qui-nous-volent-le-plus-pour-les-denoncer-et-construire-des-alternatives-

(1) Voilà pourquoi je n'ai pas reproduit le texte: "Copyright © 2008 AFP. Tous droits de reproduction et de représentations réservés. Toutes les informations, textes, photos, graphiques reproduites sur ce site ainsi que le logo de l'AFP sont protégés par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'Agence France-Presse. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP." J'espère qu'il n'y a pas de copyright sur le copyright...

vendredi 10 octobre 2008

Faut-il détruire le capitalisme ?

Sans conteste, la réponse est: "oui !"

J'étais déjà convaincu que ce système était incompatible avec ce que je pensais de la vraie justice sociale. Depuis mercredi, ma conviction s'est encore affirmée, comme si, du haut de mes trente ans, je venais de découvrir ce qu'il se passe.

Mon histoire est simple : j'étais face à ma télé réglée sur la troisième chaîne. J'hésitais entre une émission merdeuse sur la sixième (qui devait traiter du pouvoir d'achat des millionnaires -comme d'hab' quoi !) et cette émission sur la chaîne publique sus-mentionnée, Pièces à conviction, présentée par Elise Lucet (http://programmes.france3.fr/pieces-a-conviction/46636965-fr.php). En fait, mon choix fut le bon, car voulant comprendre les mécanismes de la crise actuelle, j'ai appris de nombreuses choses sur les magouilles des géants de la distribution, sur les spéculations sur les matières premières et... sur la moralité de ces pourritures de capitalistes.

J'ai du mal à expliquer pourquoi je réagis ainsi, en fait, comme si je débarquais sur Terre. Ce que je sais, c'est que nous avons raison de nous battre et de vouloir détruire le capitalisme. Le capitalisme n'a ni morale ni éthique. Ce qui compte pour le capitaliste, c'est le fric, le pouvoir. Que les prolos se tuent au travail, crèvent de faim, paient les inconséquences de ces ordures parce que l'Etat a décidé de venir au secours de l'économie, etc., les capitalistes s'en fichent ! Ils n'ont pas de morale, pas d'éthique ! S'ils s'offusquent des misères dans le monde, ils mentent avec leurs sentiments réels. Pour une poignée de billets, de bouts de papiers, ils laisseraient crever la terre entière. C'est ce que j'ai vu dans ma lucarne. Et c'est sans doute elle qui a dû m'étonner !

Ne nous laissons pas tuer par le système, tuons le système !

NB: Juste un petit lien pour vous inciter à la réflexion si cela n'est pas encore fait... http://www.forget-me.net/Thoreau/desobeissance-fr.pdf

mardi 30 septembre 2008

Palin pas maline


Les journaux américain, tout comme les français, sont devenus friands de petites anecdotes concernant la colistière de McCain à la présidence des Etats-Unis. Le Monde,ainsi que d'autres périodiques hexagonaux, rapporte les propos qu'un professeur aurait dévoilé au L.A. Times selon lesquels la politicienne, alors maire d'une ville d'Alaska en 1997, croyait que les dinosaures et les hommes auraient cohabité.


Les délires créationnistes de la républicaine pourraient susciter le rire. Seulement, le problème est qu'elle vise des postes à haute responsabilité dans le système politique de la plus grande puissance mondiale. Et que cette même puissance mondiale se complait à déclarer la guerre à qui lui chatouille les orteilles. Le plus ahurrissant est que ses paroles ont un écho favorable dans l'opinion publique américaine, très influencée, dans certaines régions où les mouvements réactionnaires pullulent, par le créationnisme et un anti-darwinisme vigoureux.


Mais plutôt que de se faire peur, rions encore un peu... Il paraîtrait que Jésus aurait fait crucifier son frère jumeau (caché) et simulé la résurrection ! Et selon certains vilains rapporteurs et mauvaises langues, Jésus (et son frère, du coup !) seraient des bébés éprouvettes. Comme quoi, Dieu était très en avance en matière scientifique !

vendredi 26 septembre 2008

Le triste spectacle du syndicalisme réformiste

Quelle est véritablement la stratégie de la CGT ? Jeudi 25, l'union départementale de Seine-Maritime avait lancé un mot d'ordre de grève censé mobiliser les secteurs interprofessionnels autant dans le public que dans le privé. La base de ce mouvement reposait sur des revendications salariales, liées au pouvoir d'achat, ainsi que sur l'emploi, étant donné la situation dans laquelle se trouvent le personnel de Renault, en France et à travers le monde. Sans compter les quelques entreprises et usines en situation économique précaire, qui menacent, à tout moment, de licencier, de délocaliser ou de fermer.

On ne peut pas nier que la CGT a vaguement réussi son coup, mais était-ce efficace ? Le mot d'ordre n'a pas empêché bon nombre de travailleurs à retourner au turbin. La plupart des personnes mobilisées étaient soit des gens syndiqués, soit des gens ayant au moins une certaine conscience politique. Le véritable pari, de fédérer des salariés n'entrant pas dans les deux catégories de personnes citées précédemment, n'a quant à lui pas pris.

Pourtant, les revendications semblaient pouvoir rassembler un grand nombre de personnes, étant donné que la question du pouvoir d'achat concerne tous les exploités, de même que celle de l'emploi et des services publics. Il semble que les dirigeants syndicaux manquent de clairvoyance et, surtout, d'un minimum d'imagination. Les travailleurs en grève voyaient-ils un quelconque intérêt à participer à des manifestations spectaculaires, dont l'efficacité reste à prouver ? Surtout, la CGT, même si les salariés non syndiqués n'étaient pas foule dans les manifestations, a effectué une belle manœuvre publicitaire en vue des élections prud'homales. De cette façon, elle fait la "preuve" de sa capacité à réagir aux attaques diverses du patronat et de l'Etat. Elle fait la "preuve" qu'elle est digne de confiance parce qu'elle prétend défendre les travailleurs. Au prix de combien de trahisons ? Car - faut-il le rappeler - l'appel à la grève (de vingt-quatre heures, précisons - c'est dire combien ils sont limités et combien ce mouvement est un vrai spectacle !) n'a pas fait l'unanimité au sein de l'UD de Seine-Maritime, où les pro-Thibaut, même légèrement minoritaires, restent influents.

mercredi 24 septembre 2008

Moraliser le capitalisme ?

Nicolas Sarkozy applaudi par l'assemblée des Nations Unies après ses propos, stipulant la nécessité de « moraliser le capitalisme »: voilà qui laisse songeur. Au lieu de se couvrir de ridicule (certains cachent sans doute leur jeu...), le super-président de la Ripoux-blique s'en est sorti avec un pied de nez. On aurait cru Bozo le clown calculant savamment 3+5=35. Comme si le capitalisme pouvait être moralisable! Comme si l'on pouvait faire d'un loup un chien!

Ce qui pourrait d'autant plus faire rire le public de notre clown savant, c'est que sa volonté de trouver et de châtier les responsables de la crise économique n'est qu'une pure - et, évidemment, habituelle - démagogie. Ou alors, s'il veut les trouver, c'est sans doute dans l'objectif de leur décerner la palme des hyènes les plus distinguées!

Nico Ier fait preuve d'un monstrueux amateurisme. Si les crises du capitalisme sont la faute d'un responsable, il est tout trouvé: c'est le capitalisme lui-même et ceux qui le gouvernent. Alors Nic'! Prêt à subir un auto-lynchage?

Alors, parler de moralisation du capitalisme, c'est comme demander à un alcoolique de boire du panaché. Le capitalisme n'est pas moralisable, dois-je le répéter une énième fois, pour la simple raison que le système n'a que faire de la bonne conscience soudaine et, pour être franc, suspicieuse d'une certaine élite, comme si Total organisait un deuxième Grenelle de l'environnement. Le capitalisme ne fonctionne pas à coups de slogans métaphysiques près à rendre meilleure son essence (au sens philosophique du terme) sans toucher à la base de l'édifice. Que faire d'une morale qui briserait l'élan libéral dans lequel se sont lancés les Etats du monde ? Comment les gros propriétaires, comment les actionnaires, comment les traders fous... pourraient-ils faire des profits avec une morale ? Comment pourraient-il faire si cette morale leur interdisait de faire travailler à coups de lance-pierres les gosses des pays pauvres ? Comment les chefs d'Etat occidentaux pourraient-ils vendre leurs camelotes (porte-avions, missiles, avions et armes en tout genre) aux dictatures du monde entier ? Comment, comment, comment ?

Les voilà les responsables. Les voilà leurs forfaits, leurs crimes... Impossible de faire dans l'exhaustivité, il faudrait plus d'un blog. Si le capitalisme était moralisable, ce ne serait pas le capitalisme !

mardi 2 septembre 2008

Régis soldat

video

Voilà une vidéo qu'un copain (peut-être se reconnaîtra-t-il ?) m'avait envoyé ! Moi, ça m'fait rire. Pas vous ?...

samedi 16 août 2008

Non à la nouvelle guerre du Caucase !

L’éruption des actions militaires en Géorgie et en Ossétie du Sud menacent de se transformer en une guerre à grande échelle entre la Géorgie soutenue par le bloc de l’OTAN, d’une part, et l’état Russe, d’autre part. Des milliers de personnes ont déjà été tuées et blessées - principalement, des habitants pacifiques ; des villes et des villages entiers ont été anéantis. La société a été submergée par un flot boueux d’hystérie nationaliste et chauvine.

Comme toujours et partout dans les conflits entre les Etats, il n’y a pas et ne peut pas y avoir de justes dans cette nouvelle guerre du Caucase, il n’y a que des coupables. Pendant des années ils ont attisé les charbons qui se sont maintenant embrasés dans un feu militaire. Le régime de Saakashvili en Géorgie maintient deux tiers de la population dans un état de pauvreté. Plus s’accroît le mécontentement interne dans son pays, plus s’accroît son désir de trouver une issue à cette impasse, pour faire oublier son bilan, sous forme d’une "petits guerre victorieuse".

Les gouverneurs de la Russie quant à eux sont remplis de la détermination de maintenir leur hégémonie sur le Caucase. Ils voudraient aujourd’hui prendre la pose de défenseur des faibles, mais leur hypocrisie est très claire : en fait, Saakashvili ne fait que répéter ce que la soldatesque Poutiniste a fait, il y a 9 ans, en Tchétchénie. Les cercles dirigeants d’Ossetie comme d’Abkhazie aspirent à renforcer leur rôle exclusif d’alliés de la Russie dans la région, et en même temps à rallier la population appauvrie autour de concepts déjà éprouvés dans ce genre de situation, tels que "le sentiment national" ou encore "la défense du peuple".

Les dirigeants des États-Unis, des Etats européens et l’OTAN, au contraire, veulent affaiblir autant que possible l’influence des dominateurs Russe sur le Caucase, pour se garantir à eux-mêmes le contrôle sur les ressources en pétrole de la région et les moyens de leur livraison (gazoduc et oléoduc). Ainsi, nous sommes devenus les témoins et les victimes du prochain cycle de la lutte mondiale pour le pouvoir, le pétrole et le gaz.

Cette guerre n’apportera rien aux travailleurs - Géorgiens, Ossètes, Abkhasiens ou Russes - si ce n’est du sang et des larmes, des désastres incalculables et des privations. Nous exprimons notre profonde sympathie aux parents, proches et amis des victimes, aux personnes qui sont restées sans un toit au-dessus de la tête et sans moyens de subsistance par suite de cette guerre.

Nous ne devons pas tomber sous l’influence de la démagogie nationaliste qui exige de notre part l’unité avec" nos "gouverneurs battant pavillon de la « protection de la terre natale ». Le principal ennemi des gens simples ne sont pas leurs frère pauvres et dominés de l’autre côté de la frontière ou d’une autres nationalité. Leurs ennemis sont les patrons et les dirigeants de toutes sortes, présidents et ministres, hommes d’affaires et généraux, ceux qui génèrent les guerres pour multiplier leur puissance et leur richesse. Nous appelons les travailleurs en Russie, en Ossetie, en Abkhazie et en Géorgie à rejeter un le piège du nationalisme et du patriotisme et à retourner leur colère contre les riche et les dirigeants des deux côtés de la frontière.

Aux soldats russes, géorgiens, abkhazes et ossètes ! N’obéissez pas aux ordres de vos commandants, tournez vos armes contre ceux qui vous envoient faire la guerre ! Ne tirez pas sur les soldats "adverses" - fraternisez avec eux, la baïonnette plantée dans le sol !

Travailleurs de l’arrière ! Sabotez les efforts militaires, organisez des réunions et des manifestations contre la guerre, organisez vous par vous-mêmes et déclenchez la grève contre la guerre !

Non à la guerre et à ses organisateurs - les dirigeants et les riches ! Oui à la solidarité des travailleurs par dessus les frontières et les lignes de front !

Fédération des travailleurs de l’éducation, des sciences et techniques de la section Russe de l’AIT

Ah, ça ira ! A propos des prétendus privilégiés

Tiré de l'Anarchosyndicalisme #107

Par un retournement sémantique dont seuls les experts en mensonge ont le secret, l'aristocratie médiatico-politico-économique, par la voix d'un de ses sbires, s'est mise à qualifier ceux qui lui résistent, comme les cheminots ou les postiers, de "privilégiés".

"Privilégiés" ? Depuis la Révolution française, ce terme dénonce le droit reconnu par l'Etat (le roi) à l'enrichissement de la classe dirigeante au dépend de la majorité de la population. Les premiers privilégiés étaient les nobles, suivis de près par le clergé (les curés). La noblesse se caractérisait par ses privilèges fiscaux (elle était exemptée de la “taille”, c’est-à-dire l’impôt direct aux profit du trésor royal), politiques (dans la plupart des cas, elle seule avait accès aux assemblées délibérantes provinciles), de carrières (dans l'armée notamment), honorifiques (elle entourait le roi à la Cour, elle avait la préséance sur la "populace") et judiciaires (elle était jugée par un tribunal spécifique : le parlement).

Le "bon peuple", le "Tiers état", c’est-à-dire nos arrières grands-parents, allaient bien souvent nu-pieds et le ventre creux. Ils avaient pour tout privilège celui de financer le train de vie fastueux du roi et de sa noblesse à Versailles, celui non moins fastueux des princes de l’église ainsi que les guerres et expéditions maritimes ruineuses sans oublier tout ce qui devait financer les caprices des reines, des maîtresses et autres catins qui pullulaient à la cour de Sa Majesté…

Aujourd'hui, comme avant 1789, le "privilège" de la plupart d'entre nous, cheminots ou pas, postiers ou pas, c'est de galérer tous les mois pour essayer de nous en sortir. Car, sous prétexte de réduire les "privilèges", le sarkozysme (qui ne supporte pas la liberté et pour qui la fraternité est un mot parfaitement inconnu) s'attaque de plein fouet à l'égalité. Sa cible, c’est avant tout les dépenses sociales (aides au plus pauvres, aux chômeurs, retraités…).

Pour justifier cette politique lamentable et ramasser des voix aux élections, les sarkozystes ont trouvé leur argument : faire appel à l'égoïsme et à la veulerie des classes moyennes en leur expliquant que couper les vivres aux pauvres permettrait de limiter leurs impôts à eux, les cadres, petits commerçants, petits patrons, professions libérales, fonctionnaires moyens, ouvriers supérieurs… eux qui sont supposés se "lever à 6 heures" et travailler "pour les autres". Les classes moyennes ont compris le message. Elles ont bien voté. Maintenant, elles sont Gros Jean comme devant. Car, si baisse massive des impôts il y a eu, cela n'a pas été pour elles (et encore moins pour les petits salariés, dont beaucoup, effectivement, se lèvent à 6 heures du matin ou plus tôt !). Comme quoi, l'égoïsme et la veulerie, ça rapporte pas forcément ! Seule une poignée d'individus a profité de la réforme des impôts : Parmi les 1000 contribuables qui ont déclaré les revenus les plus élevés de France pour 2006, "116 … ont réduit leur impôt … de près de 93 %. Chacun a obtenu une réduction d'impôt de plus d'un million d'euros. Parmi les 10 000 contribuables les plus riches en termes de revenu, 150 n'ont pas payé d'impôt ou ont obtenu une restitution du Trésor public alors que leur revenu fiscal de référence était en moyenne de l'ordre d'un million d'euros. Et parmi les 100 contribuables les plus riches en termes de revenu, plusieurs se sont vu rembourser, en moyenne, 230 euros alors que leur revenu fiscal de référence dépassait, en moyenne, les 11,9 millions." (Le Monde du 06.06.08).

Sans oublier que 4 658 gros contribuables français se sont domiciliés dans l’année dans des paradis fiscaux, emportant avec eux les 18 millions d’euros qu’ils auraient dû acquitter aux impots (Sud-Radio mai 08).

Les “menus plaisirs” de l’Elysée

Avec la même arrogance, le pouvoir politique augmente ses propres privilèges. Après une hausse astronomique du salaire du président lui-même, ce sont les "menus plaisirs"*1 de l'Elysée qui explosent : les dépenses y sont passées de 32,38 à 35,1 millions d'euros en un an. Les frais de personnels ont augmenté de 10,9 % (pendant qu'ils sont réduits partout dans la fonction publique), la "dotation" (argent de poche) du chef de l'état a fait une percée de 53 %. Les fastes de l'Elysée n'auront bientôt rien à envier à ceux de Versailles. Et, comme il se doit, notre souverain n'a pas oublié sa petite cour : pendant qu'il s'attaquait à l’indemnisatin du chômage du reste de la population, il a engraissé sans hésiter celle des députés. Nos soi-disant représentants seront désormais couverts sur la base de 5 400 euros bruts de manière dégressive pendant 5 ans au lieu de 6 mois antérieurement.

Enfin, les “potes” patrons, les sieurs du CAC 40, ne se sont pas oubliés non plus. Ils ont vu dans le même temps leurs salaires augmenter de plus de 58 % en moyenne. D'après l'Expansion, "Très exactement, le total des revenus cumulés [des patrons du CAC 40] était de 102 millions en 2006, il passe à 161 millions en 2007." Ainsi Pierre Verluca patron de Vallourec a vu ses revenus augmenter de plus 2 312 % (4 ans de SMIC par jour rien qu'avec ses revenus de PDG !). Gérard Mestrallet, baron-pdg de Suez, lui, est plus modeste puisque son salaire n'a augmenté que de plus de 364 % ! Quant au "pauvre" Martin Bouygues, il a du se contenter d'une augmentation de 69 % de son misé-rable salaire qui était en 2006 de 4,99 millions. Ce sont les plus-values sur les stock-options encaissées en 2007 qui ont permis aux grands patrons d'encaisser des sommes aussi considérables. Avec une augmentation de 351 % par rapport à 2006, les plus-values sur les stock-options ont atteint la somme totale de 66 millions d'euros en 2007. Remarquons que la plupart des dirigeants ont eu la "prudence" de liquider une partie de leurs stocks juste avant la chute des marchés, en août 2007. Comme s’ils étaient au courant par avance…

Tous ces petits messieurs et dames qui grouillent et besouillent dans le marais politico-économico-médiatique tirent leurs monstrueux revenus de notre exploitation et leur immense pouvoir de notre crédulité et notre soumission. Ils se font accorder, des privilèges fiscaux exorbitants. Ils disposent de privilèges politiques essentiels, comme celui de régenter l'accès à l'information et aux médias. Ils ont le privilège des carrières (c'est parmi eux, leurs enfants, parents ou alliés que se recrutent les technocrates de l'ENA et tous ceux qui iront ronger les gruyères de la "république"). A eux aussi les honneurs, les parties de bateau avec Sarko, les voyages officiels, les sunlights. Et pour couronner le tout, leur privilège judiciaire dépasse celui qu'avaient leurs homologues sous l'ancien régime. S'il y avait autrefois un tribunal spécifique pour juger leurs crimes, nos modernes aristocrates , quant à eux, sont carrément au-dessus des lois. Quoi qu'ils fassent (avec, de loin en loin, une exception pour que le bon peuple ne se réveille pas) ces modernes seigneurs ne passent la porte des tribunaux que pour y donner des ordres.

Patrons, politiciens, médiateux constituent la nouvelle classe des privilégiés, aussi nuisible que l'ancienne aristocratie, aussi puante qu’elle, aussi sûre de sa pérennité, aussi stupide que cette noblesse qui, même le 14 juillet 1789, ne pouvait croire possible qu'une révolution puisse renverser une monarchie solidement ancrée dans des siècles d'existence... Et pourtant !

Gracchus B.

*1- Les derniers rois de France avaient une administration spéciale pour leurs "menus" plaisirs. Par “menus”, il faut entendre frivoles certainement pas bon marché ! NDLR : Le “ça ira” était un des couplets les plus fameux de la Révolution française (“Ah ! Ça ira, ça ira, les aristocrates à la lanterne, à ça ira, ça ira, ça ira, les aristocrates on les pendra”

jeudi 7 août 2008

Le Taser planté dans la tête fait un trou de huit millimètres !

L'électrode d'un Taser a causé une blessure de 8 mm dans la tête de David, 26 ans. Il est minuit lorsqu'il se présente aux urgences, à Vernon, dans la nuit de vendredi à samedi. Il avait reçu une décharge électrique à la tête.

Selon Elodie Blier, substitut du procureur à Evreux, cette nuit-là, "des policiers de la BAC (brigade anticriminalité) auraient été outragés par une dizaine de jeunes de Vernonnet, dans la rue de Magny. Ces provocations ont généré un contrôle d'identité. Les policiers auraient donc voulu procéder à une interpellation. Celle-ci a mal tourné".

David était vraisemblablement de la bagarre, écopant ainsi d'une décharge de ce pistolet à impulsion électrique, à la tête. Les policiers utilisent cette arme afin de neutraliser des individus. Elle projette deux électrodes et une décharge de 50 000 volts à la cible.

1m50: distance réglementaire ?

Le jeune homme parvient à s'échapper et part se faire soigner au centre hospitalier de Vernon, où, à la vue de sa blessure, dans laquelle l'électrode s'était maintenue, les médecins urgentistes lui ont fait passer des radios. "Celles-ci ont dévoilé un trou de trois millimètres et demi dans la voûte crânienne frontale droite, a expliqué le radiologue, ce à quoi il faut ajouter les 4,8 millimètres d'os crânien transpercés par l'électrode. Au total, cette sorte de balle est donc responsable d'un trou de plus de huit millimètres."

Afin de subir une opération, David a été transféré au CHU de Rouen. Ses jours ne devraient pas être en danger. Ce qui est rassurant étant donné que "le policier était à un mètre cinquante quand il a tiré, d'après le témoignage du radiologue, vu la puissance de cet engin, ce n'était pas une distance réglementaire".

Un ami de David a dû avoir quelques points de suture suite à une blessure occasionnée lors de l'altercation. Il a eu moins de chance, puisque les forces de l'ordre l'ont placé en garde à vue. Selon le frère de David, "il s'était embrouillé avec les policiers de la BAC et David est intervenu pour le défendre. C'est à ce moment que le fonctionnaire de police a tiré". La famille de David va porter plainte au tribunal d'Evreux.

Et pendant ce temps-là, Taser sauve des vies. C'est édifiant comme une arme aussi dangereuse peut être commercialement attractive. Ça vous donne presque envie de vous friter avec un agent. Juste la présentation de cette arme à lire sur la page d'accueil du site de Taser France (http://www.taser.fr).

jeudi 24 juillet 2008

Vous voulez rire ????

Mais ils se foutent de ma gueule !!!

Ils ne se foutent pas de ma gueule ? L'autre soir, je reçois un mail d'un supérieur hiérarchique. La veille, je lui avais demandé de se renseigner pour moi en ce qui concerne les indemnités kilométriques, étant donnée que j'utilise mon automobile pour bosser.

J'étais tout en joie lorsque je voyais le mail arriver dans la boîte. Lorsque le message s'est affiché, c'est là que j'ai déchanté.

Jusqu'au 8 juin, je devais compter 0,23 euros par kilomètre. Depuis, cette date, je suis remboursé, au kilomètre:... 0,24 euros.

Si l'on tient compte de l'inflation du cours pétrolier, c'est tout pour la pomme du salarié, car je ne suis pas le seul dans cette situation. Et il y en qui sont logés à moins bonne enseigne !

Ça se paupérise, ça se paupérise ! J'm'en va chercher mon bourriquet !!!!

samedi 14 juin 2008

Chers lecteurs, chères lectrices...

Voici un petit mot pour recueillir votre opinion sur ce blog. Pour cela, laissez, ci-dessous, un commentaire qui me permettra d'améliorer le blog, son contenu et son apparence. La parole est à vous...

vendredi 23 mai 2008

Paris : les nervis du S.O. de la CGT agressent les sans-papiers

Texte parisien :

Du syndicalisme de cogestion jusqu'à la collaboration de classe ouverte et assumée avec la police et la milice Sarkozyste.


Aujourd'hui, le 22 mai, le service d'ordre de la CGT a agressé honteusement, avec la plus grande lâcheté et violence, nos camarades grévistes sans-papiers qui occupent la Bourse du Travail de la rue Charlot à Paris, depuis bientôt 15 jours.


Témoignage :

Il est aux alentours de 15 heures, peut être 15 h 30, la manifestation commence a partir de Bastille. Sur le boulevard, depuis une demie heure, on voit rôder "l'air de rien" des nervis et "gros bras" du S.O. de la CGT. A ce moment présent ils ne font rien, mais matent quand même "sévère" avec de "drôles" de regards bien méchants, du côté de la Bourse du Travail.

Les copains et camarades sans-papiers se doutent bien à ce moment que ces "gros bras" et nervis du service d'ordre de la CGT, qui nous tournent "discrètement" autour, sont trop "tranquilles" pour être honnêtes et que ceux-ci on dépêchés ces quelques "éclaireurs" pour plus que probablement nous préparer un gros coup de vache.

Vers 16 heures arrive le carré de tête de la CGT avec tout les "pipoles" du syndicat dont le funeste Beatles de Montreuil, alias Thibault, qui parade, comme à son habitude, devant les médias, suivi de près par les trognes peu amènes du service d'ordre de ce "syndicat".

S.O. de la CGT/flics en "civils" : une longue histoire d'amour et de collaboration


Piteuse tentative de reprendre la Bourse du Travail par le S.O. de la CGT.

Vers 16 h15 environ. Aussitôt arrivés près de la Bourse du Travail, les premières provocations du service d'ordre de la CGT commencent. D'abord, nos camarades sans-papiers grévistes ont droit à des insultes. Puis viennent des gestes équivoques, et vite les premiers coups, de leur part, pleuvent : quelques nervis du S.O. s'en prennent physiquement a des copains sans-papiers isolés en les bousculant. Quelques secondes plus tard, alors que les copains sans-papiers tentent de garder leur calme, le "chef" du service d'ordre (alias le rouquin), un grand à l'air haineux, fait mettre ses nervis en ligne et donne aussitôt l'ordre de charger. S'ensuit une première charge ; un peu de panique de notre côté, c'est-à-dire du côté des soutiens et des sans-papiers ; mais tout le monde se ressaisit vite ; l'affrontement, bien que violent, ne durera pas longtemps car soutiens et sans-papiers se mettent en ligne et repoussent peu a peu les nervis, qui, aussitôt, appellent bien évidemment à la rescousse quelques-uns de leurs amis flics en "civils", parmi lesquels on reconnaît vite le commandant des matraqueurs en "civils", présent lors des dernières manifestations lycéennes - oh ! c'est vraiment pas difficile a les reconnaître ceux-là ! - Ces "civils" font partie de la même équipe qu'on voit toujours sur Paris en train d'agresser et de tabasser dans les manifestations de lycéens à coup de gazeuses et de matraques télescopiques (c'est toujours les mêmes depuis le CPE). Ces "civils" parisiens, c'est toujours ces mêmes trognes haineuses et formatées, made in Sarkoland, qui, même quand ils tentent de se déguiser en d'jeunes ou en lascars, font que leurs attitudes et autres "roulages de mécaniques" les trahissent toujours et qu'on les repère à des kilomètres .

Bilan des violences des nervis de la CGT dans la bagarre : un copain s'est pris quatre à cinq nervis sur le dos. A cinq contre un, on admire le "courage" de ces "gros bras" ! Par chance, ce copain ne s'en tirera qu'avec quelques bleus et bosses (quand même). Un copain photographe reporter indépendant se verra agressé très violemment par deux autres nervis, très énervés, qui ont essayés de lui casser son appareil photo pour avoir vu leurs sales trognes "immortalisées" dedans. Des copains grévistes sans-papiers se sont pris de nombreux coups de matraques et de gants plombés.

Triste bilan cependant pour les nervis de la CGT

Devant la détermination et - il faut bien le dire - la solidarité entre grévistes sans-papiers et soutiens, nos "courageux gros bras", parmi lesquels nous avons reconnus des membres des secteurs banques, livre et même police de la CGT - ont dû se replier plutôt piteusement sous la protection de leurs amis flics en "civils" et de leur commandant. Coucou le "syndicalisme" façon CGT 2008 ! Une honte !

En tant que soutiens et amis des sans-papiers, nous ne sommes pas dupes. Nous ne pouvons que constater, une fois de plus, que le service d'ordre de la CGT s'est encore piteusement illustré comme des cogneurs SUPPLÉTIFS ZÉLÉS DU MEDEF ! Pour beaucoup d'entre nous, présents cette après-midi, nous savons désormais que les "gros bras" et le service d'ordre de la CGT ont choisi leur camp. ET CE N'EST DÉFINITIVEMENT PAS CELUI DES TRAVAILLEURS, NI CELUI DE NOS LUTTES !

Post-scriptum

Précisons, avant d'entendre bêler comme des moutons qu'ils sont les bureaucrates sans cerveaux ni esprit critique, les petit soldats collabos "réformistes" du pseudo "syndicalisme" de cogestion : ce témoignage n'est pas une attaque contre les militantEs de base de la CGT, mais une critique des pratiques ignoble du service d'ordre et des "hautes" sphères de la direction dévoyée et corrompue de ce syndicat, celle des Thibault, Dumas, et autres le Digou... qui depuis longtemps, nous ont démontré et prouvé leur dégueulasse duplicité et leur double langage, qui n'a rien à envier à la haine de classe des parasites du MEDEF.

D'ailleurs, chose qui contredisait bien l'attitude dégueulasse du service d'ordre de la CGT et du carré "pipole" de tête, nous avons entendu, dans nombre de cortèges d'unions locales CGT qui précédaient le "carré de tête", de nombreux slogans de solidarité avec les sans-papiers occupant la Bourse du Travail.

En conclusion, nous nous doutons bien et nous nous attendons désormais à ce que la direction de la CGT tente un nouveau coup de force contre nos camarades grévistes sans-papiers de la Bourse du travail de la rue Charlot dans les jours à venir.

Nous appelons donc le maximum de soutiens à venir rejoindre, le plus nombreux possible, nos camarades grévistes sans-papiers sur place, rue Charlot, chaque jour à venir à partir de demain 23 mai 2008.

Merci également à tous ceux qui ont pris des photos ou des vidéos des violences dues à la triste ballade du S.O. de la CGT, de les déposer sans aucune modération sur le net. On vous fait confiance là-dessus, il n'y a pas de problème.

NON A LA RÉPRESSION DES PSEUDO « SYNDICATS » RÉFORMARDS !

SOUTIEN TOTAL AUX GRÉVISTES SANS-PAPIERS DE LA BOURSE DU TRAVAIL DE LA RUE CHARLOT !

LE CAS PAR CAS, ON N'EN VEUT PAS ! RÉGULARISATIONS SANS CONDITIONS DE TOUT LES SANS-PAPIERS !

NI PATRIES ! NI FRONTIÈRES ! NI NATIONS ! PERSONNE N'EST ILLÉGAL-E !

Solidarité avec les sans-papiers !

mercredi 21 mai 2008

Perdre sa vie à la gagner ?

Augmentation du prix des denrées de première nécessité, des charges locatives et de l’essence, instauration de la franchise médicale, etc. Cela fait maintenant plus de trente années que la bourgeoisie et ses gestionnaires dégradent les conditions d’existence de pans entiers de la population. Ils nous disent qu’il faut se serrer encore plus la ceinture…

La réforme des retraites avait été initiée en 1993 par le gouvernement Balladur (elle prévoyait notamment un passage de 37,5 à 40 annuités et un calcul de la pension ne se basant plus sur les 10 mais les 25 meilleures années pour les salariés du privé). Le gouvernement Juppé avait ensuite tenté le passage à 40 annuités pour ceux du public ; il s’était heurté et cassé les dents sur le mouvement de décembre 1995. Hésitant, le gouvernement Jospin n’avait pas légiféré. Le gouvernement Raffarin avait réussi, sans état d’âme, à faire plier le secteur public en mai 2003. A l’automne dernier, le gouvernement Fillon s’est attaché à modifier certains régimes spéciaux. Dorénavant, il entend mettre au travail tout le monde une année supplémentaire au nom, soi-disant, du sacro-saint intérêt supérieur de la nation.

Cependant, les représentants du peuple (démos) et de la chose publique (res publica) ne se l’appliquent pas. D’ailleurs, saviez-vous que 22,5 années de mandat pour un député équivalent à 40 années de cotisations, sans oublier le parachute en or de 417 120 euros brut sur cinq ans : c’est l’indemnité chômage du député, soit 6 952 euros brut mensuel ! De plus, il touche en moyenne 2400 euros par mois une fois à la retraite (fixée à 60 ans). On comprend mieux pourquoi il est pour lui très important de faire carrière. Ça met à l’abri, tiens donc !

Jetez aussi un coup d’œil sur les bénéfices du CAC 40 en 2007 : 99 milliards d’euros, tandis que le déficit de la branche vieillesse du régime général de la sécurité sociale a été estimé à 4,5 milliards d’euros pour la même année.

Qu’on arrête de nous faire rigoler avec la crise du capitalisme français ! Ne croyons plus les mensonges des gestionnaires et autres technocrates, qui ont savamment préparé le terrain du casse des systèmes de retraite. De l’argent, il y en a réellement et il est à prendre directement dans les poches des nantis.

1) Paraît-il que les patrons, pour une raison démographique, vont manquer de cette main d’œuvre qu’ils jetèrent naguère au chômage ? Remplacer des salariés par des machines serait bon pour créer des chômeurs, pas des retraités. Le machinisme ne serait-il plus la recette miracle des patrons ?

2) Paraît-il également que la durée de vie serait un des problèmes du "retraitariat" ? Il est toujours utile de rappeler que l’espérance de vie d’un ouvrier ou d’un employé est toujours moins élevée que celle d’un député.

Une retraite convenable n’est-elle pas la contrepartie d’avoir enduré un état de souffrance psychologique et physiologique au travail ?

Reprenons là où le mouvement d’automne 2007 (contre la réforme des universités et des régimes spéciaux) s’est arrêté. Certes, celui-ci a péché sur de nombreux points (bougisme estudiantin, empilement de revendications sans réelles convergences). Néanmoins, au sein des universités, il a tenté dans sa forme de structuration d’être la continuité du mouvement contre le CPE/CNE de 2006, qui remettait au goût du jour l’auto-organisation des grandes luttes étudiantes et ouvrières issues de "Mai 68" : Pirelli (1968), Fiat (1969), RVI (1979), etc.

L’auto-organisation permet à chacun d’intervenir dans des comités de lutte et les assemblées générales là où peut s’établir une authentique liaison entre les exploités, afin de dépasser le corporatisme en posant des revendications unifiantes. L’auto-organisation est le premier pas de notre "autonomie" vis-à-vis de ceux qui concourent à notre oppression.

Anarchosyndicalistes, nous ne nous leurrons pas sur la situation du moment et ses difficultés. La lutte ne peut être fructueuse que si elle est capable d’engendrer un mouvement de masse extrêmement diffus et tenace, qui pratique le harcèlement sur une grande échelle du territoire en déconcentrant ses actions pour les démultiplier, dans l’optique d’une grève généralisée.

Ce ne sont pas quelques balades s’accompagnant du "chant des sirènes" dans le centre-ville, ni l’impasse des négociations qui vont endiguer cette nouvelle attaque, dont le succès produira davantage de lassitude et d’inertie.

Anarchosyndicalistes, nous continuons de défendre un imaginaire subversif, c’est-à-dire des idées et des pratiques qui sont en rupture radicale avec le système, plutôt que de célébrer le quarantième anniversaire de "Mai 68" où s’étalent la relique grotesque et l’opportunisme assumé.

NE PERDONS PAS NOTRE TEMPS A NÉGOCIER : RÉSISTANCE POPULAIRE AUTONOME !

lundi 5 mai 2008

Muguet d’humeur du "premier mai"

Le "premier mai" trouve son origine dans la manifestation d’un puissant mouvement de grève générale pour l’amélioration de la condition ouvrière, qui a été durement réprimé aux Etats-Unis. En effet, on y avait relevé de nombreux blessés ; quatre anarchistes pensant que le monde allait changer de base avaient été également pendus, par la suite, pour l’exemple.

Que reste-t-il aujourd’hui du "premier mai" dans la mémoire collective ? Sûrement plus grand-chose me diriez-vous ! Changement de temps et de mœurs ! Le "premier mai" apparaît simplement comme une journée chaumée parmi d’autres où l'on se repose des méfaits du salariat, cet esclavage moderne. On en profite donc pour s’adonner à la futilité du loisir généré par la société de consommation avec toute sa misère existentielle : "se regarder dans le miroir télévisuel", par exemple.

La liberté serait-elle enfermée dans ce sombre spectacle déréalisant l’individu ?

L’histoire possède-t-elle encore son fameux sens ? N’est-elle plus dorénavant que cette religion civile du vainqueur ? Nos gouvernants et leurs laquais sont très éloquents sur ces questions en répondant par l’idéologie de la modernisation.

En France, le sarcopte a triomphé grâce à la peur et à la lâcheté quotidiennes de tous ceux préférant subir plutôt que d’œuvrer à leur liberté, tâche éminemment complexe et provoquant paradoxalement une autre peur parce que la liberté est une affaire de volonté et de rupture individuelles et collectives.

Les termes "ouvrier", "salarié" ou exploité" désignent une condition de l’existence que les nantis et les gestionnaires veulent éradiquer de notre conscience et de notre imaginaire afin de les remplacer par d'autres euphémismes : "collaborateur", "agent", "employé", voire "citoyen"... Ce qui permet notamment à l’exploité de se distinguer fictivement, comme si ses exploiteurs devaient chasser une vérité élémentaire dictant notre position dans ce monde : nous sommes les exploités et les opprimés du capitalisme et, plus largement, de la domination !

Tous ces séides ont en fait un but commun : l’Avoir, soit par une fructification maximale de leur capital - peu importe les moyens, pour eux, la fin justifie les moyens (telle est leur éthique) -, soit dans l’augmentation de leur pouvoir d’achat. Bien sûr, ils savent jouer sur le plan de la communication avec leur novlangue. Néanmoins, c’est toujours à notre corps défendant (stress, angoisse, déprime, suicide...) dans cette inversion vicieuse du "bien" et du "mal".

Le capital est ce problème à quoi nous sommes confrontés dans notre existence quotidienne. Que permet-il ? De s’accaparer toutes les richesses produites pour ceux qui possèdent les ressources nécessaires : titres de la propriété juridique et l’actionnariat... Les lois de la concurrence font qu’à chaque perte on nous ressert du serrage de la ceinture : stagnation des salaires, inflation, etc.

Si, dans l’immédiat, on peut se contenter de quelques miettes de la redistribution pour améliorer notre ordinaire, nous, anarchosyndicalistes, ne souhaitons pas comme certains établir définitivement un meilleur partage du gâteau, mais aspirons à une existence épanouissante dans laquelle le travail ne serait plus central, scellant ainsi la fin du productivisme à outrance, par exemple. Nous réaffirmons le projet communiste libertaire, débarrassé de ses scories du passé : son économicisme et sa syndicalisation des moyens de production et de l’échange entre autres...

Nous, anarchosyndicalistes, sommes la continuation du "premier mai" en cette autre période : "intervallaire", soutiendrait le philosophe de la rue d’Ulm. C’est pour cela que nous descendons dans la rue à chaque "premier mai". Alors, il n’est jamais trop tard. Le "non-choix" n’existe pas et ne sert que les nigauds et les lâches. Maintenant, il faut lutter ! Car aucun en-dehors n’est désormais plus possible à l’image de Robinson : ni esthète, ni anachorète. Ce système post-totalitaire a réussi à occuper le moindre espace social afin de le régenter.


Membres CNT-AIT Caen

Publié dans le n°106 mai-juin d’Anarchosyndicalisme/journal de la CNT-AIT.



mercredi 16 avril 2008

Prolétaire, serre ta ceinture !

Inutile de se faire les défenseurs de l'état. Certains, dans la presse nationale entre autres, se satisfont de la politique sarkozienne. Etienne Mougeotte est d'entre ceux-là. Et même, s'il voulait être calife à la place du calife, il ne pourrait pas s'y prendre mieux. « Allez, ne boudons pas notre plaisir ! dit-il. Voilà engagé le mouvement de baisse des dépenses de l'Etat, de diminution du nombre de fonctionnaires et donc de rationalisation des politiques publiques. Qu'importe le flacon: rigueur, austérité ou diète, pourvu qu'on ait le résultat: l'arrêt des gaspillages. »

M. Mougeotte se ferait même plus sarkoziste que Sarkozy lui-même, dans son édito du 5 avril. Faire des économies, voilà l'essentiel ! D'autant plus s'il s'agit de réduire des effectifs dans les secteurs du service public où les besoins se font pressants : hôpital, caisses d'allocations familiales, caisses primaires d'assurance maladie, écoles, etc. Salauds de pauvre, dirait presque notre ami journaliste du Figaro. Pourquoi les aider ? La misère ne leur enseigne-t-elle pas la vie ?

Car, oui, disons-le ainsi, la réduction des dépenses de l'Etat, le dégraissage dans la fonction publique, la « rationalisation des politiques publiques » prennent les plus démunis en otage. L'accès à la santé, entre autres, devient plus coûteux du fait des hausses régulières des honoraires des médecins, ajoutant à cela les franchises médicales pratiquées depuis le début de l'année sur les dépenses en produits pharmaceutiques ainsi qu'en consultations. Dans ce contexte de crise économique, cette politique d'austérité, comme la nomme notre journaleux, paupérise davantage les catégories sociales les plus pauvres, mais aussi les classes moyennes, qui n'arrivent plus à joindre les deux bouts. Mais pourquoi ? Parce que l'inflation s'amplifie de jour en jour. Parce que les prix ne cessent de jouer à l'escalade, pendant que les revenus stagnent, voire baissent.

A quoi sert-il de travailler plus pour gagner plus, si les salaires, si les heures sup', ne permettent pas de relancer le pouvoir d'achat ? Et travailler plus, à quoi sert-il sinon que de nous aliéner plus à nos exploiteurs, nos oppresseurs ? Les faits, et la situation actuelle, font mentir notre Super-Courant-d'Air (autre nom du super-héros président, Nicolas Sarkozy). Lui qui se voulait se président du pouvoir d'achat devient le président de la crise, qui, d'économique, passera à la crise sociale. Les luttes, avec le printemps, semblent refleurir. Cela est le signe, sans doute, que le gouvernement reculera. Peut-être, dis-je bien !

La logique de l'Etat actuel consiste à faire des économies. Soit. Alors, comment ledit Etat pourrait-il faire pour que l'argent rentre, sachant que les plus riches crânent avec leurs cadeaux fiscaux ? Ne revenons pas sur les franchises, nous avons suffisamment abordé le point, pour l'instant. Bien sûr, la TVA sociale reste dans les cartons, prête à être déballée. Déjà, les taxes sur les carburants, qui touchent forcément les plus nécessiteux, ont grimpé dangereusement. La douloureuse a du mal à passer pour les prolos qui doivent prendre leur voiture pour bosser. L'immobilier flambe également, aussi bien lorsqu'il s'agit d'acheter que de louer. On réduit les allocations pour les sans-emplois, on fixe plus de critères pour limiter le droit à toucher le RMI ou les indemnités Assedic. Etc., etc., etc.

Il faut que les bas salaires se serrent la ceinture, donc, afin que les riches puissent continuer à vivre dans l'opulence. Sacrifions-nous sur l'autel de l'économie afin que nos élites sociales maintiennent leur niveau de vie ! Enchaînons-nous à notre machine, à notre bureau, à notre engin... Laissons-nous asservir par le dieu païen nommé Pognon, pour donner raison à l'oracle Saint-Etienne-Mougeotte !

Amen.

dimanche 6 avril 2008

La Biométrie

Être gouverné [?]

« C’est être gardé à vue, inspecté, espionné, dirigé, légiféré, réglementé, parqué, endoctriné, prêché, contrôlé, estimé, apprécié, censuré, commandé, par des êtres qui n’ont ni titre ni la science, ni la vertu... Être gouverné, c’est être, à chaque opération, à chaque transaction, à chaque mouvement, noté, enregistré, recensé, tarifé, timbré, toisé, coté, cotisé, patenté, licencié, autorisé, apostillé, admonesté, empêché, réformé, redressé, corrigé. C’est, sous prétexte d’utilité publique, et au nom de l’intérêt général, être mis à contribution, exercé, rançonné, exploité, monopolisé, concusionné, pressuré, mystifié, volé ; puis, à la moindre réclamation, au premier mot de plainte, réprimé, amendé, vilipendé, vexé, traqué, houspillé, assommé, désarmé, garrotté, emprisonné, fusillé, mitraillé, jugé, condamné, déporté, sacrifié, vendu, trahi, et pour comble, joué, berné, outragé, déshonoré. Voilà le gouvernement, voilà sa justice, voilà sa morale ! »

Pierre Joseph Proudhon (1809-1865), Idée générale de la révolution au XIXe siècle

LA BIOMETRIE

Il existe plusieurs catégories de technologies biométriques, les plus connues étant les analyses biologiques (odeur, sang, salive, urine, ADN...) et morphologiques (empreintes digitales, forme de la main, traits du visage, dessin du réseau veineux de l’œil...). Si certaines d’entre elles font partie de la vielle panoplie des applications utilisées dans le domaine de la sécurité (« pour mieux nous protéger »), d’autres, comme le contrôle biométrique (système automatique de mesure basé sur la reconnaissance de caractéristiques propres à l’individu) ont récemment fait leur apparition dans nos vies. On pourrait se demander pourquoi cette technologie « dernier cri », après avoir été d’abord installée dans des zones dites « sensibles » (prisons, aéroports...), s’est ensuite multipliée dans des lieux aussi anodins que l’entrée des cantines scolaires... La réponse est très simple : en 2004, les industriels du secteur, pressentant que leurs technologies juteuses risquaient d’être mal accueillies et de susciter des résistances populaires, ont conseillé au gouvernement de faire accepter la biométrie par le conditionnement des plus jeunes et prescrivaient une « éducation dès l’école maternelle ».

Dès 2005, ce lobbying aboutit donc à l’installation progressive de bornes biométriques dans les établissements scolaires pour gérer l’accès des élèves à la cantine, comme dans une école maternelle à Angers ou au lycée de Gif-sur-Yvette, dans l’Essonne (91), parmi tant d’autres. Aujourd’hui, plus de 200 établissements scolaires en seraient déjà équipés... Et ils ne s’arrêteront pas là...

« BIO-METRIE », c’est-à-dire la mesure de parties du corps (iris de l’œil, empreintes digitales, contour de la main, du visage...) ou de comportements (démarche, manière de signer...) propres à chaque individu. Les parties de mon corps sont numérisées, puis enregistrées dans des bases de données, et réactivées à chaque fois qu’il faut m’identifier. Ce n’est plus ma parole qui compte, la confiance ou le conflit entre humains, mais la vérification systématique de données par une machine. C’est l’ordinateur qui décide, instance supérieure, qui rationalise les décisions humaines selon des protocoles binaires. Plus de négociations possibles, de droit à l’erreur, ni à l’oubli. Tu mets ta main dans une machine, et selon des critères prédéfinis, la porte s’ouvre - ou pas. Ne nous voilons pas la face : il existe une demande sociale en faveur de ce type de contrôle ; et comme pour le GPS ou les caméras de surveillance, cette demande n’émane malheureusement pas que des flics et des patrons. Nous sommes partout rivés à nos portables, ce qui permet à la police de toujours nous localiser. On peut aussi retracer la journée du citadin moderne grâce à sa carte bleue, son pass Twisto, la consultation de son courrier électronique et, maintenant à Caen, son « V’éol ». La dure réalité est que nous avons déjà accepté dans ses grandes lignes une société de contrôle.

Le contrôle, d’accord, c’est pas nouveau. Mais il change de nature, devient plus vicieux. Si la vue de l’uniforme ne nous est pas particulièrement agréable, nous sommes par contre plus facilement fascinés par la technologie. Quand les technologies de contrôle s’installent à l’entrée des écoles, les lycéens sont déjà habitués : « C’est cool, ça fait high-tech, c’est comme dans Minority Report, ou 24h. » Jeux vidéo et films de science-fiction ont bien préparé le terrain.

Le monde de la biométrie est le même que celui du prélèvement massif d’ADN et de la pose de bracelets électroniques sur les nourrissons. Le pouvoir odieux se cache derrière la machine pour endormir la révolte, servir ses impératifs de fichage et de contrôle et nourrir en même temps des intérêts économiques. Tantôt en agitant la peur des terroristes ou la lutte contre la délinquance (à la maternelle...), tantôt simplement par souci de rentabilité, les bureaucraties, petites et grandes, étatiques ou marchandes, ne cessent de soumettre les espaces de la vie commune à leurs propres critères : rien ne doit entraver le flux de l’économie ; rien ni personne ne doit se déplacer incognito.

Car ce système capitaliste qui prospère sur les inégalités et la misère, c’est aussi lui qui met en place le contrôle et la répression contre la révolte qu’il engendre. Il trouve l’argent nécessaire au développement du répressif tout en nous disant que les caisses sont vides quand il s’agit de santé, de logement, etc. Pourtant, si les services publics étaient gratuits, il n’y aurait besoin ni de fraude, ni de contrôle (d’ailleurs, le prix demandé aux « usagers » représente bien souvent une faible part du coût réel du service rendu - par exemple, les tickets et abonnements ne participent qu’à hauteur d’environ un quart au financement des services de transports en commun) ! Quelle légitimité a un système qui, prétendant lutter contre la fraude, préfère surveiller et punir les plus fragiles et qui, parallèlement, honore les délinquants qui nous gouvernent et nous exploitent ? Entre Gautier-Sauvagnac et l’enfant qui ne paie pas sa cantine, où se situe la fraude légitime ?

Depuis 2006 et les « inculpé-e-s » de Gif-sur-Yvette (après la destruction de bornes biométriques dans un lycée) - et dont les textes ont inspiré ce tract -, il est très clair que l’opposition à ces techniques d’identification doit être massive et résolue. Il est nécessaire de soutenir tous ceux et celles qui ont déjà commencé à s’y attaquer, de continuer à réfléchir ensemble pour saisir l’ampleur du problème, de faire jouer notre imagination pour déjouer la Machine.

C’est pourquoi le groupe AIT de Caen participe à une campagne nationale de lutte contre la biométrie. Nos compagnons de Perpignan sont notamment impliqués dans un lycée de leur région où des bornes ont été installées et sont imposées aux élèves. Il est possible de résister, en commençant par refuser ces technologies (ce que la loi permet, mais ce qu’oublient souvent de préciser les proviseurs des lycées...). De plus, comme dans toutes les luttes, la solidarité entre personnes en lutte constitue notre meilleure arme.

Pour mieux nous gouverner, ils veulent nous enregistrer, recenser, surveiller, censurer, etc. ; bref : nous endormir et au besoin nous réprimer. Nous ne voulons ni de leur justice, ni de leur morale.

L’État et le Capital ne sont pas neutres : les technologies qu’ils veulent nous imposer non plus !

Refusons la biométrie et les autres formes de flicage.

CNT-AIT Caen

Pour en savoir plus :


Information et discussion sur la campagne anti-biométrie, sur le forum Rouge & Noir (http://cnt.ait.caen.free.fr/forum/viewtopic.php?t=3659)

samedi 5 avril 2008

Du nouveau ? Pour quand ?

Les aléas de la vie font que le temps nous est souvent compté. Celle-ci méritant d'être vécue, je me permets de prendre parfois des distances afin de profiter d'elle et des gens que j'aime, qui m'entourent, qui me soutiennent, quoi que j'entreprenne.

Or, ce malheureux blog a souffert de mon absence. Mes lecteurs souffrent sans doute aussi de l'arrêt momentané de mes publications "blogueuses", parce qu'ils ont envie de cerner ma personnalité ou parce qu'ils souhaitent que j'apporte de nouvelles réflexions. Pour être honnête, j'écris d'abord à titre purement égoïste, parce que j'aime écrire, balancer des coups de gueule et que je veux dire ce que je pense, ayant trop peu de moyens techniques pour exprimer mes idées - et ce blog, heureusement, le permet. Écrire, c'est aussi laisser une trace, où qu'elle aille. Écrire, je le fais aussi pour mes éventuels lecteurs: peut-être pour les informer, sûrement pour leur donner des pistes de réflexions, etc. Sans lecteurs, à quoi bon écrire ?

Je n'ai jamais caché mes sympathies anarchistes. Anarcho-syndicalistes, même. J'ai rencontré la CNT-AIT par hasard, lors d'une conférence de réfugiés communistes irakiens. Des affinités se sont liées. Politiques. Mais aussi amicales. Le temps a fait que je me suis investi à mon rythme, avec des hauts et des bas, en fonction de mes disponibilités.

J'en étais déjà persuadé avant, mais je me suis rendu compte à quel point le temps est précieux. Le temps, donc la vie.

Je regrette de m'être désinvesti de ce blog ces derniers mois. Cela ne signifiait pas, pour autant, que je l'abandonnais. Loin de là. Or, l'idée m'est venue, avec des copains, d'engager les réflexions communément, donc de publier, comme je l'ai déjà fait, à dose régulière, des textes émanant de la CNT et de l'AIT. La solitude peut peser, à force. Ce coup de main, auquel je n'ai pensé que trop tardivement, se révèle être un moyen de dynamiser le blog, mais aussi les réflexions et pensées libertaires.

A bientôt, au gré des rencontres !

samedi 5 janvier 2008

Bonne année et meilleures luttes !

Cela fait bientôt neuf mois qu'existe ce blog. Neuf mois de réflexions plus ou moins soutenues sur la politique, entre autres, mais aussi d'autres thèmes qui me tiennent à coeur.

Les circonstances nous imposent plus particulièrement de nous pencher sur les problèmes que nous devrons affronter. L'état et ses représentants n'ont de cesse de piétiner nos droits, obtenus par les luttes acharnées de nos aînés. Je ne conçois pas non plus de nous maintenir au niveau des droits que l'on avait concédé à nos prédécesseurs dans la lutte, le minimum exigé est de défendre notre vie et notre liberté, ce qui nécessite le dépassement de ces droits "bourgeois", si je puis dire. Il va sans dire que les gouvernement du couple Sarkozy-Fillon n'hésitera pas à agir. L'action sera donc nécessaire pour que l'état recule, pour que nous nous affirmions. 2008 ne pourra qu'être une année de lutte en plus.

La lutte, évidemment, n'est pas possible si l'on ne clarifie pas ses positions. Certains le font - ils se reconnaîtront en lisant ces lignes - en posant les limites du système et le comportement à adopter en conséquence. D'autres feignent de le faire, adoptant un double-discours, nuisible à bien des égards puisqu'ils jouent sur la confusion. Il faudra bien, à un moment donné, choisir son camp et opter pour un discours clair pour le camp des opprimés ou celui des oppresseurs.

En attendant, je vous souhaite une bonne année. Que la lutte des opprimés triomphe !

En revenant de Vincennes…

Ce texte, comme mentionné ci-dessous, a été rédigé le groupe anarchiste autonome nommé Non Fides. Il présente une manifestation qui a eu lieu aux portes d'un centre de rétention, à Vincennes.

Ce jeudi-là, au matin, la radio relatait d’un ton léger que les membres du Saint Gouvernement allaient gaiement recevoir les récompenses pour la besogne accomplie, des mains du Grand Manitou. L’un de ces sinistres personnages, B**** H********, se trouvait passible d’une « mauvaise note » (si si le président note ses élèves - ministres, c’est-y pas mignon ??) pour n’avoir pas bien fait son devoir. Malgré le zèle des flics en cette fin d’année, les chiffres n’étaient pas suffisants, « le compte n’y était pas ». Pourtant, au micro de la journaliste, le triste sire, revenant d’un « petit déjeuner ministériel » où il s’était assurément pété le bide, se contentait d’une petite boutade et d’un rire de circonstance. Qu’à cela ne tienne ! Les 25 000 « indésirables » n’ayant pas pu être expulsés cette année, le Pouvoir entend « travailler plus pour expulser plus » l’an prochain, en fixant la barre à 28 000 déportations en 2008. Les bonnes résolutions n’attendent pas chez les hautes sphères de l’État.

Une marche vers le centre de rétention de Vincennes était organisée l’après-midi du même jour. Quelques 200 personnes étaient présentes, motivées mais pacifistes pour la plupart. Après une heure de marche, nous arrivons, en plein milieu des bois, devant cet endroit innommable. Une forte présence des gardes mobiles nous avait précédée. Pour qui ne s’est jamais retrouvé en face d’un bâtiment pareil, il faut se représenter la chose : un fort énorme avec des murs hauts de dix mètres, sombres et recouverts de barbelés, dominés par des miradors et des projecteurs aveuglants. Depuis notre emplacement, nous pouvons apercevoir les immenses baraquements à l’intérieur de l’enceinte. Là se trouvent enfermés des centaines de personnes, attendant dans l’angoisse qu’on les saisisse et qu’on les déporte vers ce que les autorités appellent « leur pays ».

Nous réussissons à gueuler assez fort pour nous faire entendre des prisonniers, et ceux-ci répondent aux cris de « Liberté ! Liberté ! » et « Murs par murs, pierre par pierre, nous détruirons toutes les prisons ! ». Un élu inopportun tente de prendre la parole, pour noyer le sujet en évoquant un « soutient à l’amélioration des conditions de détention dans les centres… ». Fort heureusement, nous parvenons à faire taire ce cuistre modérateur et récupérateur professionnel, qui ensuite ne tarda pas à s’éclipser. Un dialogue par téléphones interposés se met en place avec les détenus, ces derniers décrivant leur calvaire et les violences policières subies par eux à l’intérieur du camp, ainsi que leur récente révolte. Les témoignages furent poignants, très durs parfois, tant ce que ces personnes subissent est difficile à imaginer, pour nous qui sommes en « situation régulière ».

Devant nous, deux rangées de militaires, certains s’échangeant des blagues dont nous ne souhaitons connaître le contenu…Dans leur regard à tous, la même expression vide, l’absence de réaction à nos invectives, symboles de la violence étatique, sourde et muette. Et toujours le même constat : nous ne sommes pas assez nombreux, désarmés, impuissants devant cette infâme prison, pas assez enragés peut-être. Pourtant, au fond, nous savons tous qu’aucun gouvernement ne réglera ce versant de la question sociale, étant donné que la « gauche socialiste » aussi a participé largement à la construction de ces camps inhumains, ainsi qu’aux lois anti-immigrés qui en sont la cause.

Alors ?

Alors il faudra bien un jour que toutes celles et tous ceux qui, révolté(e)s par ce drame quotidiennement renouvelé, tirent la conclusion suivante : ces monstruosités carcérales qui détruisent des vies humaines doivent disparaître, et personne ne le fera à notre place.


Non Fides (Groupe Anarchiste Autonome)


mercredi 12 décembre 2007

Grèves à Elbeuf

Deux grèves pour le prix d'une ! Les TAE (Transports de l'Agglomération elbeuvienne), depuis près de trois semaines, ainsi que les salariés de l'usine Aérazur (fabrication de pièces pour l'aéronautique) ont entrepris un mouvement de grève contre leurs directions respectives. Ils réclament des augmentations de salaire (75 € pour les TAE) afin de pallier l'inflation des prix concernant les biens de consommation courante.

Principalement soutenus par le syndicat CGT, les grévistes mettent la pression sur leurs directions, mais aussi sur les élus locaux, notamment Didier Marie (PS), président du département de Seine-Maritime et président de l'Agglo d'Elbeuf. Les salariés des deux entreprises l'accusent de pourrir le mouvement en n'intervenant pas (l'Agglo d'Elbeuf est la principale collectivité locale qui fournit des subventions aux TAE) et en ne voulant pas se mettre autour d'une table pour négocier.

La CGT durcit le ton. Avant de réclamer des discussions avec le président de l'Agglo, ils ont renvoyé le médiateur qui avait été nommé pour arbitrer les débats entre direction et représentants des salariés. Ce médiateur serait intervenu de manière trop partiale.

Pour l'heure, Didier Marie s'obstine dans son silence. Les grévistes des TAE l'ont attendu à la sortie d'une cérémonie au centre de secours (juste à côté du dépôt des TAE), devant sa voiture. Lorsqu'ils ont vu le chauffeur partir "discrètement", il ne sont pas restés dupes...

L'issue du conflit n'est pas encore à portée de main. Les élus veulent calmer le jeu et espèrent un geste de la part des salariés en grève. Mais ces derniers sont très déterminés à obtenir gain de cause, près à faire durer le mouvement. Les délégués souhaitent, eux, tout en confirmant la fermeté du ton employé par la majorité des grévistes, revenir aux négociations avec les élus et la direction, afin que personne ne soit "perdant".

Attendons de voir...

vendredi 23 novembre 2007

Ni patrons, ni bouffons, ni larbins !

Il ressort des récents événements (grèves des étudiants, des cheminots, des employés de la RATP et autres boîtes de transports...) une même volonté : celle de vivre dignement et de ne pas accepter tout et n'importe quoi venant de l'état et du patronat. Au nom de la prétendue liberté, du doit au travail, on crache quotidiennement à la gueule des grévistes, que ce soit dans la rue ou dans les médias. A croire que ces personnes se complaisent à voir leurs véritables droits - au logement, à une vie décente, à la santé, à l'éducation... - se détériorer au bénéfice du patron, puisque le droit de travailler, équivaut, schématiquement, au droit de se laisser exploiter par son petit chef, son directeur, son actionnaire !

L'argument favori, concernant la grève des transports sur les régimes spéciaux, est de répéter à tort et à travers que ces travailleurs, fonctionnaires ou assimilés, sont des privilégiés. Or, ne serait-ce que cela, posons-nous la question, comme se l'est posée la CNT-AIT : qui sont les véritables privilégiés ? Résumons certains événements politiques récents : le Président de la République a demandé une augmentation de ses revenus (et il n'a pas besoin de faire grève pour cela, lui ?) ; ce même président a accordé des cadeaux fiscaux à ses amis patrons et stars du show-biz... Rien que ces deux exemples révèlent la politique ploutocratique de Sarkozy et ses bouffons, parmi lesquels nous pouvons compter les syndicats, qui luttent dur, surtout, pour réduire un mouvement de grève à néant en moins de deux ou trois jours !

L'état vise à plus de contrôle des masses, au travail, dans la rue, à leurs propres domiciles. Il dispense sa coquille vide d'humanité - pleine du courant d'air libéral ou néo-libéral - comme conscience politique, où l'individualisme le plus méprisable est devenu roi et lui permet de garder son emprise sur chacun, s'autodisciplinant face aux mesures antisociales, préférant le fait du prince à la légitime révolte. Les principes de liberté, d'égalité et de fraternité que l'ont lit sur les frontons des mairies ne sont plus que des fantômes qui prêtent autant à sourire qu'à vomir. La République, la démocratie parlementaire ne représentent qu'une épave à la dérive sur l'océan d'immondice engendré par le capitalisme. Nageons dans la merde, c'est bon pour la peau...

mardi 20 novembre 2007

On aimerait faire grève...

Texte de la CNT-AIT de Paris

On aimerait faire grève, mais ce n’est pas toujours possible. Nous sommes les travailleurs, les chômeurs, hommes, femmes, jeunes, plus âgés, exploités, nous sommes parmi les 5 millions de travailleurs non qualifiés, aux salaires minimums, pour certains enchaînant les CDD, les vacations, alternés par des périodes de chômage. Nous sommes les millions de travailleurs plus qualifiés dont le salaire suffit à peine à vivre. Alors on aimerait faire grève, parfois on peut mais c’est difficile, le code du travail n’est pas fait pour nous. Les patrons, leurs DRH, leurs cadres et managers ont toutes les facilités pour nous licencier. Ils nous tiennent par le salaire, la peur !

Parfois on se bat, on se regroupe, et collectivement, tous ensemble on limite la casse !

On aimerait faire grève, d’autant plus que nous faisons tourner les boites, les entreprises, on pense d’ailleurs les faire tourner pour nous, pour nos besoins, l’avenir nous le dira !

Nous savons, nous avons le savoir, la connaissance de nos métiers, d’ailleurs leurs projets ne fonctionneraient pas sans notre savoir, ce que l’on a appris dans le boulot, on corrige leurs erreurs, on règle leurs machines, on s’adapte. On fera tourner les usines, les lieux de travail pour nous, on en fermera certaines, celles qui fabriquent des choses qui nous seront inutiles, alors on aura plus de temps pour rêver, créer.

On construit aussi de superbes maisons, des apparts de standing en résidence qui ne sont pas pour nous, que l’on n’habite pas, alors on les prendra un jour quand nous serons plus forts, il y en aura pour tous car aujourd’hui plus de 3 millions d’entre nous ne sont pas ou mal logés. On aimerait faire grève pour pouvoir vieillir à l’abri du besoin, nous soigner et vieillir dignement. C’est pour bientôt.

On aimerait faire grève pour avoir tous accès à la santé, aujourd’hui on évite d’aller voir le médecin et le dentiste, c’est cher et mal remboursé, alors la sécu ce n’est pas si égalitaire que cela. On fera grève pour ensuite mettre en place la santé pour tous.

On aimerait faire grève pour casser les chefs, les mettre dehors tout en acceptant ceux et celles qui voudront construire leur vie avec nous.

On aimerait faire grève, parfois on la fait, à notre manière, on ralentit le boulot, on applique à la lettre les consignes (ce qui ralentit la cadence), on s’absente, on gueule, on sabote... on discute, on se laisse pas faire par les petits chefs, les managers, les patrons ou les collègues vendus.

On aimerait faire grève pour accueillir ceux et celles qui viennent d’ailleurs, d’autres endroits sur terre. Eux aussi ils nous rejoindront, on partagera...

On aimerait faire grève, on fera grève même si nous sommes une minorité, on se battra et les autres nous rejoindront !

Pas besoin d’être majoritaires pour être légitimes, la démocratie n’est pas pour nous. Nous sommes pour la liberté de vivre notre vie, de l’organiser. Certaines majorités ont par le passé amené le fascisme.

On fera grève pour ne plus être exploités, pour que notre travail profite à tous.

On fera grève pour obtenir la liberté de nous organiser comme nous le voulons, sans maître !

C’est pour maintenant !

Que ceux qui étaient en grève hier, le sont aujourd'hui et le seront demain sache que nous sommes avec eux !

Vive la solidarité et vive la révolution sociale !

CNT AIT 108 rue Damrémont 75018 Paris

Qui sont les privilégiés ?

Un petit texte de la CNT-AIT Toulouse...

"On" (les médias, le gouvernement, les partis politiques...) nous bassine avec les "privilèges" dont bénéficieraient certains travailleurs qui bénéficient de "régimes spéciaux" pour travaux pénibles ou difficiles.

Pourtant il est d'autres régimes spéciaux, qui ne reposent sur rien, et dont "on" ne nous parle jamais : Régimes Spéciaux et privilégiés !

- Régime spécial pour les salaires : +170% d’augmentation pour un certain président et + 300% d’augmentation pour les frais de son palais !

- Régime spécial pour les impôts : bouclier fiscal rapportant au super-riche 15 milliards d’euros !

- Régime spécial pour le chômage des députés : cinq ans d’indemnités chômage après un « travail » théorique(1) de 5 ans seulement !

- Régime spécial des patrons : stock-options à la pelle, indemnités colossales quand ils sont virés pour incompétence.

Alors, c’est qui les privilégiés ?


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(1) Car l'absentéisme n'est pas pris en compte... Essayez, vous, de vous absenter du boulot pour voir combien de temps votre salaire va vous être maintenu ...

mardi 30 octobre 2007

Violence policière en Russie

Une petite traduction :

Des membres et des sympathisants du KRAS-AIT ont pris part activement à des manifestations initiées par des riverains contre la construction incontrôlée (incontrôlable) de logements pour l'élite. (Ces logements sont construits dans des buts commerciaux et vendus aux riches.) Les résidents sont mécontents que ce genre de logements est souvent bâti dans des parcs et des espaces publics ouverts et est souvent construit dangereusement prêt de leurs domiciles, menaçant parfois d'ébranler leurs fondations. Ces manifestations sont souvent accompagnées par des actions directes radicales telles que des blocages de rues ou de sites en construction. Les autorités essaient de réprimer les manifestants ; la police les a combattu, a tiré des coups de feu en l'air pour les effrayer et a a arrêté des gens aussi bien durant les manifestations qu'après. Pour quelques cas, la mafia ou des bandits ont été utilisés afin d'intimider les manifestants.

Des anarchistes ont été placés en garde à vue quelques temps lors de pareilles manifestations. Le 8 octobre, il y a eu une manifestation dans la rue Chertanovskaya à Moscou. La police a arrêté 19 personnes qui bloquaient la rue, parmi lesquels six membres et sympathisants du KRAS. Quelques personnes arrêtées ont été battues. Ils ont été gardés la nuit entière. Le jour suivant, ils ont été déférés au tribunal, mais ils avaient besoin d'avocats. L'affaire a donc été reportée. Les anarchistes ne prévoient pas de faire appel à la justice. Nikolai Krasnykh, qui a été forcé de comparaître en justice, a été condamné à quatre jours de prison et à une amende de 2 000 roubles (environ 60 euros) pour avoir participé à une manifestation illégale et pour avoir résisté lors de son arrestation.

NON A LA RÉPRESSION POLICIÈRE ET NON A L'ÉTAT POLICIER !

LA LUTTE CONTINUE !

KRAS-AIT

samedi 27 octobre 2007

Sans-papiers : l'hypocrite "humanisme" du gouvernement

Je me suis posé la question : dorment-ils bien, ces messieurs les policiers et gendarmes ? Dorment-ils bien après avoir brisé plusieurs vies, celles de personnes « immigrées clandestines », « sans-papiers », après les avoir jetés dans des charters ? Gardent-ils leur conscience tranquille après ces actions honteuses ? Ces messieurs les préfets, quand ils ordonnent des expulsions, quand ils parquent des hommes, des femmes de tous âges, même des enfants et des vieillards, dans des camps de rétention qui ne veulent pas dévoiler leur vrai nom, ces messieurs les préfets, ne se réveillent-ils pas dans la nuit avec le remords d'avoir donné des ordres infâmes ?


Où est l'humanisme dont se targuent les sarkozystes ? Quel humanisme ? A les entendre proférer de si belles paroles, je n'ai que mon rire et mon mépris à leur répondre. Vanter son appartenance à pareille idéologie sans même en connaître son essence est vraiment le signe de la pire crapulerie. Maintenant, avant de dire ce mot, de vous réclamer de cet héritage, n'oubliez surtout pas qu'au nom de l'humanisme, Nicolas Sarkozy et ses vassaux a briser des vies, des familles, a raflé des personnes qui ont autant leur place que d'autres ici ou ailleurs. C'est un crime contre l'homme, c'est un crime contre la liberté dont sont coupables ministres, préfets, policiers et citoyens. De l'électeur aux élus, tous coupables !


Il y a près d'une semaine, j'ai rencontré une mère de famille et sa petite, dont le compagnon et père était arrêté depuis presque un mois. Lundi, il devait être envoyé au Congo, mais la décision de justice lui était favorable. Le préfet pouvait faire appel. Il n'en a rien fait, mais a prolongé sa rétention. Vendredi matin, on l'envoie à Roissy pour prendre un charter. Grâce à la grève des personnels de bord, il a enfin été sauvé. Le soir, il devait rentrer chez lui.


La petite fille ne savait pas. Elle était trop jeune. Imaginez comment la maman aurait dû lui annoncer, plus tard, que son papa était dans un pays où il n'avait plus de famille, où il ne connaissait plus personne. Imaginez les aventures terribles qu'il aurait dû (re)vivre pour retrouver sa famille : vivre dans la peur, dans l'angoisse. Mais aussi dans l'espoir, pourvu qu'il ne soit pas vain.


Ces messieurs les élus, messieurs les préfets, messieurs des forces de l'ordre, messieurs qui votent dans des urnes à ordures, avez-vous déjà songé qu'un jour l'on puisse vous séparer, par la force, de ceux que vous aimez et de ce que vous avez construit avec d'autres ?


Je ne crois pas que, même par hasard, vous lisiez ces mots.

mardi 16 octobre 2007

Qui n'en veut d'la franchise ?

Y'a pas intérêt à être malade ! Ce n'est pas que moi qui vous le dit.

Plus sérieusement : le gouvernement n'aime pas les pauvres et il leur fait comprendre. Après le coup du « travailler plus » - qui n'était pas d'une grande franchise - et dont on a parlé assez longuement sur ce blog, voilà notre cher président et ses ministres qui enfoncent encore un peu plus le clou. A force de marteler sur cette planche, ces messieurs finiront par la creuser et la faire voler en éclats.

Les franchises médicales suscitent de vives réactions, y compris chez les syndicats et autres organisations réformistes. Encore une fois, on tape là où ça fait mal, dans le porte-monnaie les moins fournis, soi disant pour financer les recherches contre Alzheimer et autres maladies. Rappelons que la vignette automobile était destinée aux personnes âgées, ainsi que le fameux lundi de la Pentecôte pour les personnes fragiles menacées par les éventuelles canicules. Et l'argent, parions que ces pauvres gens, instrumentalisés par le patronat et l'état, n'en ont pas vu le moindre centime.

Le deuxième tranchant de cette épée de Damoclès : un souci d'économie pour résorber le fameux trou béant de la Sécurité sociale.

L'opposition réformiste proposait d'aller chercher le pognon là où il se trouve en quantité, c'est-à-dire dans les caisses des entreprises ou en taxant leurs profits. Suggestion louable et, évidemment, logique. Plus logique que de contraindre les plus pauvres à débourser une somme considérable (il était question d'une franchise s'élevant à 50 € !) lors des premières consultations chez un médecin. Le risque principal est de réduire considérablement l'accès à la santé de certaines personnes qui manquent d'argent et qui en auraient de plus en plus besoin (maladies professionnelles, etc.). Le petit Nicolas et sa clique dénigrent les pauvres et creusent davantage les inégalités en matière d'accès aux soins médicaux.

Le trou de la Sécu vaut-il, enfin, qu'on sacrifie la santé des uns pour le pognon des autres ? Cette histoire de franchise médicale est un moyen économique, politique et social, pour l'état, d'oppresser davantage les travailleurs et les chômeurs. Ce moyen coercitif vise également à mieux manier ceux sur lesquels l'état ne croit pas avoir le contrôle. Pourtant, depuis pas mal d'années, la surveillance s'accroît à l'encontre des chômeurs et précaires. Les conditions de vie et de travail ne s'améliorent pas plus depuis l'arrivée de Sarkozy & Co au pouvoir. Rupture mon oeil !...

Au lieu de toute cette mascarade, qui tente de ranimer les faux clivages gauche-droite, il n'y a qu'une solution : la santé gratuite pour tous et toutes ! Les pauvres n'ont pas à payer pour les riches.

vendredi 5 octobre 2007

Projection débat le samedi 20 octobre à 14 h

Résistance et organisation collectives : l'exemple des mouvements argentins.

BÙSQUEDA PIQUETERA, Film de Jeanne GAGGINI et David PLANQUE, en présence des réalisateurs et d'un compagnon argentin samedi 20 octobre à 14 h Halle aux Toiles de Rouen.

BÙSQUEDA PIQUETERA est un documentaire autoproduit de Jeanne GAGGINI et David PLANQUE. Les manifestations, émeutes et pillages de décembre 2001 ont révélé à la scène internationale la grave crise économique que traverse l’Argentine. Cependant, dès le milieu des années 90, les licenciements massifs ont poussé les plus pauvres à s’organiser collectivement pour faire face à la misère. En dehors des structures syndicales ou politiques, apparaissent des mouvements de chômeurs et les premiers « piquetes » blocages de routes. À travers cette nouvelle pratique se développe une forme d’organisation basée sur l’horizontalité et une recherche constante d’autonomie face aux institutions. Tourné en 2003, Bùsqueda Piquetera donne la parole aux piqueteros du MTD Solano (Movimiento de trabajadores desocupado).

La CNT-AIT de Rouen vous convie à débattre autour de ces mouvements quand la situation, ici et maintenant, appelle à l'organisation. Le débat aura lieu en présence des réalisateurs et d'un compagnon militant à la FORA (federation obrera regional argentina) lors de ces événements.

jeudi 27 septembre 2007

La rhétorique sarkozienne du travail

Retourner sur des événements passés conserve son utilité, surtout si le présent ne permet pas de comprendre toutes les données qu'il nous fournit. Ainsi pourrait-on trouver quelques éclaircissements des mesures prises aujourd'hui par le gouvernement de François Fillon et de Nicolas Sarkozy dans la propagande maintes fois ressassée lors de la campagne présidentielle !

Le "travailler plus pour gagner plus" recouvre un sens très particulier, qu'il est aisé d'interpréter avec inexactitude. Son sens premier, vous l'aurez deviné sans peine, consiste en une double aliénation, dont le principal moteur est l'argent : produire plus d'une côté et consommer plus de l'autre. Deux syntagmes dont les sens se rejoignent.

Pourquoi produire plus ? La doctrine libérale seule peut répondre à cette interrogation : il faut produire pour consommer. Et pour consommer, il faut de l'argent. Et comment gagner plus d'argent ? En produisant plus au profit de nos patrons.

La théorie de l'offre et de la demande, ainsi exhibée, ne possède qu'un objectif : relancer l'économie. Permettre à des gens de gagner plus d'argent n'est pas signe de charité. On nous a montré la face cachée de l'iceberg, qui ne représente rien d'autre qu'un mirage. Travailler plus permettra surtout au capital de créer de la plus-value supplémentaire et d'injecter des euros par millions sur le marché boursier. Travailler plus signifie surtout revivifier une machine à produire irrationnelle et alourdir les boulets qui entravent les pieds des travailleurs.

Que signifie véritablement cette devise sarkozienne au juste ? Lier davantage les uns et les autres à l'entreprise qu'ils servent, à leur bureau, leur atelier, etc. C'est nier l'homme en tant qu'homme et lui conférer l'essence (au sens philosophique) d'une machine. La définition du verbe produire, ici, conserve tout son sens capitaliste : créer du capital. Et les bénéfices, loin d'être partagés avec les producteurs, resteront bel et bien dans les poches des patrons, qu'ils soient privés ou publics. Les quelques euros supplémentaires qui arriveront dans la poche des employés seront pires que dérisoires.

Produire pour consommer

Nicolas Sarkozy n'a pas caché son ambition économique pour la France. "Travailler plus pour gagner plus" n'a pas d'autres synonymes que la "relance de l'économie par la consommation". Gagner plus, dans son langage et sa pensée, serait vain sinon.

Mais dans quelle mesure, à quel degré gagnerait-on plus ? Et au prix de quels efforts ? Autant se le dire, les revenus ne seraient relevés que de quelques centimes et n'assureraient pas plus un train de vie décent aux bas-salaires. Quelle consommation leur serait-il autoriser par ces hausses minimes des paies ? C'est là que la démagogie dévoile ses considérations à l'égard de ceux qui passent plus de la moitié de la vie à travailler pour d'autres, dans des conditions déplorables. Non seulement, ils seraient astreints à se laisser asservir davantage pour donner deux fois plus d'argent à ceux qui les exploitent, du fait de la plus-value créée par leur travail mais aussi par l'argent donné en échange des marchandises qu'ils désirent consommer.

En somme, l'homme se résume à une force de travail et un pouvoir d'achat. Une philosophie loin de l'humanisme dont se targue le président français. Mais quel humanisme ? Il n'y a pas d'humanisme libéral qui vaille. Cette hypocrisie place l'homme au coeur de l'économie, l'y enferme, tel un de ses rouages, personnifiant ainsi ladite économie, comme une valeur transcendantale, un dieu qu'il s'est fabriqué. L'humanisme n'existe pas. Ou s'il devait exister, il placerait le bien-être de l'homme et des autres créatures au premier plan, au lieu que ce soit la mécanique économico-financière.

Pour faire vivre ce dieu dont nous parlions à l'instant, l'on doit désormais passer davantage d'heures par semaine à l'usine, au bureau, mais aussi davantage d'années. La réforme des retraites qui se profile depuis quelques mois va rallonger la durée de notre servitude au capital. On espère obliger l'homme à se prosterner aux pieds de la sainte économie personnifiée dans l'Etat, comme si l'on ne pouvait plus se passer d'elle, comme si elle devenait notre seul guide !

Briser la machine

Devoir travailler plus tard que soixante ans, c'est aussi, en quelque sorte, dans l'esprit de nos dirigeants, devoir produire, se saigner pour le patron afin de mériter notre salaire et ce que l'on consomme. Vieux, même improductifs, nous devons épuiser notre souffle pour que le sang coule dans les veines de ce dieu, presque jusqu'à notre mort, comme si la vie était extensible ! Pour ce faire, la fausse science des statistiques, selon laquelle la durée de vie des hommes et des femmes s'allonge, justifie à elle seule le recul de l'âge de la retraite. Il s'agit en fait de travailler jusqu'à ce que mort s'ensuive, de rentabiliser notre santé, notre vie, de manière à ce que, une fois pourrissant dans la tombe, nous n'ayons plus de dette envers le capital. Les êtres humains ne vivraient que pour cette finalité. Le travail donne un sens à leurs misérables existences. Il nous chope presque à la naissance et nous lâche jusqu'à ce que nous ayons un pied dans une boîte en pin !

Lutter contre la précarisation de l'existence, donc, c'est aussi lutter contre l'idéologie malsaine du capitalisme. Nous n'avons pas à perdre notre vie à assouvir la volonté de puissance des patrons et des dirigeants politiques qui nous forcent à la servitude. Ils nous veulent les esclaves de la machine, mais aussi de leur sacro-sainte consommation. Avoir son écran plat, la dernière voiture fraîchement sortie de l'usine, les superbes fringues has-been, les derniers albums de Jenifer... serait l'idéal de vie auquel chacun aspire. Ce n'est pas au capitalisme de nous dicter le sens de la vie, c'est à nous-mêmes et aux sentiments qui brûlent notre coeur, notre corps. La véritable question, celle que nous devrions nous poser à chaque instant : la consommation est-elle la garantie de notre épanouissement ? A l'heure actuelle, à moins de prendre l'initiative permettant une émancipation partielle par rapport au système, nous n'avons presque pas d'autres choix que de consommer les produits du capitalisme. Il suffirait que nous n'ayons plus besoin de lui et que nous lancions un coup de pied dans le château de carte pour qu'il s'effondre. Mais il faudra frapper fort...

La dictature qu'il fait peser sur nos épaules n'a pas d'autres limites que le capitalisme lui-même et ceux qui le servent, qu'ils soient travailleurs révoltés ou simples moutons. Il n'y a jamais eu d'esclaves sans révoltes, ni révolutions. Le pouvoir qu'exerce Sarkozy et sa clique pourrait allumer certains incendies couvés dans nos fors intérieurs à force de frustrations, de vexations, d'humiliations. Nous avons des armes pour nous battre : briser la machine à produire et à faire consommer.

dimanche 16 septembre 2007

Les animaux de cirque, esclaves de l’homme

Elle n’est pas belle, la vie des animaux de cirque. Leurs conditions de vie vous ont-elles interpellés ? Sans doute pas toujours. Mais, vous vous êtes parfois interrogés : sont-ils heureux ? Sans réponse directe de leur part, la meilleure façon de s’en rendre compte est de les observer, eux, ainsi que le comportement de leurs geôliers. C’est ce que j’ai fait dans le cadre de mon métier de journaliste, avec une certaine idée en tête.

De loin, j’ai jeté un coup d’œil sur les remorques où se trouvaient enfermés les fauves. Des cages étroites où ils ont à peine la place de se mouvoir, à la vue du public qui, pour un euro, découvre la faune africaine et asiatique dans quelques boîtes d’à peine quelques mètres cube ! Les herbivores avaient relativement plus de chance. On les avait sortis de leurs cages, mais restaient attachés. La propriété des dompteurs, c’est sacré ! Il ne faut pas qu’elle puisse s’enfuir…

Au lieu de me prêter à cette visite payante et mesquine, je suis entré sous le chapiteau, attendant le début du spectacle. Enfin, la troupe a montré ses joujoux obéissants. Le premier sentiment qui vous frappe est de penser au ridicule de la situation. En fait, le grotesque retombe très vite sur les dompteurs. Qu’ont-ils à se prouver ? Frapper un lion ou un tigre avec son fouet les rend-il plus virils à nos yeux, ceux-là ? Au fond, c’est pathétique et l’on peine à trouver dans le regard de ces humains un rien de respect. Non.

A la vue de tels "spectacles", on ne peut, si on est sensible à la condition animale, que remettre en cause l’existence de telles pratiques. Améliorer la vie de ces êtres ne suffirait pas à réparer le mal qui est fait. La liberté reste la seule garantie de leur bonheur, eux qui vivent dans un climat qui n’est pas adapté à leur vie naturelle. Même s’ils sont nés en Europe. Quel plaisir peut-on ressentir à voir des individus en cages ? Peut-on se réjouir du malheur de ces fauves et autres créatures de la nature ? Devons-nous montrer ce spectacle attristant à nos enfants ? Lions, tigres, chevaux, chameaux, otaries, chats, éléphants… ont-ils vraiment leur place sous un chapiteau et dans des cages ? Il existe d’autres moyens, pas toujours directs (c’est fonction de nos bourses !), d’observer les animaux, sans qu’on ne les humilie.

vendredi 14 septembre 2007

L'art et son commerce

Étant donné la société capitaliste, l'art est un produit de consommation. Elle ne pourra se différencier de la marchandise que lorsque le capitalisme disparaîtra, que lorsque la marchandise n'aura plus lieu d'être, dans sa définition économique. Aujourd'hui, on achète des disques, des livres, des tableaux de maîtres. On entre dans un musée, en bon touriste, contre de la monnaie ; on va voir un spectacle ou un film en payant un billet. L'art se marchande soit directement avec les artistes, soit avec leurs représentants, leurs impresarii, soit avec leurs commerçants.

Là où le commerce de l'art est le plus immonde, c'est quand le commerce prime sur l'art. On s'en rend compte dans les intentions, voilées ou non, des négociants de l'art ou des créateurs. Tout dépend de la valeur qu'accorde l'artiste, ou son intermédiaire, à son oeuvre, qui devrait, vous vous en doutez, se trouver prioritaire.

Le plus dur est de lever le voile sur ces intentions. La condition la plus aisée pour ce faire est, simplement, de s'entretenir avec les artistes, comprendre le comment, le pourquoi, le , même s'il compte en garder une partie de mystère. Il m'est arrivé de rencontrer certains d'entre eux et de pouvoir ressentir quelles parts ils consacrent à l'art et au business. Autant dire que l'expression show biz' n'a pas été inventée pour rien. Un exemple : venez rencontrer un comédien ou un réalisateur faire la promotion de son dernier film, laissez-vous guider par ses paroles et essayez de comprendre le fond de l'oeuvre, si le message a été longuement élaboré, travaillé, s'il a vraiment souffert en créant. Aborder l'aspect économique de son art fait plonger l'artiste dans ce milieu du show business, même s'il ne s'en revendique pas. Si le contenu de son oeuvre n'est qu'un prétexte, du superflu, on pourrait considérer qu'il a atteint le summum de la superficialité. Loin de cela, bien plutôt le reflet de notre vision du monde, l'art est en fait un moyen (le prétexte) et une fin. Il ne peut pas être exclusivement l'un ou l'autre. On ne peut pas faire de l'art pour l'art, pas plus qu'on ne se sert d'un thème (l'amitié, l'amour, la guerre...) de façon superficielle, sans entrer dans le coeur du sujet.

La véritable création artistique n'est pas innée, elle est le fruit d'un travail longtemps pensé, mûri, souffert. Il n'est pas rare qu'un artiste fasse part de sa souffrance en créant, qu'il soit comédien, peintre, sculpteur, musicien, écrivain ou jongleur. Cette souffrance, morale, mais aussi physique, est nécessaire. Ce dans la mesure où le créateur essaie de trouver la note, la phrase, le tracé, la couleur... justes. Parfois tout cela en même temps. Un musicien pourrait s'interroger sur la façon de sculpter un son ; un écrivain, colorer, musicaliser, tailler un texte ; un comédien, peindre une scène, écrire la vie d'un personnage sur ses traits...

Le public recherche parfois à l'excès l'authenticité, à tel point qu'il se fourvoie la plupart du temps. On pourrait admettre l'existence d'un art calculé, d'une part, et d'un art pensé, d'autre part. L'art calculé, forcément démagogique, est le plus souvent apprécié parce qu'il se réfère à des pensées spontanées du spectateur. Il laisse les appâts à la surface sans chercher à construire une réflexion. Le poisson mord parce qu'il est friand de cette nourriture prémâchée. Calculé, l'art l'est dans le sens où le créateur emploie des ingrédients qui ont fait recette une première fois, une autre, etc., sans tenter d'innover dans sa technique, dans son style, dans sa pensée. On pourrait ajouter à cette définition que le calcul se situe dans la façon de mener le public dans un cheminement de pensée banal, avec parfois une identification abusive à certains clichés.

L'art pensé plonge, lui, dans des eaux plus profondes, il scrute notre inconscient, nous sonde, en créant des personnages authentiques, singuliers. Il pousse sans doute plus à réfléchir, quelle que soit le thème. L'oeuvre doit, d'une certaine façon, garder certains mystères. N'aimez-vous pas vous poser des questions au sortir d'un spectacle, d'une salle de cinéma, d'un musée, d'une exposition ?...

Il n'est pas aisé de distinguer ces deux types d'art, du moins pas toujours. Faudrait-il connaître l'oeuvre jusque dans son intimité, ou presque, pour la démasquer, ou connaître une grande partie de la personnalité de l'artiste ? Certains individus ont parfois plus de facilité à décrypter l'oeuvre, à détailler mentalement le travail artistique et à en conclure la somme et la qualité du labeur qu'il a fallu pour arriver au résultat final. Heureusement, nul n'est infaillible, l'erreur de diagnostic est fréquent. En toute honnêteté, l'on devrait connaître un minimum l'art pour le juger, l'avoir pratiqué d'une façon ou d'une autre, à des degrés de compétence différents.

L'art calculé pourrait également se concevoir comme un art trop plein d'effets. L'erreur que commettent certains artistes est d'utiliser une orgie d'effets, de figures de style, de techniques, etc., à en rendre la lecture de l'oeuvre incompréhensible. A troquer la délicatesse contre l'effet, l'artiste fonce littéralement dans le mur. La justesse fait partie de l'artiste, s'il reste sincère. Elle l'abandonne dès qu'il veut avancer plus vite que la musique, s'il ne souffre pas un peu.

L'oeuvre d'art est une partie de soi-même. Il n'y a pas d'oeuvre d'art sans introspection, cause de la souffrance dont on parlait. Et paradoxalement, il n'y a pas d'oeuvre d'art sans plaisir. Sans plaisir ultime, lorsque l'oeuvre est considérée comme achevée. Dans un vocable plus parlé, l'art, le véritable, est celui qui sort des tripes !

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La critique est facile, l'art difficile. Le proverbe est relativement vrai. Relativement, car critiquer une oeuvre nécessite un travail mental particulièrement aiguisé. Ajoutez à cela que la perfection en art comme en autre chose ne pourra jamais être atteinte. Sinon, à quoi bon créer ?

La question de l'art n'est pas abordée ici par pur plaisir. Une certaine nécessité, que je ne saurais pas définir dès à présent, me pousse à m'exprimer, même si les formulations peuvent paraître malhabiles. Comme la plupart des textes précédents, ce texte constitue une ébauche de réflexion qu'il convient à chacun d'entre nous de compléter. Aussi vous laissé-je la parole. N'hésitez pas à me faire part de vos commentaires.

lundi 10 septembre 2007

Pensées à méditer...

Qu'est-ce que la lutte des classes, au fond ? Elle se résume au refus d'être "classé" et de se retrouver soumis à la hiérarchie. Les classes sociales, au fond, n'ont jamais représenté l'essence des êtres. Elles sont des créations abstraites et arbitraires qui se sont accrochées aux hommes et aux femmes afin de mieux les diviser et assurer l'ordre selon la volonté des classes qui se sont autoproclamées dominantes.

Ne plus s'identifier à une classe, c'est déjà s'émanciper, retrouver son statut d'être vivant au lieu de se considérer comme la machine à produire du capitalisme.

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L'art, c'est la poésie. La poésie est pensée. La poésie, donc l'art, est une pensée, qui s'exprime, qui s'élabore.

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Puisque l'homme est un animal, la protection animale est une cause humaniste.

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Débarrassons l'humanisme de ses connotations libérales. Le libéralisme - par voie de conséquence, le capitalisme - ne peut pas être humaniste, puisque cette doctrine place l'homme au rang de machine à fabriquer, d'homo oeconomicus. Penser l'homme en tant qu'homme et être animal serait davantage l'expression de l'humanisme, qui doit viser à l'émancipation des hommes et des autres animaux, c'est-à-dire leur dé-mercantilisation. Ainsi pourrait-on concevoir un humanisme libertaire.

lundi 27 août 2007

Travailler plus ou travailler moins ?

Avertissement : Ce texte n'est pas un inédit. Ecrit par mes soins, il a été publié, tout d'abord, sur le blog de la CNT-AIT de Rouen. Je vous invite à faire un tour sur ce site : http://cntaitrouen.blogspot.com/ Il est également paru dans le "Combat Syndicaliste" (CNT-AIT de Midi-Pyrénées, à ne pas confondre avec la CNT-F dite des Vignolles) d'Avril-Mai 2007. A titre informatif, ce journal a changé de nom. Son nouveau titre est : "Anarchosyndicalisme".

Ce texte n'est qu'une ébauche de réflexion. Comme tout texte, à mon avis, il reste inachevé. Tout du moins, celui-ci servira à un développement plus ample. Je vous laisse enfin le découvrir.

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Voici un dilemme qui risque de faire autant d'heureux que de mécontents. Et l'on peut inverser la formule, quoi qu'il arrive - c'est selon les points de vue ! Faut-il travailler plus ? Faut-il travailler moins ? Ou alors, formulons les questions autrement : les patrons devraient-ils nous faire travailler plus ? ou moins ? De ce point de vue, on peut comprendre que ces questions sont évidemment insatisfaisantes. Pourquoi serait-ce aux patrons, aux petits chefs et autres larbins du capitalisme de décider du temps que nous passerons à bosser et à paresser ? Devrions-nous d'ailleurs décider de travailler ?

Cela remonte à la fin janvier, une certaine Laurence Parisot, que tout le monde connaît (ou presque, pour ceux qui ne suivent pas l'actualité), plus connue pour ses fonctions de Présidente du Medef, proposait aux candidats à l'élection présidentielle d'abroger la loi sur les trente-cinq heures - qui était déjà fabriquée aux bénéfices du patronnat, soit dit en passant - et de les remplacer par le " plafond européen ", c'est-à-dire par les quarante-huit heures !

Quarante-huit heures de travail par semaine, ce qui fait, sur cinq jours, un peu plus de neuf heures et demie de travail par jour. Ou six journées complètes de huit heures ! Au total, dans le deuxième cas, cela ne fait qu'une journée pour récupérer la fatigue d'une semaine de travail. A ce rythme, autant supprimer la journée chômée et les congés payés !

Ces trente-cinq heures - et bientôt ces quarante-huit heures ! - sont un véritable phénomène sociétal. Sociétal et non social ! En vérité, cette polémique du temps de travail est presque aussi vieille que l'apparition du mouvement social et syndical : travailler moins est considéré comme un dû lorsque l'on donne les trois quarts de sa vie à son patron. Cela a notamment commencé avec la revendication des journées de travail à huit heures !

Cependant, certains malades du travail affirmeront vouloir travailler davantage pour gagner plus pendant que d'autres voudront travailler moins pour... dépenser plus ! La réduction du temps de travail pose cette question, en vrai, celle du temps libre, des loisirs.

Visiblement, les patrons ne sont pas décidés à nous voir nous adonner à l'oisiveté. Pourtant, elle leur permet également de se faire du fric sur notre dos. Il faut bien admettre que la généralisation des RTT (réduction du temps de travail) avec l'arrivée des trente-cinq heures a relancé légèrement l'économie du tourisme et des loisirs. Un "légèrement" non négligeable en soi car de nouvelles activités, de nouveaux produits... de loisirs sont apparus. A ce propos, cette dichotomisation du travail avec les loisirs accentue cet aspect asservissant de l'activité laborieuse. Les loisirs sont considérées, concrètement, comme une liberté accordée par le patron, par l'état. Ils ne sont pas, en soi, appropriés, ils sont concédés, comme de menus avantages en nature, comme un excédent de générosité de ceux pour lesquels on loue notre force de travail.

Avons-nous besoin de travailler ?

Les trente-cinq heures, un phénomène sociétal ? Parce que la question est, justement, bien qu'à moitié posée, qu'on a commencé à prendre en considération le fait que la vie n'est pas uniquement faite pour le travail et que le travail usait plus vite les hommes et les femmes, les jeunes autant que les vieux. Baisser le temps de travail permettait à certains patrons de rentabiliser leurs producteurs, dans le sens où réduire la quantité horaire pouvait réduire, pensaient-ils, la fatigue. Sauf que dans la réalité, les patrons, les petits chefs et compagnie espéraient qu'avec près de quatre heures en moins de travail, les producteurs fabriqueraient autant. Ce qui, finalement, revenait au même, voire pire puisqu'il fallait faire davantage d'efforts pour maintenir la productivité.

On pourrait reprocher à nos dirigeants, ceux qui ont décidé de mettre en place cette loi des trente-cinq heures, d'avoir fait dans la demie mesure. Pourquoi pas trente heures ? vingt-quatre heures ? vingt heures de travail ? dix heures ?

Avons-nous besoin de travailler autant ?... Avons-nous véritablement besoin de travailler ? Et de quelle manière devrions-nous " travailler " au final ?

Le travail, la société capitaliste en a besoin. Elle en a besoin parce qu'il existe une portion de l'humanité qui joue avec la santé, la vie d'une autre portion de cette humanité pour son propre bénéfice, pour son propre luxe, pour son seul intérêt. Cette deuxième portion de l'humanité est, quant à elle, dépossédée des produits et des bénéfices qu'elle crée, tout en sachant que, par exemple, certaines activités qu'exercent ces exploités n'ont aucune utilité pour le bien-être, le mieux-être global de la société et encore moins d'eux-mêmes ! On peut résumer cela par ces formules : la production pour la production, le luxe de produire du superflu.

Est-il vraiment nécessaire de travailler pour vivre ? Si peu en vérité. Encore, s'agirait-il vraiment de travail que de subvenir à ses propres besoins en fabriquant le nécessaire à sa propre vie, sans pour autant verser dans l'ascétisme le plus démesuré. Actuellement, nous sommes dans une société de survie, parce que les hommes et les femmes, quelque soit leur âge, vivent pour produire au lieu de produire pour vivre. Cela serait même une avancée si l'on dépassait ce deuxième postulat.

Le cadre du capitalisme ne permet pas pareille réflexion. Il devient indispensable de penser autrement le monde, de le façonner d'une manière (plus) humaine, donc de reformuler le travail, la façon de travailler.

Sans verser dans l'utilitarisme, notons que les activités de l'homme sont loin d'être toutes saines et qu'il est possible, sans grosses pertes pour le bien-être de chacun, de supprimer la plupart d'entre elles. Il n'est pas nécessaire de se creuser la tête pour trouver des exemples. Réfléchissez notamment aux activités polluantes et dangereuses pour la nature, donc pour l'homme : l'industrie pétrolière, l'industrie énergétique, l'industrie automobile, etc. Cela nous amène à considérer les moyens pour substituer l'électricité nucléaire, les moyens de locomotion polluants, les emballages plastiques, certains produits de consommation courante produits à base de pétrole...

Hormis ces considérations écologiques, revenons aux considérations " vitales ". A quelles activités devraient donc s'adonner les hommes ?

La réponse pourrait être considérée comme simpliste. Or, j'y préfère l'adjectif " simple ". En vérité, l'être humain ne devrait s'occuper que des activités qui lui sont plaisantes et qui permettent son épanouissement. Cultiver son jardin, fabriquer ses vêtements, construire son logement, produire des oeuvres d'art, travailler la mécanique, élever ses enfants, prendre soin de la nature, des animaux, voyager, s'adonner aux plaisirs de la chair, etc., etc.

Les possibilités sont nombreuses et il en manque. En se libérant de la tutelle des patrons, des chefs, des flics - des oppresseurs, pour résumer... l'homme retrouvera les moyens de s'épanouir et de transformer son existence en vie, au lieu de la pénible survie qui lui est autorisée. Ce n'est pas en espérant le plein emploi que l'homme s'émancipera, mais en faisant de ses activités un emploi intelligent, qu'elles soient aussi naturelles qu'épanouissantes pour sa personne. Car n'est utile que ce qui permet à chacun de s'ouvrir au monde, à la vie, à la liberté, et non pas ce qui lui permet seulement d'assouvir ses besoins les plus élémentaires. La vie, c'est la jouissance du corps et de l'esprit !

Ce n'est pas en engraissant les plus riches non plus, ni en alimentant l'état, sa machine castratrice que les humains parviendront à s'émanciper. A bien y réfléchir, l'évidence saute aux yeux. Le capitalisme ou tout autre système d'exploitation de l'homme par l'homme ne pourrait pas réaliser ce nouveau mode de vie. Au centre de la société capitaliste, ce n'est pas l'homme qui y est placé. C'est l'argent, le pouvoir. En se plaçant, en se pensant comme sujet, au lieu de s'attacher à des valeurs artificielles, l'homme parviendra déjà à une micro-révolution. Ainsi changer le travail, le substituer, signifierait changer nos vies. Et changer nos vies passe par le dépassement de l'ordre actuel des choses !

vendredi 24 août 2007

Régime sec pour le mammouth !

Ça ne vous fait pas rire ? Moi, non plus ! Enfin, presque, à une nuance près...

Onze mille postes non renouvelés dans l'Education nationale. Voici l'annonce approximative de l'objectif fixé par Xavier Darcos, actuel sinistre de la susdite institution. A l'heure où tout un chacun reconnaît qu'il manque des professeurs dans tous les établissements scolaires, le gouvernement propose à chaque enseignant des classes surchargées et aux élèves un enseignement de moins bonne qualité - si possible, sous le contrôle de l'Eglise catholique. Pour palier cela, il vaut mieux investir dans un programme télévisé, sur tous les canaux, capable de décérébrer nos enfants en un temps record !

L'école, pour quoi faire ?...

Admettons, tout de même, que l'école est de plus en plus pensée comme la couveuse de l'économie de marché. Les entreprises y feraient presque leurs courses : "Tiens je vais m'offrir un petit stagiaire gratos !" ou : "Celui-là, il n'a pas à réfléchir sur son existence : travaux manuels au lieu de philosophie !"

L'école n'est pas toujours un outil d'émancipation, même si elle permet à certains individus de s'affirmer. L'institution scolaire n'apprend pas à former l'esprit critique, elle le neutralise. Elle ne le détruit pas - non, certainement pas -, elle le neutralise. On y enseigne des vérités officielles, sans avoir recours à une lecture plurielle de l'histoire, de la philosophie, de la langue, de l'économie, de la "citoyenneté", des sciences... Apprendre à réfléchir, mais pas trop. On bride rapidement les tendances subversives de chacun. Celui qui, à la limite, travaille par lui-même des centres d'intérêts non officiels aurait sans doute plus de chance d'acquérir une connaissance plus complète.

Alors ? me direz-vous. Que faire ?

D'une certaine manière, les parents sont les garants, plus ou moins directs, de la formation intellectuelle de leur progéniture. En tant qu'êtres conscients, nous pouvons la guider dans ses lectures, selon son désir. Imposer n'est pas une solution et n'aide pas à apprendre. Être le guide ne consiste pas à contraindre l'enfant à lire, à apprendre par coeur...

Il est très important, aussi, d'écouter ce dont a envie le jeune et de lui apprendre à apprendre. Car il n'est pas seulement question du contenu de l'enseignement, mais aussi de la méthode. L'Education nationale pêche dans ces deux domaines : un contenu passablement censuré - et révisé - assorti d'une méthode de travail qui peine à évoluer, notamment dans l'apprentissage de la langue maternelle, mais aussi dans les langues vivantes, l'histoire, la géographie...

Un exemple, que je tire de ma propre expérience d'ancien écolier : à quoi bon apprendre des dates ? Celles-là suffisent-elles à nous éclairer sur l'histoire de notre pays et du monde ? Ne faut-il pas comprendre pour apprendre afin d'apprendre pour comprendre ? La curiosité ne s'établit pas aux premières lectures, plus ou moins imposées, elle s'ébauche dès les premières "leçons". Pour donner le goût de l'apprentissage, il faut permettre aux apprenants de sortir du "apprendre pour apprendre". Mais aussi, leur permettre de développer leur capacité de jugement, de critique, de pensée.

Car, à propos de la neutralisation de l'esprit critique, l'Education nationale ne propose pas un éventuel dépassement de ce monde. Ce n'est pas son rôle étant donné son assujettissement à l'Etat. L'enseignement tel qu'il est pratiqué s'inscrit dans la continuité de la gestion capitaliste. Ne nous étonnons pas de cette information susmentionnée. L'objectif du gouvernement actuel, de ceux qui ont précédé et de ceux qui suivront, n'est pas de faire de chaque personne un être pensant de façon autonome. Au contraire, former des citoyens serviles, prêts à l'emploi pour exécuter des tâches misérables, servirait davantage ses desseins.

De l'OGM dans nos assiettes !

Voilà qui en dit long sur les méthodes de nos dirigeants. Depuis 2002, aucune loi n'avait été votée pour autoriser la culture des OGM. Il s'agissait uniquement d'un décret, suite à une directive européenne prise la même année.

Monsieur Jean-Louis Borloo souhaite donc passer par le Parlement, enfin, mais cela est-il le signe d'une ouverture du dialogue avec les associations écologiques ? S'agit-il d'interdire la culture de ces plantes à l'air libre ? Ne nous faisons pas trop d'illusions. La petite réplique de ce cher Ministre de l'Ecologie ("Vous verrez que votre santé va changer") n'est que pur cynisme, dévoile bien les intentions du gouvernement de poursuivre la plantation d'Organismes génétiquement modifiés.

Qu'est-ce qui prouve que les OGM n'apportent que des bienfaits pour notre santé ? Aucun scientifique n'a encore prouvé les bienfaits de ces plantes, préférant jouer aux apprentis sorciers, sans se préoccuper des conséquences.

Anti-éditos !

Lisez-vous la presse locale et régionale ? Si vous voulez lancer des débats d'idée, dans le meilleur des cas, ou, au pire, vous marrer un bon coup, apesantissez-vous sur certains "papiers" où les rédacteurs en chef dévoilent une partie, voire la totalité, de leur opinion. La plupart du temps, celle-ci apparaît uniquement dans les éditos, mais pas seulement !

Bien sûr, il y a ceux qui savent formuler leur opinion avec dextérité, même si l'on n'est pas nécessairement d'accord avec eux. D'autres n'ont pas suffisamment de talent pour se permettre pareil exercice de style et, souvent, s'abstiennent de tout commentaire. Mais hélas, il y a ceux que cette mince tâche flatte les ego.

Je dis "hélas" car ces dernières personnes n'ont ni plume ni idées. Généralement l'on a droit à des constats ou des analyses puériles faisant appel aux instincts les plus bas avec force sentiments sécuritaires, réactionnaires, etc., qui ne cessent de pourrir la presse.

Ne parlons pas du lectorat, qui, en partie, fait rarement preuve d'esprit critique.

samedi 18 août 2007

Art majeur pour gens mineurs...

"Cela existe peu des artistes qui réunissent ainsi des élèves."

Moi qui connaissait, grâce à mon oncle, aquarelliste assez connu en Normandie, un peintre, hélas décédé depuis quelques années, je me tâte d'intervenir et finis par rectifier, en quelques sortes, l'assertion de mon interlocuteur : "Oui, mais il y avait Lionel Ouine." C'était l'artiste auquel je me référais précédemment, qui, même mort, réunit encore certains de ses élèves non loin de la région rouennaise. Ce peintre aux talents multiples - j'étais presque en extase devant ses toiles en noir et blanc, puis les sépias - représentait la tendance figurative de l'art contemporain.

Un silence. Et le bonhomme, un galériste, de me répondre presque furieusement : "Mais Lionel Ouine, il ne fait pas partie de l'École de Rouen... Je vous parie trente-cinq bouteilles de champagne qu'on ne vend plus une toile de lui dans vingt ans !"

Voici comment ce monsieur, qui ne mérite pas qu'on cite son nom ici, considère les artistes qui ne font pas partie de sa référence artistique. Tantôt, cet individu me parle de la valeur... monétaire de tel artiste, tantôt il compare les ventes d'un "figuratif" qu'il honnit avec celles d'un de ceux qu'il admire presque religieusement. Autant s'interroger sur ce qui a le plus de valeur à ses yeux : l'art pour lui-même ou les billets qu'il lui rapporte ?

Pour ce qui est du pari, il ne faudrait pas que ce monsieur compare sa bourse à la mienne. La sienne semble, selon toute apparence, fort plus fournie, proportionnellement à sa suffisance...


(L'image est une des nombreuses huiles que Claude Monet a peintes de la cathédrale de Rouen.)

Sondages

Comme vous ne l'avez sans doute pas encore remarqué, le blog s'est doté d'une petite nouveauté : un sondage.

Alors, pour inaugurer un peu le bébé, le premier sondage vous interroge sur... les sondages !

Bien entendu, je vous invite vivement à voter (si vous êtes anarchistes, faites un petit effort !) et à me glisser quelques commentaires à la suite de ce message même, de préférence. Histoire que je me marre un peu, moi aussi !

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Comme il n'est pas de nouveautés seules, vous avez pu remarquer que le blog a changé de nom. Je suis désolé si cela vous perturbe un peu, mais le dernier titre... me perturbait par son allure austèrement prétentieuse - je n'avais pas d'idée extraordinaire, dois-je reconnaître. Donc, j'ai décidé de donner un intitulé moins "prise de tête", plus "j'm'en foutiste".

Si des remarques chatouillent votre langue ou vos doigts (qui aiment tapoter votre clavier azerty), laissez-leur libre cours.

Par ailleurs, comme le blog n'a pas beaucoup évolué, je vais essayer de tenir une promesse que je m'étais fait à moi-même : je tâcherai d'actualiser le plus régulièrement possible ce blog. La chose n'est pas aisée quand on a plein d'idée. Toutefois, mon objectif est surtout de laisser des textes de qualité, ce qui est difficile étant donné certaines conditions de travail. Seulement, j'ajouterai : la chose est possible, réalisable.

A très bientôt, mes chers lecteurs !

Rentrée politique... Quelle rentrée politique ?

Disons que le titre pourrait se suffire à lui-même ! Si vous le souhaitez, je peux arrêter tout de suite d'écrire ce petit texte, hein ?... Non ?!... D'accord, je continue !

En fait de rentrée politique, il vaut mieux, déjà, se rappeler qu'une certaine majorité au pouvoir n'a absolument pas pris de vacances pour s'en prendre aux universités, à la défiscalisation des gros revenus, aux franchises médicales, au service minimum... J'en passe et des meilleurs. Autant dire que nos chers syndicats réformistes vont avoir du boulot pour contrer ce qui est adopté. A la limite, pourraient-ils sauver les apparences en lançant le mot d'ordre de grève générale ! Mais, entre nous soit dit : il faut que j'arrête de rêver.

L'état général de la conscience politique présage des mois, des années, de dur labeur pour les militants qui ont, à mes yeux, une juste idée sur le système capitaliste actuel. Si ce blog a été créé, c'est en partie pour dévoiler, à ceux qui peuvent se connecter à Internet surtout, certaines idées en rupture avec ce monde. La rentrée est l'occasion pour de nombreux copains et d'autres militants que je ne connais pas de mettre à profit les luttes qui ont marqué ces deux, trois, quatre, dernières, et plus ! L'heure est à la clarification des idées, afin : de s'en prendre aux dogmes cramoisis, de faire face au désespoir chronique qui peut frapper aussi bien les militants que les personnes qui partagent certaines de nos idées, d'analyser la situation, bien plus complexe que certains le croient...

En bref, nous avons certaines bases à construire ou reconstruire.

samedi 7 juillet 2007

Quand la gauche se meurt...

Le fait est incontestable, même certains spécialistes de notre société marchande le reconnaissent, à moitié avec déception et avidité : la gauche se délite. La gauche et son extrême. L'historien Emmanuel Todd, mardi 19 juin sur France Inter, relançait sa remarque de la fin des idéologies. L'actualité lui donne un peu raison. Le Parti socialiste et le Parti communiste, entre autres, ne portent plus les valeurs d'une gauche proche des exploités. Au lieu de cela, comme la plupart des organisations politiques mêlées de près comme de loin à la gestion du capitalisme, le phénomène de « droitisation » n'épargne personne, excepté ceux qui résistent à l'appel des urnes et affirment une volonté de rupture réelle avec la société de classes capitaliste.

Si ces partis souhaitent sortir de leur inéluctable décadence, ils doivent radicaliser leurs discours et leurs actions. Autant se le dire franchement, ce n'est pas près de se produire. Les partis socialiste et communiste, les écologistes, les trotskystes, les altermondialistes ne veulent pas sortir de leur logique gestionnaire et doivent sans cesse s'adapter dans ce sens. L'évidence n'est plus, selon eux, à la remise en cause totale du système, mais à une sorte d'hybride dirigiste, néo-keynésienne : le capitalisme à visage humain. Un capitalisme anti-libéral qui n'abolirait pas l'exploitation salariée.

Cet antilibéralisme « viscéral » cache, au final, une idéologie plate, creuse, sans contenu, qui propose une réforme substantielle du système socio-économique et politique. Derrière des discours « alter »-truc à la forme plus violente que le fond, on passe la pommade mielleuse, prêt à des concessions pragmatiques.

Le spectaculaire supplante l'efficace. Et les électeurs - comme certains non-électeurs - ne se satisfont pas de ce spectacle de Guignol, lui préférant un spectacle plus dur, plus autoritaire, plus sincère même, à droite. Au lieu d'élire une gauchiste droitière - Ségolène Royal -, les électeurs français lui ont préféré un « droitiste » de droite, ce qui leur semblait vraisemblablement plus cohérent.

Les résultats le prouvent. Nicolas Sarkozy n'aurait pas obtenu autant de voix au premier tour. Sa victoire n'aurait pas été aussi nette au second. La candidate socialiste n'aurait pas enregistré un score aussi faible au premier ni au second, non plus. Le PC, quant à lui, s'est effondré, à cause de lui-même mais aussi à cause du vote utile. Ce qui prouve à quel point, d'ailleurs, Ségolène Royal n'a enthousiasmé personne dans son camp, puisque les voix qu'elle a obtenues lui viennent en grande partie de sa gauche, au détriment de cette dernière.

À l'exception de la LCR, qui enregistre aux alentours de 4 % de suffrages, l'extrême gauche trotskyste, les altermondialistes et les Verts se sont engouffrés dans des taux de vote intimes...

Les rêves de Grand Parti de Gauche prennent la direction de l'oubli, dirait-on. Cela est sans doute une bonne occasion pour les réformistes de se poser les bonnes questions et d'y trouver des réponses. Mais lesquelles ? PS-Verts-PC n'ont presque plus rien à envier à leurs adversaires de droite. De l'hypocrisie à la trahison, et j'en passe, ces organisations politiques ne peuvent plus séduire l'électorat « populaire ». Ils n'ont que trop démontré l'incompatibilité entre leur socialisme réformiste et la gestion du système.

Quant aux trotskystes et autres altermondialistes, à jouer le jeu électoral, ils en oublient leur raison d'être, qui a, par voie de conséquence, quasiment disparu.

Cela donne à réfléchir. Et c'est bien ! L'on sait, définitivement, que l'électoralisme est une plaie à tout mouvement qui se prétend révolutionnaire ou « socialiste ». La question que l'on doit se poser, à présent : comment s'organise-t-on ?

samedi 9 juin 2007

"Je les veux aujourd'hui !"

Une bénévole d'une association de protection animale, Rêves de Toits 77, est en colère. En ce moment, la vague d'abandon s'approche du sommet. Cela a déjà de quoi la mettre en rogne, même si elle éprouve une certaine joie (et une joie certaine) de venir en aide aux animaux à plumes, à poils ou à écailles.

Son association a pour but, entre autres, de chercher des familles d'accueil (provisoires) et des adoptants. En ce moment, elle a, parmi les hamsters, octodons, perruches calopsittes, chiens, chats etc., certains animaux à sauver et reçoit des appels de personnes qui envisageraient l'adoption.

Quelle n'est pas sa surprise lorsque certaines se montrent particulièrement exigentes ! Un jour, un jeune l'appelle et lui demande si les octodons sont disponibles. Au prime abord, le boutonneux n'avait pas l'air aimable et, au risque de fâcher notre bénévole, il s'exclame ainsi : "Je les veux aujourd'hui !"

Choquée, elle lui répond : "Nous ne sommes pas une animalerie !" Évidemment, puisqu'elle n'avait pas les petites bêtes sous la main et que les animaux se trouvent parfois à l'autre bout de la France.

Quelques jours plus tard, elle reçoit l'appel d'un monsieur, visiblement sympathique. Il accepte toutes les conditions d'adoption et toutes les formalités : à savoir que l'association n'impose aucune participation financière, sauf si l'animal a dû subir une intervention médicale. Les adoptants donnent ce qu'ils veulent par ailleurs, et les fonds sont reversés à l'association dans l'optique, toujours, d'aider les animaux.

A son tour, le bonhomme la questionne ainsi : "On peut les avoir ce soir ou demain ?"

Nouveau choc. Mais la bénévole garde son calme et explique qu'elle ne peut pas donner les animaux, ni le soir ni le lendemain, qu'il faut attendre aux moins deux semaines. "C'est mon amie, présidente de l'association, qui les a actuellement en famille d'accueil, mais elle ne vient pas avant quinze jours", déclare-t-elle. A ces paroles, le sympathique monsieur répond : "On ne peut pas les prendre alors." A cette contrariété, notre passionnée des animaux n'oublie certainement pas de répliquer : "Nous sommes une association de protection animale, monsieur. Pas une animalerie !"

A chacun son Morin

Le Canard Enchaîné n'a pas été long pour faire part de certaines tromperies électoralistes et clientélistes dans le cadre de ces législatives. Le nouveau parti (PSLE) d'un certain Hervé Morin, nouveau sinistre de la Défense, compte parmi ces organes opportunistes et d'opportunistes.

Certaines circonscriptions, comme, par exemple, la quatrième de Seine-Maritime, se trouvent dotées d'un candidat qui ne se fait pas connaître du public ni des journalistes, qui, manque de bol, ne parviennent pas à le joindre, visiblement. Et devinez comment s'appelle ce PSLE : Julien... Morin. D'après des rumeurs, ce jeune homme de vingt-six ans serait le neveu du premier. A vérifier !

Ainsi, comme le soulignait ostensiblement le Canard Enchaîné, le nouveau parti d'extrême centre a multiplié les candidatures pour se faire du blé sur le dos des contribuables. Je cite ce même journal, reprenant les propos de Maurice Leroy, qui justifie ces "candidatures bidons" : " On est obligé parce que la loi dit "faut cinquante candidats" et sinon tu perds le pognon."

Et des partis tels que le FN, le MNR... qui n'ont aucune implantation réelle sur le terrain et n'attendent que les élections pour se montrer, ne sont pas exempts de ce genre de remarques. Par exemple, le MNR place, dans la circonscription de Louviers (Eure), des affiches électorales avec seulement la tête de leur commissaire Mégret !

Voilà ce qu'est la politique : du clientélisme... ou du Morinisme !
A vous de choisir.

dimanche 3 juin 2007

SOUTENONS ALEXANDRE !

Le 16 mai, alors que le pantin burlesque se faisait introniser, Alexandre, un jeune ouvrier du bâtiment, se fait interpeller pour un simple collage d'affiche. Lors de sa garde à vue, où rien d'autre ne lui est reproché, il refuse le prélèvement et le fichage de son ADN. Comme il n'était que prévisible, ce fichage, réservé à l'origine aux seuls condamnés pour pédophilie, se généralise à la plupart des personnes placées en garde à vue, hormis les auteurs d'escroqueries et de corruptions, accentuant ainsi le contrôle social, la policisation de cette société et la justice de classe.

Ce nouveau type de fichage touche particulièrement les acteurs des mouvements sociaux, manifestants, résistants de toutes sortes, opposants politiques. Mais le Fichier National des Empreintes Génétiques se remplit aujourd'hui d'ADN d'enfants de moins de 10 ans. Initiée par la Loi Sécurité Quotidienne de Monsieur Jospin, raffermie par la Loi Sécurité Intérieure de Monsieur Sarkozy, cette pratique pourrait s'étendre à chaque individu, à sa naissance. Preuve une nouvelle fois que la démocratie, de droite comme de gauche, se satisfait des méthodes les plus totalitaires.

La CNT-AIT [1] a toujours lutté contre le flicage de nos vies et la répression de notre contestation. Elle s'est fermement positionnée contre le totalitarisme techno-scientiste lors de son dernier congrès. L'élaboration de ce fichier montre comment le « progrès » de cette société satisfait avant tout son élite et sa sécurité. La logique aliénante et mortifère de l'Etat et du capitalisme doit être refusée constamment.

Nous ne pouvons que féliciter le courage d'Alexandre et soutenir pleinement son refus. Adressez lui vos encouragements et solidarités, signez la pétition, accompagnez le au Palais de Justice de Rouen, 4° chambre du Tribunal Correctionnel, le 6 juin 2007 à 13H15.

Pour tout contact, joignez le Collectif Refus ADN Rouen : refusadnrouen@no-log.org


ou écrivez à l'adresse : CNT-AIT c/o STA, BP 1021, 76171 ROUEN Cedex 1.


Refusons le fichage et organisons nous !



[1] qui diffuse ce message sur son blog de Rouen et son forum caennais, ainsi qu'en version papier.

samedi 26 mai 2007

ARBEIT MACHT FREI : «Le travail rend libre», fronton du Camp d'extermination d'Auschwitz 1941. Propos de Nicolas Sarkozy 2007.

Depuis le soir du 6 Mai, des milliers de jeunes et moins jeunes s'insurgent spontanément contre l'avénement du Champion libéral et sécuritaire. C'est la première fois qu'est ainsi remis en cause le spectacle politicien de la « démocratie » représentative. Cette émotion populaire connait une répréssion violente et disproportionnée. Alors qu'aucune manifestation n'égale les dégats humains et matériels de l'émeute de chasseurs que connu Rouen le 17 décembre 2005, les brutalités, comparutions immédiates et peines de prisons fermes démontrent une nouvelle fois la partialité policière et judiciaire.

Cette révolte dépasse le dégoût d'un seul homme. Nous n'avions rien à espérer du jeu éléctoral. Personne d'autre que nous même ne saurait nous sortir de la logique mortifère du travail et de la consommation. Aucune touche de gôche, de consensus, de partenariat social ou de féminité ne saurait adoucir le sort que nous reserve la société capitaliste. Accentuation de la misère et de la précarité, hausse du suicide et de la dépendance aux psychotropes, dégradation du lien social, destruction de notre environnement, tel est le prix de la paix sociale. Le model incarné par Nicolas Sarkozy n'en est qu'un paroxisme burlesque.

Nous devons dés aujourd'hui rompre notre isolement, notre silence et notre ennui, construire de nouveaux liens pour demain, exprimer notre solidarité constante entre victimes de la politique réactionnaire : rebels inculpés, « sans » de toute sorte, esclaves modernes... Nous devons non seulement préparer la resistance aux attaques libérales et autoritaires annoncées mais aussi organiser l'offensive de cette société spectaculaire marchande.

Solidarité avec tous les inculpés !

jeudi 19 avril 2007

La dictature des groupes, de l'impossible objectivité

Quelle ligne éditoriale ? L'évidence ne saute pas toujours aux yeux des lecteurs. Sous couvert de l'objectivité, la presse régionale et locale n'est pas aussi indépendante qu'elle le prétend. D'abord, des lieux communs. Avec vulgarité, elle se vautre dans le populisme le plus sournois, n'hésitant pas, à travers les faits divers qu'elle relate, à stigmatiser, à faire des cas particuliers des cas généraux. Par exemple, le racisme ordinaire, déguisé, bricolé, se manifeste sans honte et sans choquer. Cela ajouté au fait que pareils sujets ne sont traités qu'en surface. Que la seule histoire du pauvre voleur de mobylette n'est que cette histoire de pauvre voleur de mobylette ! Rien de plus.

Les journalistes ne sont pas à l'abri d'influences extérieures et intérieures. Dans le premier des cas, il est question principalement des élus avec lesquels l'on peut se trouver des affinités. En découle la peur de déplaire et de ne pas faire de vagues, sinon plus de scoops, plus d'infos. La cause consensuelle est devenue une mode, non seulement par ce souci, mais aussi du fait que l'écriture est presque un acte chronométré qui ne laisse pas la place à une réflexion approfondie. Faute de temps...

Du fait d'une certaine culture d'entreprise, certaines journaux, qui font généralement partie d'un groupe (Ouest-France, Hersant, etc.), cultivent certains sujets dits de "synergie". Une synergie qui, généralement, élève les journaux frères au dessus de leur ligne éditoriale locale et révèle leur véritable identité idéologique. Un révélateur qui, de ce fait, force le journaliste à adopter une position qui n'est pas sienne parce qu'il sait qu'il sera lu attentivement par ses collègues et ses supérieurs hiérarchiques extérieurs à la rédaction même. Et, bien que le délit d'opinion n'existe pas officiellement, il est une réalité.

Non content de censurer, le patron exhorte à l'auto-censure. Parfois, il n'a même pas besoin de dire un mot. En guise de slogan, de leitmotiv, les canards pourraient scander, suivant leurs maîtres, leur Big Brother : "L'auto-censure, c'est information. La pensée objective est celle de mon chef."

Les pressions sont souvent fortes sur les brebis égarées (et qui le montrent). Au détour de discussions, certains témoignages vous paressent presque surréalistes. L'ensemble du groupe est aussi bien touché que le sein même d'une rédaction. Le culte de l'objectivité, érigée comme une valeur morale, monte à la tête des rédac'chef, n'autorisant à personne quelque écart de conduite. Cette idôlatrie de la vérité objective est par là même devenue une inquisition. En réalité, seul le rédacteur en chef est garant de cette objectivité. Si pour lui, la discrimination syndicale est un sujet politique. Ainsi soit-il ! Au-delà de toute considération philosophique ou linguistique, on ne peut que constater, à chaque page de journal, que l'objectivité est un leurre et qu'elle est sujet à interprétations.

Méditons !...

samedi 14 avril 2007

Sondages : d'un autre âge ?